‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 5 sur 163 · ARCHITECTURE DES OS · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE DES OS

Meyer (1), Julius Wolff (2), Merkel, Charpy (3), Rasumowsky (1889), qu'il faut se reporter si Ton veut connaître le détail de ces données. Elles sont du reste analysées à propos de chaque os dans les ouvrages classiques récents. Nous emprunterons au livre de M. le professeur Testut (4) les notions suivantes :

1° Dans les os longs, le tissu compact forme une gaine presque totale à l'os, plus épaisse à la partie moyenne. Au niveau de la diaphyse aucune lamelle ne se dé lâche de cette gaine, aussi le centre est-il occupé par la cavité médullaire. L'existence de celle-ci en diminuant le poids des os en augmente la résistance. Mais tandis que la surface extérieure de l'os va en s'évasant de la diaphyse vers les épiphyses, la cavité du canal médullaire va en s'atténuant dans la même direction ; la cause en est aux lames qui se détachent de la portion compacte pour former le tissu spongieux des épiphyses.

En se réunissant ceslames circonscrivent des aréoles qui présentent les mêmes avantages que la cavité médullaire de la diaphyse. Les lames deviennent plus denses et se placent en arcs-boutants au niveau des surfaces articulaires pour en augmenter la résistance. Cette disposition sert à décomposer en une quantité considérable décomposantes les forces appliquées contre les surfaces articulaires.

On sait que le mathématicien Culmann (5) aprouvé, pour l'extrémité proximale du fémur, que les travées osseuses sont orientées selon les lignes dites de traction et de pression, c'est-à-dire de telle façon qu'elles sont capables de résister aux tractions et aux pressions les plus considérables. Elles s'identifient en un mot avec les trajectoires de tension, et ainsi se trouve réalisée une charpente qui avec le minimum de matériaux présente le maximum de solidité. L'hypothèse formulée par Meyer, de Zurich, que la disposition des lamelles est commandée par les lois de la mécanique, se trouve ainsi vérifiée. Nous verrons plus loin que Wolff (6), reprenant pour son compte l'opinion déjà formulée par Roux, que c'est la fonction qui détermine la forme, a produit un ensemble de faits considérable et très

(1) Meyer, Archiv. Rtichert v.nd Bu Bois-Reijmond, 1867.

(2) J. Wolff, Virchow''s Archiv, 1870.

(3) Charpy, Bull. S. ant/ir. de Lyon, 1884; Éludes d'anatomie appliquée, 1892. Nous nous associons à ce dernier pour protester contre l'oubli dans lequel a été laissé le travail de Rodet. Dès 1844, Rodet avait donné une description exacte et complète de la structure du col du fémur. Comment se fait-il que cette thèse restée classique n'ait jamais été citée par les nombreux auteurs allemands qui ont découvert, depuis, ce qu'ils ont appelé l'architecture des os? Il n'est pas jusqu'à l'éperon fémoral que Werkel a cru donner comme une nouveauté (Ceniralblatt, 1873) qui ne soit parfaitement décrit dans l'auteur lyonnais, sous le nom de lame osseuse sous-trochnntérienne.

(4) Testut, Loc. cit.

(5) Poirier, Traité d'anatomie humaine, t. I, 1892.

(fi) Julius Wolff, Dos Gese/z der Transformation der Knochen, Berlin, 1892,

intéressants. Dans une récente publication cet auteur s'attache à montrer que des causes pathologiques ou accidentelles, en changeant le rôle des pièces du squelette, amenaient une modification profonde aussi bien dans leur forme extérieure que dans leur architecture intime.

2° Les os plats sont formés de deux lames compactes limitant un tissu spongieux intermédiaire (diploé) disposé quelquefois sous forme de canaux veineux.

