‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 120 sur 163 · ÉVOLUTION ET PATHOGÉNIE DE L'OSTÉOMYÉLITE GOMMEUSE · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION ET PATHOGÉNIE DE L'OSTÉOMYÉLITE GOMMEUSE

La division des lésions gommeuses en ostéopériostite et ostéomyélite nous paraît discutable et insuffisamment prouvée pour les os longs. Aussi, nous semble-t-il indiqué de faire quelques réserves sur ce point. Jusqu'à présent, aucun fait anatomique ne démontre l'existence d'une altération gommeuse sous-périostique, superficielle de l'os, la moelle restant indemne. Lorsqu'il existe une tuméfaction diaphysaire, on a l'habitude de donner à la lésion la dénomination

de périostite ou encore de périostose, et cependant, à notre avis, il existerait toujours, en pareil cas, une cause centrale d'irritation intra-médullaire, ayant déterminé secondairement la tuméfaction osseuse.

Dans l'article Syphilis de V Encyclopédie internationale se trouve une planche représentant un avant-bras déformé par la tuméfaction de son squelette ; au-dessous, se trouve l'indication de périostite, nodule osseux de l'avant-bras dans la syphilis héréditaire. 11 est

diffuse, ossifications irrégulières do fuse, hypérostose du tibia et du péroné, la moelle. ossification du ligament interosseux.

infiniment probable qu'il s'agit là d'une gomme ayant amené la déformation ampullaire d'un des deux os de l'avant-bras.

Pellizari et Volkmann rapportent chacun deux faits à peu près identiques : dans les deux cas, le processus était né manifestement dans la moelle et s'étendait progressivement à la périphérie.

Les pièces que nous avons eues à notre disposition démontrent qu'il y a constamment une lésion centrale lorsque l'os est augmenté de volume. Par suite, il est logique de supposer que l'altération, primitivement cantonnée dans le canal médullaire, s'étend ensuite aux parties avoisinantes, très probablement par l'intermé-

diaire des canaux de Havers, espaces médullaires minuscules, qui mettent si largement en communication la moelle sous-périostique et la moelle centrale. On doit encore considérer la fréquence des lésions centrales, médullaires, leur existence souvent isolée (ostéomyélite gommeuse circonscrite), comme une preuve de la localisation primitive de la maladie au centre de l'os.

Lorsque le processus évolue vers la guérison, soit spontanément, soit surtout, comme le démontre l'observation clinique, sous l'influence d'un traitement spécifique, il est vraisemblable de penser que les perforations, les tunnels, les trous diminuent de nombre et de calibre, en même temps que se produit un travail de sclérose osseuse et fibreuse. C'est ainsi que se produisent ces hyperostoses étendues avec éburnation dont on reconnaît seulement la nature à l'autopsie, en tenant compte de la persistance de quelques tunnels intra-osseux, d'ostéophytes périphériques plus ou moins marquées et surtout de l'absence de séquestres.

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