‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 27 sur 163 · DES MODIFICATIONS SUBIES A DISTANCE. H · texte numérisé non relu

DES MODIFICATIONS SUBIES A DISTANCE. H

plus petits, gras et ramollis, et se laissent couper très facilement. Les os ainsi atrophiés sont toujours moins lourds.

Nous devons insister maintenant sur Y allongement atrophique signalé par Ollier, et dont nous avons déjà parlé.

Il est peu de coxalgies survenues dans l'enfance où, à un moment donné, le squelette de la jambe ne présente une longueur plus grande que du côté sain. Cet allongement n'atteint pas ordinairement plus de 0m,010 à 0m,020, et compense dans de certaines limites l'atrophie qui provient du reste du membre. Tout en étant plus long, l'os, au premier coup d'œil, paraît atrophié. Ses dimensions transversales sont moindres, ses épiphyses moins saillantes, ses extrémités moins volumineuses et sa diaphyse moins large. Si, normalement, il présente une torsion, on constate qu'il semble détordu; il est plus rectiligne, son poids a diminué.

« Si l'allongement atrophique atteint un os plat, comme l'omoplate par exemple, on constatera les mêmes phénomènes; l'os sera plus long, moins large, plus plat; ses fosses seront moins profondes; la cavité glénoïde sera moins haute. Il en sera de même si c'est l'os iliaque qui est frappé. Car, chose curieuse, cette forme de l'atrophie semble être réservée uniquement aux os qui se développent par des cartilages. Aussi ne la rencontre-t-on pas sur les os courts dont l'accroissement est surtout périostique et où (lorsqu'ils existent) les cartilages conjugaux ne jouent qu'un rôle secondaire. »

L'allongement n'est pas, ordinairement du moins, permanent, et au bout d'un certain temps, que le malade marche ou qu'il soit traité par les moyens ordinaires (immobilité dans un bandage ou une gouttière), il disparait pour faire place à un raccourcissement.

Ce n'est pas seulement dans la coxalgie qu'on l'observe, c'est un fait général, et Mondan en relate un bel exemple pour l'humérus dans un cas d'ostéo-arthrite du poignet.

Chose remarquable, cet allongement atrophique paraît être le propre des os longs; les mensurations du pied n'ont jamais donné que des raccourcissements variant entre k millimètres, 5 millimètres et 24 millimètres, si bien que l'on peut, sur un coxalgique, constater ce résultat en apparence paradoxal, un tibia plus long et un pied plus court.

Quant à la cause même de cet allongement, il faut la chercher dans le défaut de pression articulaire résultant de l'immobilité ; au début, la prolifération du cartilage s'effectue plus facilement en quelque sorte, pour s'arrêter ensuite, privée qu'elle est de son stimulus nécessaire : les mouvements, la mobilité de la jointure.

Parlant de l'allongement du fémur dans les affections du tibia, Gangolphe. — Maladies des os. 8

Carivenc (1) pense que « l'os sain reçoit, par compensation, une partie des matériaux destinés au tibia malade ».

Quant à Otto Haab (2), dont un important mémoire confirme les recherches d'Ollier, il émet une théorie quelque peu nébuleuse! Une sympathie existerait entre les os du membre inférieur, fémur et tibia, sympathie qui produirait l'allongement ou le raccourcissement du premier, quand le second est pathologiquement allongé ou raccourci.

Un certain nombre de faits indiqués par Ollier, Haab, Haagos diffèrent complètement des précédents, et relèvent non plus de l'allongement atrophique, mais de l'allongement hypertrophique. Ce dernier est réel, durable et tient à une suractivité évidente de l'ostéogenèse d'un os sain, voisin d'un os malade.

L'état de congestion habituelle du membre malade, l'existence de foyers juxta-épiphysaires, latents en clinique, peuvent expliquer, pensons-nous, cet allongement hypertrophique observé dans les ostéomyélites dites infectieuses.

Mondan insiste avec raison sur la coexistence constante de l'atrophie osseuse et de l'atrophie musculaire ; la première ne marche jamais sans la seconde; les relations physiologiques étroites qui relient ces deux systèmes expliquent pourquoi, si l'os est soumis à une influence morbide, le muscle ressentira le contre-coup de ce trouble.

Quant à l'opinion de M. Pozzi, que les muscles sont frappés proportionnellement à leur importance physiologique, elle demanderait à être prouvée; admissible pour le triceps crural, elle cesse de l'être pour le triceps brachial.

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