3° Quant aux os courts, on trouve à leur périphérie une mince lame de tissu compact ; les lames qui limitent les aréoles spongieuses offrent une disposition en rapport avec le rôle mécanique

Fig. 1 et 2 (d'après Tes tut et Gharpy).

de l'os. Pour en donner une idée nous nous contenterons de reproduire les figures suivantes (figures 1 et 2).

OSTÉOMÉTIUE. — ANTHROPOMÉTRIE.

La forme et les proportions du squelette, ses dimensions, changent avec lage, le sexe, la race... C'est ainsi que la proportion de la tête au reste du tronc est d'autant plus grande que le sujet au-dessous de l'âge adulte est plus jeune. La face est d'autant plus petite relativement au crâne que le sujet est plus jeune ; il en est de même du bassin relativement aux thorax.

Tenon, Lelut, Quételet (1835), Lacassagne ont étudié les variations de la taille avec l'âge, la race, l'individualité, les milieux sociaux... On sait que les anciens connaissaient admirablement, au point de vue artistique, les lois qui régissent les proportions du corps.

Mais ces données dont l'importance anthropologique est considérable doivent comme celles de Humphrey, Huxley, Topinard...

OSTÉOMÉTRIE. — ANTHROPOMÉTRIE. 5

être laissées de côté, dans une étude comme la nôtre. Nous renvoyons le lecteur aux traités spéciaux, nous bornant à rappeler ici les résultats consignés dans la thèse remarquable de notre collègue et ami Etienne Rollet.

Mensuration des os. — Inégalité de longueur des membres. — Il existe une disymétrie normale des os longs des membres (Etienne Rollet) (1). L'humérus est 93 p. 100 plus long à droite. Les membres supérieurs ont toujours entre eux une inégalité de longueur. La différence de 8 millimètres en moyenne, atteint parfois 14 et 22 millimètres en faveur du côté droit. L'inégalité du fémur est de 3 millimètres en moyenne, tantôt à droite, tantôt à gauche ; elle peut atteindre 7 à 10 millimètres. L'inégalité est moins fréquente pour le tibia et surtout pour le péroné qui est l'os le plus symétrique.

La longueur des os et la taille. — Voici un tableau indiquant les moyennes de la taille et de la longueur des os :

Sexe. Taille. Fémur. Tibia. Péroné. Humérus. Radius. Cubitus.

Homme lm,G6 453mra 366mm 3G2mm 328mm 242mm 259m°»

Femme lm,54 415 334 330 293 215 231

Ces rapports permettent souvent, ce qui est d'une grande importance en médecine légale, de déterminer la taille d'un individu d'après la longueur d'un ou plusieurs os longs. Rollet a indiqué le procédé suivant :

Il suffit pour avoir la taille d'un homme de multiplier la longueur du fémur par 3.66, celle de l'humérus par 3.06 et de prendre la moyenne, exemple :

G. .., parricide décapité, taille lm,65.

Fémur . 443mm X 3.GG = 1 .621 ) lm „,„

tj - o.),mm w c \p i c-n moyenne : lm,G48. Humeras 331mm X 5,06= 1.675 ) J '

On utilisera des coefficients différents pour d'autres os et s'il agit d'une femme (2).

Charpy dans ses recherches, est arrivé à conclure que la croissance longitudinale de la femme représente les 92 p. 100 de celle de l'homme, en calculant d'après les membres inférieurs qui expriment bien l'activité des cartilages épiphysaires.

La croissance transversale mesurée par l'épaisseur de ses os, et indiquant à son tour l'activité périostique, descend à 75 p. 100.

Le volume total du squelette est de 66 p. 100 : quand au poids de ses os, il est d'autant plus différent de celui de l'homme, que la comparaison porte sur des parties plus influencées par l'exercice mus-

(1, Comptes rendus Acad. des sciences et Thèse de Lyon, 1888. (2) Revue scientifique, août 1892.

culaire. Il est de 85 p. 100 au crâne, et seulement de 78 au maxillaire inférieur (Marselli) et à la clavicule (Charpy).

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