‹ Maladies du système nerveux; leçons faites à la Faculté de médecine de MontpellierChapitre 44 sur 83 · LOCALISATIONS NERVEUSES DE LA DIPHTHÉRIE · texte numérisé non relu

LOCALISATIONS NERVEUSES DE LA DIPHTHÉRIE

Les paralysies sont une conséquence assez fréquente de l'angine diphthéri tique. Le voile du palais et le pharynx sont le plus souvent frappés.

L'immobilité et l'abaissement du voile à l'examen di-

* LoraiQ et Lépine ; art. Nouv. Dictionn. méd, et chir. prat. — Magne; Th. Paris. 1878. — Déjérinej Arch. physioL, 1878, î.

couche périphérique grise et demi-transparente se continue .directement avec le tissu cérébral ; tout autour se retrouvent des signes de prolifération de lanévroglie, etc. À la périphérie de la tumeur, on peut voir du reste des granulations tuberculeuses isolées ou groupées. — Histologiquement, c'est la structure des tubercules des autres organes. — La symptomatologie est celle des tumeurs cérébrales.

Nous ne dirons rien de spécial des tubercules de la MOELLE ; ils peuvent se développer dans les vertèbres (mal de Pott), entraîner par compression la myélite diffuse transverse que nous connaissons ; iLs se forment directement dans les méninges ou dans la moelle (faits de Liou ville, par exemple).

III. Enfin, la diathèse tuberculeuse peut se manifester par des névroses : Thystérie notamment, la chorée, etc.

M. Leudet a récemment communiqué à VAssociation française un travail sur le zona et les tf oubles nerveux périphériques dans la tuberculose pulmonaire. Nous n'en connaissons encore que les conclusions suivantes : 1 . Dans la tuberculose pulmonaire, on rencontre plusieurs ordres de troubles nerveux périphériques, à détermination anatomique, soit vague, soit déterminée (névralgies, paralysies périphériques, etc.); 2. Le zona apparaît dans le cours de ces troubles; il affecte les mêmes nerfs et fait partie de ces perturbations; 3. Il peut coïncider avec des troubles de la motilité, de la sensibilité, avec atrophie des muscles animés par ces mêmes nerfs ; 4 . Il peut siéger sur le trajet du nerf ou à la périphérie ; 5. On le rencontre surtout dans la tuberculose à évolution T lente; 6. On le rencontre avec le même agrégat de symptômes dans les maladies du cœur, le rhumatisme et l'asphyxie par les vapeurs de charbon ; 7. 11 s'agit probablement là des troubles d'origine réflexe.

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Pour terminer ce qui a trait aux localisations nerveuses des diathèses , nous devrions encore passer en revue : la diathèse cancéreuse, qui peut se manifester par des lésions anatomiques spéciales dans les enveloppes ou le tissu même du système nerveux, et qui peut également produire des névroses variées ; Therpétisme , dont nous retrouverions l'influence pathogénique dans l'asthme, etc.; la scrofule, etc., etc.

Mais le temps nous presse malheureusement, et nous devons nous contenter des exemples cités pour ce qui a trait aux diathèses.

Dans la classe des intoxications , nous nous bornerons à un exemple : l'intoxication saturnine.

LOCALISATIONS NERVEUSES DE l'iNTOXICATION SATURNINE * .

Les manifestations nerveuses de l'intoxication saturnine sont très-nombreuses. Nous étudierons successivement : I. Les troubles de sensibilité : 1. douleurs (coliques, arthralgies) ; 2. anesthésies; 3. troubles sensoriels. II. Les troubles de motilité : 1. paralysies; 2. mouvements convulsifs ; 3. atrophies musculaires. III. Les diverses formes d'encéphalopathie .

I. Troubles de sensibilité. — 1. Parmi les douleurs, la colique est , on peut le dire , la manifestation classique du saturnisme.

Je ne vous décrirai pas cette douleur abdominale , qui peut devenir atroce et intolérable ; son siège est variable dans l'abdomen, avec des irradiations possibles on divers sens ; la pression la soulage. Le ventre est excavé , raide, avec les grands droits souvent tendus comme des cordes. La constipation est absolue ; il y a souvent des

' Renaut; Th. d'agrég. Paris, 1875. — Naunyn ; art. hi /Mb. Ziemssrn. — Eulenbiirg; Lehrb, d. Nervkr., tom. IL

vomissements ou tout au moins des nausées. Le pouls est habituellement ralenti (jusqu'à 30 pulsations par minute) ; Renaut a cependant cité , d'après Lorain , des faits rares accompagnés de fièvre.

