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DU SANG

Le foie va déverser le gljcogèjie dans le torrent circulatoire. Ce glycogène perdra peu à peu son énergie potentielle sous l'influence du ferment soluble répandu dans le sang par le leucocyte et deviendra glucose.

Glycogène et glucose, atomiquement semblables, ne diffèrent que par une énergie potentielle différente. La molécule glycogène est moins disloquée, moins désaimantée, que la molécule glucose. C'est ce que nous avons vu se produire pour l'acide lactique et sarcolactique. Ces glucoses continueront pour les mêmes raisons à perdre leur énergie potentielle utilisée par les cellules et formeront de l'acide formique. Celui-ci se combinera immédiatement avec les sels alcalins dissous dans le sérum et faisant des formiates ou formio-sulfates, formio-nitrates, formio-phosphates, etc., se fixera sur les albumines jeunes qui, augmentées de poids moléculaire, passeront à leurs aînées une molécule de formiate d'albumen et ainsi de l'une à l'autre.

On voit donc que la synthèse de l'albumine, qui va se faire continuellement dans le

torrent circulatoire, commence par la régression des glucoses.

Chaque partie composant cette albumine est en réserve dans différentes parties de l'économie animale. Chacune de ces parties rentre dans le torrent circulatoire au moment où l'organisme, n'acquérant plus rien par l'alimentation, fait appel à ses réserves.

Toutes ces associations atomiques, toutes ces réserves sont tenues agglomérées par la pression sanguine ; dès que celle-ci faiblit, la tension de dissociation de ces sels agissant les fait rentrer dans la circulation où ils sont associés par l'acide formique.

Ainsi, malgré l'incessante production d'acide formique qui a lieu dans nos artères, on n'en trouve nulle part. A peine formé, je devrais dire avant qu'il ne soit formé, il est déjà transformé en formiates. Ceux-ci, aussitôt fixés sur les albumines jeunes, leur font perdre l'équilibre et déterminent ce mouvement atomique qui part des glucoses et arrive comme une onde, d'albumine en albumine, jusqu'au nucléole de la cellule.

Il n'y a pas là réaction chimique, au sens habituel du mot, c'est-à-dire combinaison de

deux corps diflférenls pour en former un troisième, sans quoi il y aurait production de corps stables et la vie, qui est tout entière dans le mouvement moléculaire, ne pourrait se manifester.

Il n*y a pas réaction chimique, mais seulement association entre des groupements atomiques ayant un point de similitude, leur radical formique.

Il n'y a dans l'organisme, d'acide formique libre, que lorsque la régression des glucoses est précipitée par l'arrivée d'un élément étranger tel que les toxines microbiennes.

Remarquons, en passant, combien la machine vivante est admirablement organisée pour utiliser les matériaux qui la meuvent.

Dans une machine électrique ou à vapeur, la transformation de la chaleur en force ne s'accomplit pas sans une déperdition considérable ; dans l'organisme, rien ne se perd,

La molécule glucose qui régresse dans le torrent circulatoire y rend absolument et complètement toute son énergie potentielle, sans aucune perte, quand cet organisme est en équilibre.

C'est avec l'énergie potentielle de cette

molécule glucose que le soleil meut la machine vivante. Non seulement il la meut ainsi, mais encore en déterminant une production d'acide formique, avant-dernier terme de la régression des glucoses, le soleil crée le lien qui va joindre les atomes inertes, les grouper, les organiser d'après des formes géométriques précises, faire des albumines et renouveler ainsi les rouages de cette machine qui, fonctionnant sans arrêts, s'use sans trêve.

Si je me suis clairement expliqué, on comprendra comment l'usure et la réparation sont toujours dans un rapport déterminé.

L'usure provient de l'activité des échanges moléculaires. Ce mouvement moléculaire est produit par l'énergie potentielle des glucoses ; donc plus les glucoses régresseront vite, plus la machine vivante s'usera.

Mais, heureusement, lorsque ces glucoses ont rendu toute leur énergie potentielle elles se transforment en formiates qui vont réparer l'usure.

Plus la machine vivante s'use, plus les matériaux de réparation arrivent abondants.

Mais pour que la production de ces formiates, matériaux de réparation, soit suffi-

santé pour compenser l'usure, il faut que les glucoses, après avoir rendu toute leur énergie potentielle, puissent se transformer en acide formique, d'où les formiates. Pour cela il faut de l'oxygène.

Nous comprenons ainsi ce qui va se produire dans la machine vivante lorsque la régression des glucoses sera précipitée par l'arrivée d'un élément étranger tel que les toxines microbiennes.

