INFLUENCE DE DIVERSES MUTILATIONS SUR L' ACCROISSEMENT DES OS
a. Ablation du cartilage diarthrodial. — Contrairement aux idées théoriques généralement reçues, l'ablation du cartilage diarthrodial et d'une mince couche de tissu osseux épiphysaire arrête l'accroissement ; non seulement l'os est plus court de laportion enlevée, mais encore il ne s'accroît pas comme celui du côté opposé.
b. L'ablation de la totalité de Vépiphyse amène un trouble encore plus prononcé.
c. Nous avons dit ailleurs les résultats de Vablation du cartilage de conjugaison et aussi de la portion juxta-épiphysaire de la diaphyse.
Quant à l'ablation d'une partie centrale de la diaphyse, elle n'a pas de conséquence bien importante si elle n'est pas considérable ; mais dans le cas contraire, elle est suivie d'un arrêt d'accroissement. Si l'on enlève la moitiéd'un os, épiphyse comprise, l'autre moitié, loin d'être excitée et de compenser la perte dans une certaine mesure, est plutôt frappée d'inertie.
Comme il était facile de le prévoir, l'ablation d'une portion osseuse, dans un même segment de membre à os parallèles, amène un arrêt de développement et des déformations diverses.
OUier a le premier observé et étudié ce fait que les os voisins d'os réséqués sont plus longs et plus minces. Par exemple après une résection portant sur les os de l'avant-bras, l'humérus est plus long, plus droit, moins tordu, plus grêle et plus mince, mais n'offre pas, somme toute, une masse plus considérable que l'humérus du côté sain. Il n'a pas plus de poids, au contraire, toujours moins, surtout si
(1) Les travaux de Jefremowski, de Stehr, constituent des documents intéressants à consulter. Outre les faits nouveaux publiés on y trouve l'analyse de ceux de Hoffa, Delens,Nicoladoni,Dittmayer,Haslam,IIutchinson, Horrock... Stehr, Archive f. klin. Chir., 1880, p. 595. - Jefreinowski, Centralblat l f. atlg. Pal/i., 1890, p. 458.
la résection est ancienne ; le temps ne fait qu'accentuer cet état, si le membre ne reprend pas ses fonctions. Il y a donc allongement et atrophie, d'où la dénomination que lui a donnée Ollier d'allongement alrophique. La cause de celui-ci parait due à l'immobilisation, grâce à laquelle il n'y a plus la pression que les os contigus exercent les uns sur les autres dans les différents mouvements. En sectionnant le sciatique sur de très jeunes chats et en sacriflant les animaux de trois en trois jours, Ollier a reconnu que le tibia du côté opéré devenait au bout de cinq ou six jours plus long que le tibia sain ; mais cet allongement n'est que temporaire, bientôt l'ensemble du membre s'atrophie, le tibia comme les autres tissus.
Chez les enfants atteints de paralysie spinale d'un côté, les os du côté paralysé sont pendant quelque temps plus longs, puis finalement plus courts.
L'os a tous les caractères d'un os atrophié, sa minceur indique que l'accroissement en épaisseur est arrêté. Enfin le reste d'un membre amputé sur un jeune sujet, subit dans son ensemble un arrêt de développement.