‹ Maladies du systáeme nerveuxChapitre 1 sur 73 · SMITH ELY JELLIFFE COURS DE PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

SMITH ELY JELLIFFE COURS DE PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE

DU

Sclérose primitive des faisceaux médians postérieurs. — Sclérose latérale

amyotrophique.

LEUGOMYÉLITES SYSTÉMATIQUES PRIMITIVES (Suite).

Sclérose primitive des faisceaux médians postérieurs.

Les cordons postérieurs, lorsqu'on les examine chez l'homme, à la région cervicale, se composent manifestement de deux parties distinctes : les faisceaux postérieurs proprement dits, qui forment la partie la plus volumineuse de ces cordons et qui en occupent la région externe ; les faisceaux médians postérieurs, placés en dedans de ceux-ci et bordant le sillon postérieur. Ces deux derniers faisceaux sont relativement très grêles : ils sont limités, en dehors, par le sillon postérieur intermédiaire qui sépare chacun d'eux du faisceau postérieur correspondant. Ces faisceaux sont connus depuis très longtemps ; ils ont été bien indiqués par Cruveilhier qui rappelle que leur existence avait déjà été admise par Haller, Chaussier, Gall et Rolando. Cruveilhier savait que ces cordons médians postérieurs font suite aux pyramides postérieures, et il désignait même ces pyramides sous le nom de renflements mamelonnés des cordons médians postérieurs : il pensait, contrai-

rement à l'opinion de plusieurs anatomistes, que ces cordons ne cessent pas d'exister à la partie inférieure de la région cervicale de la moelle épinière; suivant lui, ils se prolongeraient dans toute la longueur de ce centre nerveux. Ce sont ces cordons auxquels les Allemands ont donné le nom de faisceaux de Goll, dénomination que rien ne justifie, mais qui n'en a pas moins cours aujourd'hui dans la langue habituelle des anatomistes et des médecins. C'est du reste aussi sans motif bien sérieux que l'on appelle faisceaux de Burdach les faisceaux postérieurs proprement dits.

Ceci importe peu d'ailleurs à nos études actuelles : quel que soit le nom employé, tous les pathologistes s'entendent aujourd'hui pour admettre que les faisceaux grêles médians postérieurs peuvent être atteints de sclérose d'une façon primitive, les faisceaux postérieurs proprement dits restant absolument sains. .

Il est facile de comprendre cette atteinte isolée de ces faisceaux médians postérieurs. 11 s'agit, en effet, de fascicules de fibres nerveuses, tout à fait distincts des faisceaux postérieurs proprement dits par leur trajet et par leur mode de développement. M. Charcot, dans ses leçons sur les localisations des maladies du cerveau et de la moelle épinière, a très nettement résumé les caractères différentiels dont il s'agit l. Les recherches directes, faites à l'aide de coupes longitudinales, nous ont enseigné que les fibres des faisceaux médians postérieurs suivent un trajet beaucoup plus long que celles des faisceaux postérieurs proprement dits : ce sont aussi des fibres commissurales, comme je l'ai admis il y a longtemps2 pour toutes les fibres des faisceaux postérieurs, d'après les hypothèses de Todd et les études approfondies de Gratiolet; mais ce sont des éléments commissuraux dont les deux extrémités sont séparées par une bien plus grande distance que celles des fibres des faisceaux postérieurs. Elles paraissent ainsi mettre en communication fonctionnelle des régions des centres bulbomédullaires beaucoup plus éloignées les unes des autres que cela n'a lieu pour ces dernières fibres. Les faits anatomopathologiques, qui concernent l'ataxie locomotrice progressive, conduisent à la môme manière de voir". L'altération des fais-

1. Charcot. Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau et de la moelle épinière, 1878-1880, pp. 1*76 et suiv.

2. Leçons sur la physiologie générale et comparée du système nerveux.

Page 1