On a enfin quelquefois des phénomènes convulsifs
dans rintoxication saturnine.
Il y a d'abord, dans cette catégorie, des contractures. Nous les avons vues jouer un grand rôle dans la colique . les arthralgies.
Nous trouvons ensuite le tremblement, déjà signalé par les anciens auteurs , qui ressemble du reste à la plupart des tremblements toxiques. Cependant il augmente manifestement par la fatigue et apparaît principalement et avec plus d'intensité à la fin de la journée, ce qui le distingue du tremblement alcoolique.
Enfin Raymond a décrit, dans les cas avec anesthésie, des phénomènes moteurs qu'il appelle ataxie et qui ressenibleni peut-être un peu à Thémichorée. En tout cas, ils sont curables au début, mais peuvent aussi s'invétérer et correspondre alors à une lésion destructive des centres nerveux.
III. Nous n'avons plus, pour terminer ce chapitre , qu'à dire quelques mots des diverses formes cliniques de Ten-
CÉPHALOPATHIE SATURNINE ' .
Grisolle , Tanquerel et les classiqnes distinguent quatre types : une forme délirante, une comateuse, une convulsive et une mixte.
Quelle que soit la forme qu'elle afifectera, l'encéphalopathie présente habituellement des prodromes : urine albumineuse, avec un sédiment rouge; céphalalgie générale ou partielle et apparition d'une insomnie complète (phénomène pronostique gravée : troubles sensoriels passagers. tels que diplopie, strabisme, modifications pupillaires; le moral s'affaiblit. Les malades deviennent craintifs, moroses, indifférents à tout ou agités sans motifs.
> Voy. Reuaut. loc. cit., pag. 57.
DIPHTHÉRIE. 733
La forme délirante est la plus fréquente. Le délire est irrégulier, léger ou profond, partiel ou général , continu ou rémittent , tranquille ou furieux; il varie d'xm moment à l'autre chez le même sujet.
La forme convulsive (épilepsie saturnine) ne diffère guère de Tépilepsie ordinaire. — La forme comateuse n'a pas besoin de description spéciale , et Tencéphalopathie mixte est enfin la réunion des formes précédentes mêlées de différentes manières. — Je n'insiste pas sur toutes ces descriptions, qui sont classiques.
Tout le monde admet que le plomb s'accumule dans le cerveau, ce qui peut être la cause des accidents dont nous venons de parler. Gependantcet organe ne présente aucune modification histologique appréciable. On n'a constaté que l'anémie de la substance grise corticale. — La physiologie pathologique de Tencéphalopatliie saturnine est donc nécessairement obscure , et nous ne discuterons pas les hypothèses qui la rapportent, soit à l'anémie cérébrale, soit à l'urémie, etc.
Nous bornerons là ce qui a trait à l'empoisonnement par le plomb et même ce qui a trait aux intoxications en général. L'histoire de l'arsenic, du mercure, des poisons végétaux, etc., l'alcoolisme, seraient évidemment pleins d'intérêt au point de vue qui nous occupe. Mais nous ne pouvons que les indiquer, voulant encore dire un mot des localisations nerveuses de la diphthérie.