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CHAPITRE V

CATARRHE NASO-PHARYNGIEN

L’usage a consacré cette expression pour désigner une infection atténuée de Tarri ère-nez qui se traduit par un ensemble de signes assez caractéristique.

Causes. — L’affection s’observe généralement chez l’adulte, chez tous ceux qui irritent ou fatiguent ce segment des voies respiratoires, fumeurs et nuveurs, orateurs ou chanteurs, qui sont astreints à dé larges inspirations d’air trop froid ou trop chaud. Freudenthal prétend qu’il est très fréquent dans l’Amérique du Nord, parce que les maisons sont trop chauffées en hiver et que l’air y est trop desséché.

On rencontre ce catarrhe comme reliquat d’infections aiguës ayant visité le rhino-pharynx, la grippe en particulier, quelquefois la fièvre typhoïde. Le streptocoque est l’agent principal de ces inflammations naso- pharyngiennes (Maurice Faure). Beaucoup de ces malades ont eu dans leur enfance des adénoïdes qui ont paru trop peu développées pour exiger le curetage, mais- qui, à leur phase d’atrophie, conservent un certain degré d’infection, source du catarrhe. La possibilité de cette affection chez l’adulte est donc une indication de curetage, même si les adénoïdes ne sont que peu développées.

Les arthritigues sont enclins à cette espèce morbide.

Sympïomes. — L’ensemble des cas observés doit faix'e admettre deux formes : hypertrophique et atrophique. La première est sécrétante, l’autre est sèche.

Au début, le malade a la sensation de mucosités qui descendent de son nez dans son pharynx ou qui encombrent son cavum. Il renifle avec force ou renvoie l’air à travers ses fosses nasales par petites secousses d’expiration afin de s’en débarrasser. S’il n’y parvient pas, cette sensation peut amener des nausées et même des vomissements.

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Suivant les cas, il s’agit de mucus véritable muco-pus.

Pendant la nuit, ces sécrétions se dessèchent en croûtes verdâtres, qui reproduisent la forme de la voûte ou des parois latérales, et c’est surtout au réveil que les malades se disent gênés.

La rhinoscopie postérieure montre, au début, de petits bourrelets rougeâtres, irréguliers, entre lesquels se dépose du muco-pus. Ultérieurement la muqueuse der vient sèche, blanchâtre, parcheminée.

Puis l’altération de la muqueuse s’étend au pharynx, au larynx, aux trompes d’Eustache et même au sinus, d’où résultent des pesanteurs de tête, de l’aprosexie.

Saenger (1) a observé un cas de dyspnée subjective, explicable par l’atrophie de la muqueuse. Le malade ne sentait pas l’air entrer dans ses arrière-fosses nasales. Une particularité de l’affection consiste dans les poussées aiguës, que l’on observe surtout chez les enfants.

Aviragnet appelle l’attention sur les troubles digestifs qui peuvent survenir. Ils s’expliquent par l’action du muco-pus dégluti inconsciemment par la muqueuse gastro-intestinale.

Anatomie pathologique. — Thornwald expliquait l’affection par. une inflammation chronique de la bourse de Luschka. Quelques cas répondent à cette idée; mais ordinairement on voit des reliquats d’adénoïdes et c’est dans leurs sillons que s’accumule le muco-pus (Potiquet).

Dans ses examens microscopiques, Bosworth a constaté la disparition des follicules clos au milieu de travées conjonctives très épaissies.

Parfois aussi l’examen par microscopie postérieure ne montre pas de lésions.

Diagnostic. — Il exige que l’on voie bien le cavum, soit en cocaïnisant l’arrière-bouche, soit en relevant le voile avec un crochet, ou mieux en plaçant le releveur du voile de Mahu.

C’est ainsi qu’on peut différencier l’affection d’avec :

1° l’ozène, reconnaissable à l’odeur et à l’atrophie des cornets ;

(1) Munch. med. Woch., 1898, p. 459.

CATARRHE NASO-PHARTNGIEN

2® Les sinusites surtout sphénoïdales, qui déposent leur sécrétion sous forme de croûtes verdâtres à la voûte ou à la paroi postérieure du cavum.

3“ Les sensations de sécheresse dans l’arrière-nez, dont s’accompag-nent le diabète et le mal de Briffht.

Pronostic. — L’affection est très rebelle au traitement et a pu conduire quelques sujets à la neurasthénie.

Traitement. — La première indication est dé débarrasser le cavum des mucosités purulentes ou des croûtes qui l’encombrent. On y parvient au moyen des irrigations nasales antiseptiques chaudes, pratiquées prudemment sous une faible pression. Le D' Derecq (de Paris) préconise pour ces lavages l’emploi d’un verre ordinaire rempli de la solution et qu’on présente sous les narines ; en renversant quelque peu la tête en arrière on introduit le liquide qui va sortir ensuite par la bouche. Inversement on peut prendre une gorgée du liquide dans la bouche, serrer les lèvres, s’incliner en avant et le liquide sort par les fosses nasales.

On pourra encore employer pour les irrigations dans l’arrière-nez la canule de Vacher, qui s’introduit par la bouche derrière le voile du palais (fig. 128).

Fig. 128. — Canule de Vacher pour les irrigations rétro-nasales.

On a recours ensuite à diverses cautérisations q[ue l’on pratique au moyen d’un porte-ouate recourbé (ng. 129) avec l’une des solutions suivantes :

a) Iode métallique . 1 gramme.

lodure de potassium ..... 3 —

Eau distillée . 30 —

b) Nitrate d’argent Eau distillée

2 grammes.

MALADIES DU NEZ

c) Chlorure de zinc Eau distillée

naso-pharyngien.

. . . 1 gramme.

Cette dernière solution a l’avantage d’être caustique sans faire -de tache sur les linges.

Une saison au Mont- Dore est utile .surtout par ses salles d’inhalations. Les eaux sulfureuses des Pyrénées agissent aussi très favorablement par leur action locale.

En cas d’échec des moyens précédents, on doit recourir au curetage qui met àjourtous les recessus infectés et nettoie à fond la cavité rétro-nasale.

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