L'anatomie pathologique est encore bien obscure. — Tanquerel des Planches, qui a réuni 49 autopsies de ce genre, a trouvé des altérations irrégulières et inconstantes dans l'intestin, et rien dans 20 cas. D'autres observateurs éminents (Àndral, Copland, Louis, Stokes, etc.) n'ont rien trouvé dans l'intestin. Dans un fait récemment publié, Kussmaul et Maier ont observé im catarrhe chronique de tout l'intestin, la dégénérescence graisseuse et la disparition des glandes gastriques , dans le jéjunum, l'iléon et le côlon supérieur, l'atrophie de la muqueuse. La sousmuqueuse de Testomac et de l'intestin était au contraire plus fortement développée par la prolifération de son tissu conjonctif aréolaire et l'épaississement de l'adventice dfô vaisseaux, la graisse remplissant les interstices de ce tissu et infiltrant les couches musculaires de l'intestin, surtout de l'intestin grêle. — Le grand sympathique était altéré dans un fait de Tanquerel des Planches : les ganglions de l'abdomen avaient un volume double et triple, paraissaient au dedans et au dehors jaunes grisâtres; Ségond aurait trouvé dans quelques cas de colique endémique de Cayenne certains ganglions et les cordons du sympathique hypertrophiés, et avec une coloration anormale. Dans les cas de Kussmaul et Maier , plusieurs ganglions ( notanmient le ganglion cœliaque et aussi le ganglion cervical supérieur) indurés avec leurs cloisons conjonctives proliférées et sclérosées (Eulenburg).

En présence de faits aussi peu nombreux et aussi insuffisants, les théories se sont naturellement multipliées sur l'essence de la colique saturnine. Nous dirons simplement qu'on voit là généralement aujourd'hui une névrose douloureuse du plexus de l'intestin, névrose mixte, d'aprè< Eulenburg, des plexus mésaraïques et cœliaques.

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Varthralgie est un phénomène dont Tanquerel a bien montré l'analogie avec la colique chez les saturnins, m La seule différence, disait-il, qui existe entre la colique et Tarthralgie saturnines, c'est le siège.... Si vous voulez vous représenter ce qui se passe dans les organes du ventre d'un individu affecté de coliques de plomb, observez un cas d'arthralgie. ...»

La crampe joue un rôle capital dans la production de cette douleur. Certains auteurs admettent, avec Hitzig, que c'est la conséquence de l'action directe du plomb sur le système musculaire ; c'est par l'intermédiaire du sang intoxiqué que se produirait cette action, sous l'influence de l'augmentation de pression survenue dans les artérioles.

Il est diflficile cependant d'admettre que la contraction musculaire soit l'élément pathogénique exclusif; il y a là des troubles directs de la sensibilité analogues à ceux qui caractérisent la colique.

2. Depuis les recherches de Beau, dit Renaut, l'ane^^Wsie a été signalée par tous les auteurs dans l'intoxication saturnine. Elle apparaît le plus souvent à la période des paralysies, en même temps que celles-ci, quelquefois cependant d'une manière isolée. Elle est superficielle ou profonde ; parfois, en effet, le sens de la possession des membres ou de leur continuité, parfois aussi le sens musculaire, sont plus ou moins modifiés. L'anesthésie simple au toucher et superficielle succède le plus ordinairement à la paralysie du mouvement ou apparaît avec elle ; parfois aussi elle se montre à l'occasion de la colique ou de l'a^ thralgie ; elle est toujours partielle , c'est-à-dire limibÉffrà une portion du tronc ou des membres. Elle occupe U plus souvent la peau du dos de la main, de ravant-bms du côté de l'extension, le côté externe du mollet ( Giibler), la peau du ventre ou delà poitrine, respectant l'épjgastre, que Beau nommait la place d'armes de la sensibilité; elle siège quelquefois sur le voile du palais et la luette. Tout(»s les sensibilités peuvent être abolies.

Discutant ensuite la pathogénie de ces anesthésie^. Renaut serait tenté de les rapporter à ranéoiie de la pea» Il s'appuie notamment sur ce que Gubler fait disparaîïr cette anesthésie en produisant la rubéfaction de la peau, t. A. Robin Ta vue également se modifier sous Tinfluenœ di jaborandi.

