C-iSTEX. — Mal. du Larynx. 2® éd
MALADIES DU NEZ
et de prévenir les difformités. C’est donc aux frictions et surtout aux injections qu’il faut avoir recours.
Le traitement local est d’importance majeure. Les indications qu’il comporte sont :
1" Désinfecter;
2° Extirper les séquestres ;
3'^ Restaurer l’organe.
1° Désinfecter. — Il n’est pas de meilleur moyen que la douche de Weber pratiquée trois fois jjarjouren moyenne avec une solution d’acide phénique à 1 p. 100, ou de permanganate de potasse à 2 p. 1000, ou encore de salicylate de mercure à 1 p. 1000 (Vacher). L’emploi de ces injections doit être prolongé, car des croûtes adhérentes ont une grande tendance à se reformer sur les ulcérations intranasales. Au besoin, même, on enlèvera ces croûtes à l’aide de la pince coudée.
On peut faire priser au malade une poudre antiseptique, telle que le bismuth.
S’il se présente des végétations exubérantes, il y a lieu de les détruire au galvanocautère.
Un moyen simple et cependant efficace d’atténuer beaucoup l’odeur fétide qu’exhale le malade consiste à lui faire placer dans chacune des narines un petit tampon d’ouate. Les particules odorantes sont sans doute arrêtées au travers de ce filtre, car la punaisie se trouve ainsi presque dissimulée.
. 2“ Extirper les séquestres. — Il y a quelques années, à l’époque de Ricord, il était recommandé «de ne pas toucher à ces séquestres et d’en attendre l’élimination spontanée. C’était l’époque où l’on redoutait très justement les complications érysipélateuses, où, lorsqu’arrivait le pi’intemps, maint chirurgien déposait son bistouri et laissait s’ouvrir seuls les abcès de la mamelle, tant la crainte de l’érysipèle était fondée. Mais aujourd’hui la sécurité de l’antisepsie nous permet d’être plus actifs.
On peut simplement, après avoir fait une injection antiseptique, tirer avec une pince sur le séquestre mobile, non sans avoir cocaïnisé localement avec la solution à 1/10.
En d’autres circonstances, la nécessité s’impose de diviser le nez sur la ligne médiane, puis de le suturer en-
SYPHILIS TERTIAIRE
suite après avoir largement enlevé les portions d’os nécrosés. M. Pozzi a eu l’occasion de pratiquer cette opération. Après avoir divisé le nez sur la ligne médiane, il a promené un cautère rougi à blanc dans toutes les sinuosités des fosses nasales et des sinus. Les traces de l’opération sont peu apparentes si Fincision est bien médiane.
La curette de Volkmann est parfois indiquée.
En tout cas, quel que soit le mode d’intervention que l’on ait cru devoir adopter, il serait imprudent d’entreprendre une opération non réglée, car des hémorragies incoercibles pourraient en être la conséquence.
Restaurer V organe. — Enfin, le processus arrêté, il y a souvent lieu de restaurer l’organe pour rendre au malade figure humaine. Je n’entrerai pas dans l’étude des divers procédés de rhinoplastie auxquels on peut recourir. Je veux seulement toucher un point discuté. Trélat enseignait qu’avant d’entreprendre l’uranoplastie ou toute autre opération sur cette région, il était indispensable d’attendre longtemps pour que la syphilis fût éteinte. Il disait que, faute de cette précaution nécessaire, les tissus mous étaient friables, se coupaient sous le fil et se refusaient à une bonne cicatrisation. Quelque peu différente est l’opinion de MM. Fournier et Mauriac, qui estiment que les tissus d’un syphilitique sont aptes à la cicatrisation après un traitement d’une certaine durée et que le mieux est de restaurer au plus vite les déformations.
On peut encore avoir recours à l’opération de Rouge (de Lausanne), qui consiste à inciser, dans toute son étendue, le sillon gingivo-labial supérieur et à décortiquer toutes les parties molles de la face en détachant le nez pour le rabattre ensuite à sa place primitive. Cette opération toutefois n’est pas sans exposer à des hémorragies graves.
Moins dangereuse est la rhinotomie verticale d’Ollier, qui scie l’auvent nasal de haut en bas, en le laissant adhérer par les n-arines,. pour le recoudre ensuite en le relevant.
J’ai imaginé un procédé de rhinotomie transversale inférieure qui détache le nez horizontalement sous les
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narines, donne un accès suffisant dans les fosses, et permet ensuite de dissimuler la cicatrice sous l’ombre portée de l’appendice nasal.
Ce procédé a l’avantage d’être suffisant dans beaucoup de cas et de produire peu de délabrements.
Par le procédé de Létiévant, on fait au nez un support en métal.
Martin (de Lyon) a recours a un support en platine avec becs latéraux qui s’appuient sur le maxillaire.
En ce qui concerne spécialement la réfection des nez ensellés, nous avons le procédé de Kœnig, qui consiste à rabattre sur la brèche du nez un lambeau cutanéoosseux emprunté au front et recouvert ensuite de lambeaux cutanés. pris au-dessus des sourcils.
A signaler enfin un nouveau procédé de rhinoplastie exposé par Ch. Nélaton (1).