Si cette transformation violente se produit dans un milieu insuffisamment aéré ou dans un organisme très anémié, l'usure va être beaucoup plus considérable que la réparation . Les glucoses, en effet, rendent abondamment leur énergie potentielle sous forme de chaleur et mettent la machine en suractivité; mais comme l'oxygène est insuffisant, la production de formiates est restreinte, l'usure non compenséç ; l'organisme faiblit.

L'oxygène, au contraire, est-il suffisant pour permettre aux glucoses qui régressent rapidement de se transformer en formiates, l'usure est largement compensée, le sang augmente de plasticité, de vitalité.

Cest dans ce rapport de V usure et de la

réparation que nous trouverons le point de départ de toutes les déchéances de Vorga^ nisme.

La machine vivante est en équilibre lorsque les glucoses, qui régressent uniformément dans toutes les parties du corps, trouvent la quantité d'oxygène nécessaire pour se transformer complètement en acide formique.

Or, l'oxygène ne pénètre dans la circulation que grâce à l'hémoglobine; on peut donc dire que l'organisme est en équilibre lorsque sa richesse en hémoglobine est suffisante pour puiser dans l'air l'oxygène nécessaire à oxygéner toutes ses parties et satisfaire ainsi à l'oxydation de toutes les glucoses en régression.

Le sang va donc s'appauvrir continuellement en glycogène ; mais lorsqu'il repassera dans le foie, il s'en saturera de nouveau et reportera dans le torrent circulatoire cet élément vital par excellence.

C'est du foie, par conséquent, que va sortir l'élément premier de la molécule d'albumine, l'acide formîque.

Que trouvons-nous donc dans un milli-

mètre cube de sang de sujet en parfaite santé?

1° Du glycogène, des glucoses gravitant autour des globules rouges pour absorber Toxygène et se transformer en acide formique.

2° Des albumines de plus en plus denses, soudées entre elles et cédant à leurs aînées, de même nom, ce qu'elles ont pris à leurs voisines.

Ces traînées d'albumines sont comme des colliers de perles dont les grains iraient en augmentant régulièrement de grosseur.

Chaque grain du collier est comme un bouton de rose auquel vient s'ajouter un pétale ou molécule d'albumen, à chaque étape ascendante. Il grossira donc jusqu'à l'enveloppe de la cellule. Mais ici, pour continuer sa marche vers le nucléole, ce grain se dépouille d'une molécule à chaque pas en avant, puisqu'il ne reçoit plus rien du sang. Pour passer d'une plastide à une autre, plus voisine du nucléole, celte molécule puise donc l'énergie nécessaire à sa progression dans sa propre substance. C'est en se désagrégeant, molécule par molécule, que le

cœur de ce grain, centre vital, arrive jusqu'au nucléole. Comme celte désagrégation moléculaire se fait à Tabri de l'oxygène, comme l'a démontré déjà M. A. Gautier, au lieu de rétrocéder entièrement, ces molécules, à énergie très réduite, formeront des corps dédoublés, réducteurs, sortes d'alcools qui seront la sécrétion propre à chaque cellule et la source des sucs plastidiens et nucléaires.

3° Au milieu de tout cela, des leucocytes roulant entre ces colliers et s'entourant au passage de molécules d'albumine adulte et de même nom, qu'ils entraîneront pour servir de pâture aux cellules de l'organisme. Cet aliment porte avec lui l'énergie qui permettra à celte cellule de l'assimiler. Grâce, en eifet, au noyau de ce leucocyte dont M. Arthus a démontré le pouvoir glycolilique, les glucoses qui baignent les cellules vont régresser et laisser dégager leur énergie potentielle. Celle-ci augmente l'énergie chimique des groupements formiques composant la cellule qui fixent alors de nouveaux éléments.

C'est la même énergie chimique qui se

produit dans la régression du saccharose ou des albuminoïdes et qui leur permet de se dédoubler en fixant de nouveaux éléments, comme nous allons le voir à propos de la digestion.

Ainsi, c'est l'énergie potentielle, résultat du dédoublement des glucoses par le noyau du leucocyte qui va donner à la cellule la force d'assimiler la fibrine leucocytaire ; or, tous ces corps, glucoses et leucocytes, étant également répartis dans l'organisme, on voit que le travail de prolifération cellulaire se fera uniformément.

Mais, qu'un microbe, un ferment arrive sur un point déterminé, produise localement par son ferment soluble, la toxine, une régression de ces glucoses plus active, on voit que les cellules voisines proliféreront plus abondamment, Téquilibre sera rompu.

