‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 6 sur 163 · PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES OS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES OS

On sait que la poudre d'os a une densité de 1,79 à 1,99 (Wertheim), mais comme l'a fait remarquer Charpy, il est plus intéressant de connaître la densité d'un os complet frais : les côtes étant choisies comme terme de comparaison, cet auteur estime leur densité moyenne à 1,35. Celle-ci irait toujours en diminuant de la naissance à la mort. On peut en juger par les chiffres suivants; nouveau-né 1,55, adulte 1,35, vieillesse avancée 1,10. De la naissance à l'âge adulte le squelette féminin est plus dense que celui de l'homme. On pouvait le prévoir d'après son aspect extérieur, son éclat, sa blancheur, son grain serré, sa finesse d'ivoire ; dans la vieillesse le squelette de la femme tombe au-dessous de celui de l'homme.

L'élasticité des os est faible. Elle n'est bien sensible que sur des os de peu d'épaisseur. Elle est plus prononcée, même à volume égal, chez la femme que chez l'homme, chez l'enfant que chez l'adulte, dans le tissu spongieux que dans le tissu compact. Elle remplit le double rôle physiologique de conserver la forme et de régulariser les mouvements. Dans la résistance aux effets pathologiques, elle ne sert d'amortissement que pour les traumatismes de faible intensité, sa limite allant à la moitié du poids de rupture.

Le squelette résiste essentiellement par sa ténacité. Propriété naturelle de la substance osseuse, variable avec le sexe, l'âge, la race, l'individualité, la maladie, elle est supérieure à celle de tous les autres tissus. Elle est renforcée par la cohésion en quelque sorte artificielle, qui résulte de la disposition architecturale des matériaux osseux.

Les os sont surtout organisés, par la direction de leur fibres, pour résister aux effets de traction, et plus encore de compression (1).

Il était intéressant de connaître exactement la violence que nécessitent les différentes formes de fractures. Otto Messerer s'est livré à des expériences fort curieuses sur ce sujet, et les a consignées dans un mémoire remarquable [Ueber Elasiicilàt und Festigkeit des mensch- Uchen Knochen, Stuttgard, 1880). Bornhaupt depuis loi'S a repris ces recherches, nous nous bornerons à reproduire les conclusions de ces auteurs (2).

1° Résistance absolue des os à la traction. — Deux fois seule-

(1) Charpy, Études d'anatomie, Toulouse, 1892.

(2) A part les recherches de Charpy, on peut consulter sur cette question les mémoires de Wertheim {Mémoire sur l'élasticité et la cohésion des principaux tissus du corps humain, Annales de physique, 1847); de Rauber (Elasticitàt und Festigkeit der Knochen). Centralblatt, 187G. Ueber die Cohanon der Knochen. Id., 1874).

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