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MODIFICATIONS DES ÉLÉMENTS DU SANG A LEUR SORTIE DES VAISSEAUX

La première porte sur la forme du globule rouge. Il parait probable, en eJSFet, que dans le torrent circulatoire, le globule rouge est réellement globuleux comme son nom l'indique, et qu'il ne prend l'aspect biconcave sous lequel il est décrit qu'après sa sortie des vaisseaux.

Une grande partie de l'oxygène, maintenu si faiblement combiné à l'oxyhémoglobine par la pression, se dégage instantanément dès que celle-ci cesse d'agir. L'oxyliémoglobine se transforme en hémoglobine qui se cristallise et le globule rouge suivant le mouvement de retrait des cristaux d'hémoglobine se vide, pour ainsi dire, comme une balle de caoutchouc dont on chasserait l'air en la serrant entre le pouce et l'index; de là, la forme biconcave.

Pourquoi, en effet, les hématies auraientelles cette forme biconcave, puisqu'elles sont nées, comme nous l'apprend le professeur Hayem, de corpuscules appelés hématoblastes, formiates doubles d'albumine et de

peroxyde de fer, qui se sont entourés, en roulant dans le torrent sanguin d'albumine de même nom.

Comme le globule blanc, l'hématie naît dans un ganglion lymphatique ou un similaire, la rate, par exemple, et par les mêmes procédés. Cest une preuve de plus de la spécificité de chaque groupe ganglionnaire.

En somme, cette hématie n'est qu'un globule blanc à type fer, né de la même façon, L'hématoblaste correspond au lymphocyte, et le globule rouge adulte au globWe blanc, largement entouré de fibrine.

Le globule rouge est moins fluide, plus dense, parce qu'il est chargé de l'atome fer. Les réactions incessantes qui se passent en lui, à la sortie et à l'entrée de l'oxygène, durcissent aussi sa fibrine.

De là son élasticité considérable. Une hématie comprimée, dans tous les sens, entre deux lames de verre, reprend instantanément sa forme. Or, cette hématie débarrassée, par un simple lavage à l'eau, de son hémoglobine, prend de suite la forme globuleuse.

Un simple traumatisme suffit quelquefois à lui donner cette même forme.

La chaleur elle-même les rend globuleuses, el M. Ranvier nous indique un moyen parfait de mettre cette influence de la chaleur en évidence.

Mettez une gouttelette de sang sur une lamelle de verre, touchez rapidement avec une tige de plomb arrivé presque à fusion la face opposée de la lamelle, de telle sorte que le point de contact porte à la zone médiane de la gouttelette de sang, et regardez les effets produits.

Au centre, une zone transparente avec des débris de globules rouges. Autour de cette zone une autre, dans laquelle toutes les hématies sont incolores et globuleuses. Plus près de la périphérie, les hématies sont encore décolorées et globuleuses et la plupart émettent des boules sarcodiques isolées ou disposées en chaînes.

Ces phénomènes s'expliquent très bien quand on connaît la très grande sensibilité du formiate acide de peroxyde de fer à la chaleur.

Ce sel, qui est la base de l'hémoglobine, se désorganise, se volatilise bien avant la globuline, trame du globule rouge. Aussi, à la

partie centrale de la gouttelette de sang très chauffée, le globule a-t-il éclaté comme une bombe; à la partie moins chauffée, le formiate de peroxyde de fer s'est volatilisé, tandis que la globuline, formiate d'albumen et de potasse, résistait à cette température.

Dès que les cristaux d'hémoglobine ont disparu, l'élasticité de la globuline lui redonne sa forme première.

Les boules sarcodiques qu'émettent les hématies sont dues à la lenteur avec laquelle s'est produit sur ce point le même phénomène. L'hémoglobine, lentement et incomplètement volatilisée, a entraîné avec elle des parcelles de globuline.

On peut déduire de tous ces faits que l'oxyhémoglobine est dissoute dans la globuline ou très faiblement combinée, qu'elle pourra, par conséquent, se dissoudre dans le sang à la suite de la mort de l'hématie ou de ses maladies, ou même par suite d'un changement de densité du sérum. Le noyau du leucocyte procédera de même. Dépouillé par la cellule qui s'en nourrit, de l'atmosphère fibrineuse qui l'entoure, il se répandra dans le sang où il formera le ferment soluble

qui fera rétrocéder les glucoses. Ce noyau est donc au globule blanc ce que V hémoglobine est au globule rouge.

On trouve normalement dans le sang des hématies globuleuses toujours très petites.

C'est parce que le mouvement de rétraction a porté uniformément sur tous les points et leur a conservé leur forme en la rapetissant.

Enfin, chez les animaux à sang froid, rhématie est beaucoup plus grande, elliptique et globuleuse. Sortie des vaisseaux, elle subit aussi un mouvement de retrait, mais moins déformant que celle des mammifères.

On sait, en effet, que le centre de cette hématie ne contient pas d'hémoglobine; cette substance s'est portée entièrement à la périphérie du globule où elle est plus facilement en contact avec Tair.

Aussi, sortie des vaisseaux, le centre ne sera-t-il l'objet d'aucune rétraction. Celle-ci portera seulement sur le tour elliptique: Les parois étant sur ce point plus rapprochées, la globuline sera imprégnée d'oxyhémoglobine dans toute l'épaisseur, et la rétraction donnera à l'hématie la forme de deux plats soudés par leur bord libre.

Chez les animaux à sang froid, les changements de forme des globules seront moins considérables que chez l'animal à sang chaud parce qu'ils n'auront à subir aucune modification de température, à peine de pression.

Pour toutes ces raisons, on peut croire à la forme globuleuse de rhématie. Cette forme ne serait pas inutile au fonctionnement de ce corpuscule; car, suivant toutes probabilités, il gonfle au contact de l'oxygène qui transforme l'hémoglobine en oxyhémoglobine très soluble, tandis qu'il se rétracte au furet à mesure que cette oxyhémoglobine, cédant son oxygène, redevient hémoglobine. Il y aurait donc là un mouvement de va-et-vient qui ferait de la fonction de l'hématie une fonction physicochimique, l'élasticité de la globuline facilitant et l'entrée de l'oxygène dans le globule sous forme d'oxyhémoglobine et son expulsion au fur et à mesure que ce sel se transforme en hémoglobine.

Mais comment se fait cette transformation de l'hémoglobine en oxyhémoglobine et vice versa, en un mot comment s'accomplit le phénomène de la respiration ?

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