‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 151 sur 163 · LÉSIONS DES PARTIES AVOISINANTES · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES PARTIES AVOISINANTES

Les détails déjà indiqués montrent la tendance fâcheusement envahissante de l'actinomycose. Les tissus avoisinants l'os sont frappés comme ce dernier, et ne paraissent guère se défendre davantage. Les articulations vertébrales, temporo-maxillaires, sont envahies et détruites; les muscles sont le siège de foyers mycotiques ; le tissu cellulaire devient le point de départ et le siège de collections qui rappellent les abcès ossifluents tuberculeux. Les vaisseaux euxmêmes sont touchés : la thrombose des jugulaires est signalée par plusieurs auteurs. Quant aux viscères, fréquemment le siège de lésions primitives, antérieures à celles du squelette, ils n'échappent point à la loi commune.

Dans un fait de Samter(obs. XIII) où le tableau clinique avait été celui d'un phlegmon périnéphrétique, les reins avaient été envahis consécutivement à un foyer vertébral. Middeldorpf (1) aurait observé la communication de l'intestin avec la vessie.

A vrai dire les lésions avoisinantes principales ont toujours précédé celles de ïos lui-même : cela ressort avec la dernière évidence des nombreuses observations que nous avons compulsées.

Avant de parvenir à l'os le parasite s'est frayé un chemin au détriment des divers organes interposés entre son point de pénétration (voies digestives, aériennes) et la surface d'un point quelconque du squelette. De là l'existence à peu près constante d'altérations pulmonaires, pleurales, œsophagiennes... dont nous n'avons pas à décrire ici les caractères. Sur un sujet de Ponfick, le foyer prévertébral était en partie rétro-pleural (à la hauteur des huitième et dixième côtes), et en partie rétro-péritonéal (deux dernières côtes, rein gauche). Le diaphragme est perforé, épanchements pleuraux, noyaux pulmonaires...

Dans un cas de Weigert (2) on notait une pleurésie gauche suppurée, récente, enkystée entre la troisième et la septième côte, liée à l'hépatisation du lobe inférieur du poumon avec points de ramollissement et foyers cavitaires ; deux autres foyers dans le foie. « Il y avait pour ainsi dire continuité du processus du poumon au foie à travers le diaphragme altéré. » Il existait une péricardite fibrinopurulente avec exsudât abondant, une carie des troisième et cinquième côtes, du même côté.

(1) Centralblatt f. Chirwg., 1883.

(2) Weigert, Virchow's Archiv, 1881, p. 275.

Page 1