Il me paraît cependant nécessaire de faire d'expresses réserves, surtout à propos d'une forme d'anesthésie si.tumine qu'on a décrite avec soin dans ces derniers tempis. l'hémianesthésie, qui reproduit entièrement le tableau dt rhémianesthésie d'origine cérébrale, par lésion de la cajr sule interne, ou de l'hémianesthésie hystérique.

C'est Raymond qui a attiré rattentionsurcesymptômeû. en a publié deux exemples * . Renaut a ajouté une troisième observation^. La même année, Brochin a publié un fait analogue dans lequel l'autopsie ne révéla rien que de l'anémie*. Et enfin Hanot et Mathieu ont rapporté* deux nouvelles observations de cette hémianesthésie curieuse, dont l'histoire pathogénique ne sera éclairée que quand on aura un nombre suffisant d'autopsies.

3. Cette hémianesthésie, qui s'accompagne d'amblyopie, nous conduit à l'étude des troubles sensoriels. Outre les phénomènes qui accompagnent le syndrome que nous venons de décrire dans le domaine des différents sens (d'un côté), on a observé encore la surdité, notamment après l'arthralgie. Tanquerel l'a signalée et Renaut en a cité des observations.

Mais les symptômes les plus remarquables sont du côté J'JJ^a vue ; nous les résumerons d'après Renaut.

(^ sont toujours des affections du système nerveux et es milieux de Tœil ou de ses enveloppes. On observe

1 Ob\ XV et XVII delà Thèse deReaaut.

2 Ob.s\ XI de sa Thèse.

^ Gaz. des hôpit.y 1875.

* Arch, géti. il' inédrc, mars 1878,

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d'abord le strabisme, la chute des paupières, les troubles de l'accommodation. Il y a ensuite Tamblyopie et Tamaurose, qui peuvent résulter de trois mécanismes différents.

I . Sans accidents cérébraux et même sans autres accidents saturnins récents, il survient subitement une névrite toute particulière, inflammation et atrophie idiopathique du nerf optique. 2. Après des accidents encéphalopathiques, la vue diminue d'une manière efifrayante; à l'ophthalmoscope on trouve une papille étranglée typique, c'est-à-dire trèstuméflée; veines dilatées, opacité s'étendant à peine audelà de la papille dans la rétine; les purgatifs et les émissions sanguines peuvent presque entièrement rétablir la vue après quelques semaines ; l'urine ne contient pas d'albumine. 3. L'albuminurie, qui est une des manifestations de l'intoxication saturnine, peut entraîner une rétinite albuminurique. Enfin, les saturnins présentent quelquefois cette amaurose urémique, qui est totale mais de courte durée, et ne s'accompagne d'aucun signe ophthalmoscopique notable.

II. Troubles de motilité. — 1. Les pai^alysies sont un des signes les plus classiques de l'intoxication saturnine.

Déjà décrites par Van Swieten et depuis lors par beaucoup d'auteurs, ces paralysies ont été soigneusement analysées par Duchenne. Circonscrites ou généralisées, elles affectent une prédilection singulière pour les extenseurs des membres : leur siège classique est la partie postérieure des avant-bras, de sorte que la main pendante et en pronation peut être considérée comme Tattitude saturnine. Une particularité remarquable qui distingue cette paralysie de la paralysie ordinaire du radial, c'est l'intégrité du long supinateur, que Duchenne a bien mise en lumière. Les autres muscles du bras, de l'épaule, des membres inférieurs, même les muscles de la respiration, de la voix, etc., peuvent participer à l'aifection. Le plus souvent symétrique, la paralysie saturnine présente cependant la forme hémiplégique, ainsi que le démontrent les observations de

LEÇON VII. — Migraine (fin). — Hémiatrophie Ikciale

progressiTe.

MiGBAiNB. — Physiologie pathologique. Diverses théories vaso-motrices. Réfutation de ces théories. — Marche, Durée, Terminaisons. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement.

HèMiATROpHiE FACIALE PROGREssu-s. — Synonymie. — Historique. — Étiologie. — Symptômes : Peau, tissu cellulaire sous-cutané ; sécrétions cutanées ; muscles 1 OG

LEÇON VIII. — Bémiatrophie Ikciale progressive (fin).— Rapports de i^hémiatrophie faciale et de la sdérodermie.