De là toutes les productions néoplasiques.

Tout tissu nouveau sera donc produit par l'exagération locale d'une réaction chimique normale, la régression des glucoses. Dans l'organisme sain, c'est le noyau du leucocyte qui remplit ces fonctions; dans l'organisme envahi, l'activité de la toxine vient s'ajouter

localement à la puissance glycolitîque du leucocyte uniformément répartie. Les cellules n'élaborent donc rien ; elles reçoivent un aliment complet, parfait, identique à leur composition.

Mais le nombre de ces colliers et la grosseur ou densité de leurs grains n'est pas le même pour tous les individus, tous les âges.

Un organisme en parfait état d'équilibre a son sérum saturé de ces colliers dont chaque grain a la densité, la grosseur maxima correspondant à son âge. On sait, en effet, que de Vélat fœtal jusqu'à la puberté, les albumines, fibrines, etc., suivant en cela V augmentation de la tension sanguine, croissent de poids moléculaire. Jusqu'à la puberté, parce qu'un organisme prouve la maturité de ses éléments en se reproduisant.

Comme la chaleur et la lumière ont une influence capitale sur la vitesse de cette maturation, on comprendra que l'époque de la puberté soit diiférente suivant les climats.

Cette différence de densité pour un même corps, aux différentes périodes de son évolution, n' est-elle pas une preuve que ce corps n'est

qu'une condensation dun même radical, dune même molécule.

Comme dans le courant de cet ouvrage le mot poids moléculaire reviendra sans cesse, je crois utile de l'expliquer de nouveau :

La molécule d'albumine est constituée par des cristaux de formiates doubles, acides d'un bout, basiques de l'autre. Ces cristaux de formiates doubles pouvant se souder entre eux par leur centre composé du radical formique, la molécule d'albumine ressemble à deux boutons de fleur soudés par leur tige et dont les extrémités des pétales sont acides d'un côté, basiques de l'autre.

Chaque pétale représente un formiate basique ou acide, suivant le côté.

Supposons que l'un des boutons a 10 pétales :

3 formio-phosphatës de chaux acides ;

4 formio-sulfates de soude acides; 3 formio-nilrates de potasse acides.

L'autre aura donc :

3 formio-phosphates de chaux basiques;

4 formio-sulfates de soude basiques ; 3 formio-nitrates de potasse basiques.

Le bouton à pétales acides se fixera aux pétales basiques du bouton composant la molécule d'albumine inférieure, tandis que le bouton à pétales basiques se fixera aux pétales acides de la molécule d'albumine supérieure.

Au fur et à mesure que l'animal grandit, que la tension artérielle augmente, de nouveaux cristaux de formiate double viennent s'ajouter aux précédents et c'est là ce qui fait le poids moléculaire.

Les phénomènes extérieurs, chaleur, pression, lumière, ont une influence considérable sur ces groupements, on peut même dire qu'ils les créent.

Aussi ces groupements vont-ils varier d'après le milieu où ils se produisent.

Tel milieu sera plus favorable à la création des formio-sulfates, ou des formio-nilrates, ou des formio-phosphates ou de tel autre formiate, et alors la molécule tout en ayant la même disposition géométrique n'aura pas la même composition chimique.

De là les variétés des tissus organiques, de là la variété des races humaines, de là les difficultés qu'éprouve l'homme né dans

les pays froids à s'adapter aux pays très chauds.

En somme, la matière vivante doit son organisation aux molécules formiques qui soudent entre eux des atomes différents d'après des formes géométriques toujours les mêmes.

Ce qui fait la différence entre les tissus de telle espèce animale et de telle autre, c'est le rapport qu'il y a entre les différents formiates composant la molécule.

Suivant que les uns prédomineront sur les autres, on aura ou la chair du bœuf ou celle des poissons.

Enfin, dans le même animal, le rapport entre les différents formiates de la molécule sera constant, seulement le nombre de chacun d'eux augmentera avec la tension artérielle, avec l'âge, et ce sera là ce que nous appellerons l'augmentation du poids moléculaire.

Enfin, nous comprendrons comment ces molécules ainsi édifiées pourront être en mouvement perpétuel et servir de substratum à la vie.

Pour qu'une association atomique soit tou-

jours en mouvement, il est indispensable qu'elle se compose d'atomes n'ayant que peu ou pas d'affinités les uns pour les autres, sans quoi ces atomes forment des corps stables et le mouvement s'arrête.

La molécule vivante qui n'est qu'instabilité devait donc se composer d'associations atomiques incompatibles entre elles, groupées par un lien facilement décomposable, dont l'énergie variable fut toujours insaturée.

