LÉSIONS PROFONDES
Nous ne pouvons mieux faire que de citer comme types de lésions profondes celles qui se trouvent consignées dans le mémoire de Bostrœm (p. 45) :
Depuis la première jusqu'à la huitième dorsale, les vertèbres sont en grande partie dépouillées de leur périoste ; seules quelques adhé-
(1) Lùhr, Guttingen. Dissert., 1889.
(2) De Norden, Beitr. z. /clin. Chir., Tubing., V. 2.
rences avec le tissu cellulaire médiastinal existent çà et là au niveau des disques intervertébraux. Les vertèbres sont profondément cariées, ramollies, faciles à couper au couteau et présentent des cavités nombreuses, de dimensions variables, dont on peut retirer au moyen des pinces, des bouchons de tissu de « granulation ». En pressant sur
la colonne on en fait sourdre du pus comme d'une éponge. La huitième dorsale est surtout altérée, la moindre pression fait sourdre des grumeaux arrondis, et certaines portions osseuses paraissent mobiles. Dans toute l'étendue des lésions rachidiennes , les extrémités costales correspondantes présentent les mêmes lésions sur une longueur de quatre ou cinq centimètres. La pression fait sourdre à leur surface les mêmes fongosités et de petits grains.
Les ligaments intervertébraux et costovertébraux sont troués et détruits, les articulations pleines de pus, les surfaces articulaires cariées, et les côtes par cela même très mobiles.
Les orifices dont sont criblées les vertèbres conduisent dans de petites cavités dont certaines sont assez volumineuses.
La huitième dorsale surtout est lésée ; non seulement la partie centrale est complètement détruite, mais les parties corticales antérieures et latérales ont disparu. L'apophyse transverse gauche est complètement mobile au milieu du pus et des fongosités.
De pareils désordres ne sont point absolument rares ; dans le fait de Langenbeck la carie mycotique s'étendait des dernières vertèbres dorsales jusqu'au promontoire. Une cavité delà première lombaire contenait un séquestre et de nombreux champignons. Ponfick a vu le rachis lésé depuis la deuxième lombaire jusqu'à la première sacrée ; dans un autre cas un foyer purulent prévertébral s'étendait de l'atlas à la quatrième dorsale. L'apophyse basilaire, la grande aile du sphénoïde étaient rongées par des foyers d'actinomycose et par place dans toute leur épaisseur.
— Vertèbres altérées par une carie actinomycotique avec raréfaction du tissu osseux sans trace d'ostéosclérose ou de bourgeonnements osseux (Bostrœm).
ÂCTINOMYCOSE DES OS.