INFLUENCE DE LIRRITATION ET DE L'ABLATION DES DIVERSES PARTIES
DÏ'N os sur son accroissement.
Les notions précédemment acquises sur le rôle du périoste et des cartilages nous dispensent d'insister longuement sur l'influence que peuvent avoir l'irritation et l'ablation de ces parties.
Et d'abord en ce qui concerne l'accroissement en épaisseur, ne savons-nous pas que les irritations périostiques surtout indirectes, déterminent le dépôt des nouvelles couches osseuses, l'hyperostose ? Quant à l'accroissement en longueur, on connaît les effets produits par l'ablation, l'irritation du périoste, de la moelle, et surtout des cartilages.
L'implantation de clous dans la diaphyse des os, le séjour de corps étrangers, de séquestres dans leur intérieur peut les faire augmenter en largeur et en épaisseur.
D'autre part lorsque l'hypertrophie porte sur un segment à deux os, deux cas peuvent se produire : ou bien l'os parallèle suit dans son allongement l'os directement irrité, ou bien il reste stationnaire et alors il peut survenir des modifications dans les rapports des deux os. Si par exemple une ostéite reste limitée au tibia, cet os s'hypertrophie seul et le péroné, comme Parise paraît l'avoir signalé le premier, se luxe sur le tibia. Cet auteur avait vu cette luxation à l'extrémité supérieure, Ollier l'aurait observée à l'extrémité inférieure. Ces luxations spontanées par allongement peuvent être également produites par un arrêt de développement de l'un des deux os. On se rappellera à quelles variétés de déformation donnent lieu les lésions des cartilages.
Les fractures peuvent exagérer l'accroissement des os comme toutes les autres lésions qui produisent l'ostéite. Baizeau et Herpin ont constaté que cette augmentation (chez les enfants) peut aller jusqu'à compenser le raccourcissement produit par le chevauchement. 11 ne
fautpas cependant que ce dernier soit considérable, car l'irritation du cartilage n'a lieu que pendant un temps très court. Un raccourcissement de 1 centimètre chez un enfant de six ans (fémur ou tibia) pourra être effacé par cet allongement compensateur, mais pas davantage.
Les décollements épiphysaires ou juxta-épiphysaires comme l'avaient observé Faucher et Goyrand n'entraînent qu'un arrêt de développement négligeable s'ils sont réduits, mais considérable dans le cas contraire (1).
Quant aux lésions articulaires (arthrite, ankylose), leur influence est variable et tient à l'altération plus ou moins marquée des cartilages de conjugaison, à l'immobilisation.