PRÉFACE
En publiant ces leçons, je tiens à donner quelques explications sur le choix des matières qui en ont fait Tobjet.
Chargé de faire à la Faculté de Médecine de Paris, pendant le deuxième semestre de Tannée scolaire 1887-1888, des conférences sur la pathologie du système nerveux, j'ai hésité sur le choix du programme à suivre. Le premier plan qui devait se présenter à mon esprit consistait à parcourir tout le cadre, aujourd'hui si vaste, des maladies du système nerveux. Mais, étant donné le nombre relativement très restreint des conférences que devait comprendre cet enseignement, j'en étais réduit, en adoptant ce programme, à ne présenter à mes auditeurs qu'un abrégé très succinct de la pathologie nerveuse, telle qu'elle se trouve exposée dans les manuels et les traités classiques. Pour faire un cours en apparence élémentaire et complet, il eût fallu procéder avec une concision qui eût nui à la clarté, et garder le silence sur les controverses que soulèvent aujourd'hui presque tous les chapitres de la pathologie nerveuse.
L'idée m'est venue alors de prendre comme sujet de mes conférences, une question qui englobât un grand nombre de maladies du système nerveux, tout en confinant à presque toutes les autres. La question des atrophies n^usculaires m'a
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paru papticulièrement propre à réaliser ce programme. En effet, elle touche à la fois à la pathologie des muscles, des nerfs périphériques et des centres nerveux. Son étude se confond avec celle d un grand nombre de maladies de la moelle; elle englobe des affections bulbaires, cérébrales et jusqu'à l'hystérie. Elle soulève des questions de nosologie et d'étiologie de la plus grande importance, notamment pour ce qui concerne le rôle de l'hérédité dans les maladies du système nerveux, les relations des différentes formes des maladies amyotrophiques, les rapports de filiation entre les névrites et les myélites de Taxe gris antérieur, les rapports de ces dernières avec les altérations de la zone psycho-motrice, etc., etc.
En adoptant ce second plan, j'ai donc été amené à entreprendre une étude d'ensemble des atrophies musculaires, chose qui n'avait pas été tentée jusqu'alors. Je me suis efforcé de rendre cette étude aussi abordable que possible à des commençants, en procédant du simple au composé, en exposant d abord les notions élémentaires d'anatomie et de physiologie qui concernent les muscles et leur appareil d'innervation, en étudiant d'une façon détaillée le mécanisme des atrophies circonscrites accidentelles, avant de m'occuper des maladies amyotrophiques.
Quel que soit l'accueil fait à cette tentative, j'ai la conviction d'avoir accompli une tâche consciencieuse, en réunissant et en coordonnant dans un même cadre une foule de documents épars dans les publications médicales, et en fiicilitant ainsi au lecteur l'étude des nombreuses modalités de l'atrophie musculaire. M. le D*' Ricklin, grâce à ses connaissances approfondies de la littérature étrangère, m'a beaucoup facilité l'accomplissement de cette partie de ma tâche.
Je considère comme un devoir de remercier ici M. le professeur Charcot pour les conseils qu'il a bien voulu m'a-
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dresser, et pour les malades de son service qu*il a bien voulu signaler à mon attention et dont j'ai eu à faire profit pour ces leçons. Je tiens également à remercier M. le professeur Damaschino ainsi que M. le D"" Déjerine pour l'empressement avec lequel ils ont mis à ma disposition un certain nombre de photographies relatives à des préparations de moelle et à des types d'atrophie musculaire familiale.