‹ Maladies du système nerveux; leçons faites à la Faculté de médecine de Montpellier (volume 2)Chapitre 35 sur 52 · III. HÉMORRHAGIES EXTRA-MÉNINGÉES. — GCS hémor · texte numérisé non relu

III. HÉMORRHAGIES EXTRA-MÉNINGÉES. — GCS hémor

rhagies, dites aussi sous-crâniennes ou céphalœmatomes internes, sont rares et ne reconnaissent guère pour cause que les traumatismes. Elles échappent ainsi à la pathologie médicale.

Certaines fractures du crâne avec décollement de la dure-mère sur une assez grande étendue , des contusions

violentes sans fractures , peuvent entraîner cet accident.

Au moment de la naissance, le céphalœmatome interne se développe d'une manière analogue au céphaloematome externe entre les os et le périoste. — Quelques cas ont encore été observés après la carie des os, etc.

Christian * a récemment cité un cas de ces hémorrhagies survenues primitivement, ce qui est très-rare : Un imbécile maniaque de 1 8 ans a une indigestion ; il tombe dans le coma et meurt. On trouve un caillot volumineux entre le crâne et la dure-mère ; un vaisseau de la dure-mère était rompu. Il n'y avait pas d'alcoolisme ni d'affection chronique des méninges.

IV. Hémorrhagies ventriculaires. — L'histoire de ce^ hémorrhagies est encore très-obscure ; elles compliquent du reste, en général, d'autres hémorrhagies cérébrales ou méningées.

Elles présentent seulement deux caractères particuliers : si l'hémorrhagie est assez abondante, elle tue avec une rapidité extrême; si elle est peu abondante, elle se résorbe avec beaucoup plus de facilité que partout ailleurs.

Ce sont les symptômes habituels de la plupart des hémorrhagies intra- crâniennes. Il faut remarquer seulement la fréquence, on peut dire la constance des contractures ; c'est là un très-bon signe clinique dont Racle fait même un signe pathognomonique de l'inondation ventriculaire. Cette opinion est l'exagération d'un fait très- vrai.

La terminaison est souvent foudroyante ; elle peut survenir en quelques minutes, plus rarement en quelques heures , exceptionnellement en quelques jours ; dans deux cas, après plus d'un mois. L'illustre Malpighi a été un de ces deux exemples : il eut une première attaque avec hémiplégie droite ; les accidents disparurent, mais la mémoire et le jugement restèrent altérés. Trois mois après, nouvelle attaque qui l'emporte rapidement.

» Rev. des Se. méd,, IH, 680.

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Les Hémorrhagies mixtes, décrites à part par certains auteurs, ne méritent pas une mention séparée. C^est la superposition clinique et anatomique des formes précédentes.

V. Hémorrhagies dans les méninges de la moelle. — C'est là une lésion rare décrite sous le nom d'hématorachis, et pour l'histoire de laquelle nous résumerons l'article d'Hallopeau et les Leçons de Vulpian.

Étiologie. — La pachyméningite hémorrhagique s'observe dans le rachis comme dans le crâne, et peut devenir l'origine de certaines hémorrhagies secondaires ; mais c'est là un processus assez rare.

Ces hémorrhagies sont souvent produites par des traumatismes, plaies, fractures et contusions de la région vertébrale; Gorham, Ruehle et Rabow en ont observé récemment à la suite d'efforts violents. La rupture de certains anévrysmes, notamment de l'aorte ou de la basilaire, la suppression d'un flux sanguin habituel, l'exagération de certaines congestions ( tétanos , hydrophobie , épilepsie, convulsions strychniques, chloroforme), certaines maladies infectieuses et dyscrasiques (purpura, leucémie, fièvre jaune, fièvre typhoïde), produisent encore ces hémorrhagies. Il faut aussi y ajouter les hémorrhagies intra-cràniennes, qui dans certaines conditions peuvent, des ventricules ou de l'espace sous-arachnoïdien cérébral, inonder l'espace sous-arachnoïdien de la moelle.

Expérimentalement^ pour produire l'hématorachis, on coupe un des sinus vertébraux vers l'atlas ou bien on injecte une certaine quantité de sang (25 gram, par exemple) dans la cavité sous-arachnoïdienne.

Vulpian a observé, presque aussitôt après l'injection, un peu de paraplégie, avec conservation de la sensibilité et des mouvements réflexes dans les membres postérieurs. Le lendemain, il y eut une paralysie complète des membres postérieurs avec une diminution considérable de la sensi-

bilite. Ces mêmes symptômes s'observèrent le troisième jour, et le chien fut trouvé mort le quatrième.

Magnan a encore observé Thématorachis chez des dûens auxquels il avait injecté de l'essence d'absinthe dansTestomac ou dans les veines.

Symptomaiiqvsment^ l'hématorachis peut passer inaperçu quand il se développe dans le tétanos, à la fin d'une maladie cardiaque ou dyscrasique, ou bien il peut être masqué par les signes d'une méningite ou d'autres altérations antérieures du système nerveux.

Quand l'hémorrhagie est primitive, les signes sont brusques et bruyants.

Le premier phénomène noté, très-important, est la douleur, soudaine et très-vive, au niveau de la lésion, pouvant arracher des cris au malade. Quelquefois, en même temps, il y a des fourmillements, de l'engourdissement, quelquefois de l'hyperesthésie musculaire ou cutanée dans les membres inférieurs, par excitation des racines nerveuses par l'hémorrhagie elle-même.

En même temps, dans ce début soudain, il peut y avoir perte de connaissance par choc cérébral.

La motilité est à peu près toujours atteinte; il y a de la parésie, rarement de la paralysie complète. Souvent des crampes, des contractures, quelquefois des convulsions dans les membres correspondants, complètent le tableau.

Il peut y avoir rétention d'urine.

Les symptômes particuliers varieront ensuite suivant le siège en hauteur de la lésion et d'après les règles déjà indiquées.

Quelquefois la mort est presque subite. Le plus souvent elle survient quelques heures ou quelques jours après le début, au milieu de l'asphyxie et des convulsions générales.

Certains auteurs admettent des cas à longue échéance ou même avec guérison. Hayem ne les cite qu'avec une très-grande réserve.

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