PROPRIETES PHYSIQUES DES OS
ment Messerer a réussi à rompre des os soumis à la traction, un fémur et un humérus d'une jeune fdle de vingt-cinq ans; le fémur se rompit sous une traction de 1,550 kilogrammes; l'humérus céda à 800 kilogrammes. Dans les deux cas les fractures étaient obliques.
2° Résistance à la pression. — Des pressions considérables sont nécessaires pour briser les os longs ou pour produire des fissures. 11 faut une pression de 800 kilogrammes pour écraser l'humérus d'une femme de vingt-cinq ans ; le fémur nécessite un poids de 1,550 kilogrammes.
Dans les pressions transversales sur le milieu desgrands os longs, la diaphyse est déprimée comme un roseau qu'on serre entre les doigts, et il se fait des fissures longitudinales étendues; la division complète de l'os exige des pressions considérables.
Dans la plupart des os soumis ainsi à la pression transversale, la fracture ne se produit pas au milieu, point le plus menacé, mais par transmission de la compression à l'une ou l'autre des extrémités articulaires comprimées. En conséquence les extrémités articulaires doivent être considérées comme des points particulièrement faibles.
3° Résistance à la flexion. — La limite d'élasticité, pour la flexion des grands os longs, se trouve voisine de la moitié du poids nécessaire pour produire la fracture.
La résistance à la flexion, pour les os de divers individus, a oscillé entre 1,040 et 1,980 kilogrammes par centimètre carré. Elle est à son maximum dans l'âge moyen de la vie; 1,800 à 1,980 kilogrammes par centimètre carré chez un homme de trente-deux ans ; cette résistance diminue quand on avance en âge.
4° Résistance à la torsion. — Messerer a produit des fractures spiroïdes par la torsion des os longs sur leur axe.
Les fractures ainsi produites étant spiroïdes ou obliques, le trait de la spire rappelait toujours la direction du sens de la rotation.
Dans nos expériences sur la résistance des grands os longs, ajoute l'auteur, nous avons obtenu un grand nombre de fractures incomplètes, tant en agissant par flexion que par pression transversale ou par torsion, cela sur tous les os et à tous les âges.
En raison de leurs petites dimensions, les os de la femme supportent des pressions moindres que ceux de l'homme, mais la résistance est proportionnellement la même dans les deux sexes.
Sur le même sujet, les os du côté droit et ceux du côté gauche supportent, en général, des pressions absolument égales; dans quel- ques circonstances, il existe, à ce point de vue, une différence très faible, qui concorde avec les dimensions variables des os (1).
(1) Certains états généraux infectieux (syphilis, suppurations prolongées...) all'aiblissent considérablement la résistance de l'os, ainsi qu'on le verra plus loin.