Hémiatrophie faciale progressi\'B. — Symptômes (suite) : Os, cartilages* etc.; faciès ; état de la sensibilité: troubles moteurs; état des vaisseaux. — Marche, Durée, Terminaison. — Anatomie et Physiologie pathologiques ; théorie conjonctive; théorie nerveuse (action vaso-motrice, action trophique) : rdle du trijumeau. — Diagnostic.

— Pronostic. — Traitement.

Rapports de l'bbmiatrophib faciale et de la sclbrodbrmie.

— Historique de la sdérodermie ; sa caractéristique clinique. Ses rapports avec la trophonévrose faciale \Z<)

LEÇON IX. — Rapports de l^hémiatrophie fiMsiale et de la sdérodermie (fin). — Anesthésie da trijomeaa. ~ Névral^e cerrico-occipitale.

Rapports de l'hémiatrophie faciale kt de la sclérodermie.

— Observation personnelle. Conclusion. Rapports de la sclérodermie et de la lèpre.

AiŒSTuÊsiE DU trijumeau. — Étiologic, — Symptômes. —

Diagnostic. — Pronostic. — Traitement.

Névralgie cervico-occipitale. — Définition. — Historique.

— Anatomie 13'»

LEÇON X. — Névralgie cervico-occipitale (fin) ; diaphragmatiqae; cervico - brachiale ; dorso -intercostale.

Névralgie cervico-occipitale. — Étiologie. — Symptomatologie. — Diagnostic et Pronostic. — Traitement.

Névralgie diaphragmatiqub ou phréxiqce. — Historique. Description de M. Falot. — Description générale : Anatomie ; causes ; symptômes ; diagnostic et traitement.

NÊvRMGiE iTERvico-BRACiiiALE. — Anatomic. — Étiologie.

— Symptfwies. — Diagnostic et Traitement. Névralgie ivv>R^o-l^TBR^:osT^LE. — Anatomie. — Étiologie.

— Symptômes : Douleur-, zona. etc. — Diagnostic et Traitement ^ . 149

LEÇON XI. — Névralgie mammaire. Angine de poitrine.

NÉVRALGIE HAMMAiRB. — Étioloçie. — Symptômes. — Diagnostic.

Angine de poitrine. — Définition. — Historique, — Étiologie. — États morbides fondamentaux ; causes occasionnelles et prédisposantes ; causes de l'accès. — Symptomatologie. Description de l'accès; mode de succession ; terminaison. — Anatomie pathologique : Cas de Lancereaux et de Peter. — Physiologie pathologique : Théories anglaise , italienne . allemande et française. Théorie du pneumogastrique seul 166

LEÇON XTL — Angine de poitrine (un). — Goitre exoph-

thalmique.

Angine de poitrine. — Physiologie pathologique (suite) : Théorie du pneumogastrique. Théorie et variétés d'Eulenburg. Conclusion. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement.

Goitre exophthalmique. — Historique. — Étiologie, Rapports avec les autres névroses ; avec les maladie^ générales. Conditions prédisposantes. — Symptomatologie : Symptômes essentiels : 1 . Palpitations ; état du cœur et des vaisseaux. 2. Goitre. 3. Exophthalmie 181

LEÇON XIU. — Goitre exophthalmique.

Goitre exophthalmiqle. — Symptomatologie (suite) : Caractères de l'exophthalmie ; état des yeux. Phénomènes accessoires. — Marche. Durée. Terminaisons. Cas aigus et cas frustes. — Anatomie pathologique. — Physiologie pathologique. Théorie des principaux phénomènes ; théories de la maladie 197

LEÇON XIV. — Goitre exophthalmiqne (fin) .—Névralgies

lombaires et sacrées.

Goitre exophthalmiqub. — Diagnostic et Pronostic. — Traitement,

NÉVRALGIES LOMBAIRES. — Anatomic. — Étiologie. — Symptomatologie : Névralgie lombo-abdominale, fémorocutanée, crurale, obturatrice. — Diagnostic. — Traitement.

NÉVRALGIE SCIAI iQL'E. — Afuitomie. — Étiologie. — Symptômes : Douleur et points douloureux ; état de la sensibilité ; troubles moteurs, vaso-moleurs et trophiques (atrophie musculaire, etc.). — Diagnostic. — Traitement. 212

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