C'est bien le fait des formiates.

Le lien, l'acide formique, est fait d'une association atomique (C H* 0-) contrariée.

C'est-à-dire qu'il a fallu à la plante l'énergie solaire pour disjoindre d'abord deux associations atomiques stables, l'acide carbonique et l'eau.

Cimenter ensuite ces atomes CH^O* qui n'avaient aucune affinité les uns pour les autres.

Aussi cette association revient-elle de suite à son état premier, l'acide carbonique et l'eau, dès que les circonstances le lui permettent.

C'est donc là une association atomique contrariée, soit instable.

L'énergie de cette molécule formique est variable avec le milieu, nous l'avons déjà vu, elle est toujours par conséquent insaturée. C'est là le lien qui va rapprocher des associations atomiques stables, mais qui n'ont aucune affinité les unes pour les autres, d'où rinstabilité de ces groupements.

Les phosphates, sulfates, nitrates, n'ont, en effet, aucune tendance à se lier entre eux; ils sont tenus fixés cependant côte à côte dans la molécule, par un lien commun, l'acide formique aidé de la pression, de la chaleur, de la lumière.

Aussi, comment accorder une créance quelconque à la chimie biologique dont toutes les données sont erronées.

Que fait, en efl'et, le chimiste pour analyser ce corps en mouvement?

Il arrête d'abord le mouvement. Ce mouvement était produit par la chaleur et la pression. Chaleur et pression disparaissant, le corps se dissocie.

Le chimiste prend une tranche dans ce corps dépourvu de mouvement, de chaleur, de pression, et dont tous les intermédiaires préexistants sont modifiés. Dans cette tranche

il y avait cent mille intermédiaires, il les prend en bloc cependant, et alors commence la torture de ce quelque chose qui n'est plus le corps vivant.

Il fait agir sur des groupements atomiques si instables, des réactifs de toute nature, et après les avoir ainsi complètement transformés et dénaturés, il obtient un corps fixe et il vous dit : « Voilà ce qu'il y a dans la molécule vivante. »

Non certes, il n'y a pas ce que la science chimique nous indique. Il suffit que les corps qu'elle en extrait soient stables pour que nous lui disions : « Ce corps n'a jamais été vivant. »

C'est comme si j'allais chez l'imprimeur au moment où il imprimera les pensées que je fixe maintenant sur le papier, et que là, arrêtant la machine, la démontant complètement, prenant le cliché, brouillant tous les caractères, faisant du tout un informe monceau de plomb, de fer et d'acier, je le jetais à vos pieds en disant : « Voilà ma pensée. » Ainsi de la chimie biologique.

Cette science n'est pas encore sortie de ses langes.

Un organisme pourra donc être imparfait soit par le nombre de colliers, soit par la grosseur de leurs grains. C'est là ce qui donnera au sang une plus ou moins grande fluidité.

Le nombre des colliers pourra être inférieur lorsque l'organisme aura évolué dans un milieu impropre de la fécondation de l'œuf jusqu'à la puberté.

Les grains de ces colliers pourront perdre de leur densité lorsque les dépenses de l'organisme dépasseront les recettes. Mais dans ce dernier cas le centre des grains, véritable centre vital, persistera longtemps et il sera toujours facile par des moyens hygiéniques de lui rendre ce qu'il a perdu. Il sera toujours très difficile de donner des centres vitaux à ceux qui en auront toujours manqué, ou qui les auront perdus.

Aussi, malheur aux organismes qui, de la fécondation de l'œuf à la puberté, n'auront pas évolué dans des conditions favorables à la création de ces centres vitaux, ils seront les éternelles victimes de la maladie.

Toutes ces albumines ont une élasticité très grande, une tension de dissociation très

forte, qui fait de la pression sanguine un phénomène physico-chimique.

L'élasticité artérielle comprime un liquide très élastique lui-même, dont les molécules ne sont tenues soudées que par la pression.

Le résultat de ce phénomène physico- chimique sera :

1** La répartition uniforme et constante de tous ces corps dans l'organisme qui est comme un vase clos.

Que pour une raison quelconque un de ces corps élastiques soit, à un moment donné, très utilisé sur un point de l'organisme, immédiatement ces dépenses seront compensées par le courant qui s'établira vers ce point et qui y apportera le corps similaire;

2° Tous ces corps tenus en cohésion moléculaire par la tension artérielle à une température déterminée, se dissocieront lorsque température et pression diminueront ou disparaîtront complètement.

De là, les modifications nombreuses qui se produisent dans le sang à sa sortie des vaisseaux.

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