STRIÉS
Pour Willis, c'était le sensorium commune; pour Magendie, c'était le centre d'une action rétropulsive sur la locomotion ; pour Ghaussier, c'était le point de départ des nerfs olfactifs ; pour Saucerotte, c'était le centre des mouvements des membres postérieurs ; pour ToodetCarpenter, c'étaient les organes incitateurs du mouvement.
Vulpian discute toutes ces opinions et conclut, en 1866, que les lésions du corps strié produisent l'hémiplégie, sans qu'on puisse rien dire de plus.
Plus récemment, Nothnagel enlève le noya^ lenticulaire : alors il y a une déviation des deux jambes vers le côté de la lésion et légère courbure latérale de la colonne vertébrale à concavité du côté de la lésion. L'animal exécute tous les mouvements.
Il détruit les deux noyaux : l'animal reste sur ses pattes, mais ne réagit pas ; il reste là, stupide et somnolent, sans bouger, sans chercher à remuer. Il n'y a pas de courbure latérale de la colonne. On prend la patte de devant doucement, sans lui faire perdre l'équilibre; on peut la placer dans la position la plus bizarre, sur le cou : il n'essaye pas de la retirer. On pince la queue : alors il ramène la patte et fait un saut, puis redevient immobile. Quelquefois il
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fait plusieurs sauts de suite, jusqu^à douze; à une lumière vive, la pupille se contracte, Toeil se ferme , mais l'animal reste immobile.
Nothnagel admet, d'après cela, que les faisceaux psychomoteurs passeraient par ce noyau. Après' sa destruction, il reste tous les mouvements inconscients qui ont leur centre dans la couche optique, mais point de mouvements volontaires.
De plus, il y a un point du corps strié que Nothnagel appelle nodus cv/i^sorius. Quand on le pique, l'animal court en avant jusqu'à ce qu'il trouve un obstacle.
Quant au noyau caudé, lorsqu'on le détruit avec une aiguille, l'animal ne bouge pas d'abord ; puis il saute de la table, court de ci, de là, en évitant les obstacles. — Ce noyau serait en rapport avec ces espèces de mouvements qui s'exécutent primitivement par la volonté et continuent ensuite automatiquement, <îomme le rire, la course, etc.
Pour Garville et Duret, auxquels nous empruntons ces résultats de Nothnagel, ces derniers phénomènes sont des symptômes d'excitation difiBciles à localiser, comme on en produit dans la lésion de plusieurs régions cérébrales, et les premiers phénomènes seraient dus à l'atteinte de la capsule interne.
Par l'électrisation du corps strié (noyau caudé), Ferrier a produit un pleurosthotonos très-intense : la tète touchait à la queue, les muscles de la face et du cou étaient contractures, les membres antérieurs et postérieurs dans la flexion forcée ; la prédominance des fléchisseurs sur les extenseurs était toujours très-accusée. Tout cessait dès qu'on retirait les électrodes.
Il y a un contraste frappant entre ces phénomènes bruyants et le silence moteur qui suit l'électrisation de la couche optique.
Garville et Duret ont obtenu les mêmes résultats que Ferrier. C'est un fait (fiie l'on peut regarder comme acquis.