LES GLUCOSES PRODUISENT LA CONTRACTION MUSCULAIRE
Cette énergie potentielle des glucoses, cause du mouvement ascensionnel des peptones, va être aussi la source de l'effort musculaire qui permettra à Tanimal de progresser.
Comment donc la fibrine musculaire utilisera-t-elle l'énergie des glucoses.
D'après les expériences de M. Chauveau, un muscle qui travaille reçoit trois fois plus de sang, dépense quatre fois plus de glucoses, absorbe quatre fois plus d'oxygène, et rend quatre fois plus d'acide carbonique qu'à l'état de repos. On sait aussi que le muscle est alcalin au repos, acide pendant le travail et qu'il s'échauffe de 0,5 à 0,6 de degré.
Il résulte, évidemment, de ces observations que les réactions chimiques sont cause du phénomène physique qui a pour résultat le raccourcissement de la cellule musculaire.
Celle-ci est donc l'intermédiaire entre les réactions chimiques et ce phénomène phy- . sique.
Quelle est donc Torganisation de cette cellule ?
(( Les fibres musculaires striées à contrac- (( tion volontaire (dit le professeur Ranvier « dans le Manuel d'histologie pathologique, « page 29), se développent aux dépens des « cellules embryonnaires, qui s'allongent, ft dont le noyau devient ovoïde et se multi- « plie, dont le protoplasma subit des modi- « fications nutritives qui le transforment en « substance striée. En même temps il se « développe autour de la cellule une mem- « brane amorphe, résistante, qui devient le « sarcolemme. Au début de cette formation, (( le protoplasma subit, seulement dans sa « portion périphérique, les transformations « qui aboutissent à la structure musculaire.
^ Autour des noyaux qui, finalement, chez « les mammifères, sont transportés à la « périphérie de la substance musculaire, il « reste toujours une partie du protoplasma « non transformée ; ces noyaux se montrent « au-dessous du sarcolemme entourés d'une « petite masse fusiforme de protoplasma.
« Cette masse protoplasmique s'étend, du « reste, sous forme de lames extrêmement
« minces, dans toute l'épaisseur du faisceau, « et le partage en colonnes longitudinales; « ces colonnes elles-mêmes sont divisées par « le protoplasma en cylindres dont le dia- « mètre dépasse à peine 1 [x.
« Telle est l'origine de la slriation longitu- « dinale de la fibre musculaire. Quant à la « striation transversale, qui est beaucoup « plus nette, et qui a fait donner aux fais- « ceaux musculaires le nom de fibres striées, « elle doit être considérée comme une distri- « bution en quelque sorte géométrique des (( particules contractiles de la substance « musculaire. Ces particules, sur lesquelles « Bowman a le premier attiré Taltention, ont « été décrites par lui sous le nom de sarcous « éléments. D'après Bowman, la 'substance « contractile s'est essentiellement constituée « par de petits prismes placés régulièrement « bout à bout et les uns à côté des autres; « entre eux, se trouverait un ciment. Cette « manière de comprendre la constitution des « fibres musculaires striées fut corroborée « par l'action de certains réactifs dont les « uns favorisent la division longitudinale des « faisceaux primitifs en fibrilles, tandis que
<c les autres produisent la séparation des « mêmes faisceaux en disques superposés « comme les pièces d'une pile de monnaie.
« Suivant la théorie de Bowman, il n'y « avait, dans le faisceau musculaire, ni « fibrilles longitudinales, ni disques trans- « versaux, mais les sarcous éléments réunis « par un ciment longitudinal dissous par « l'alcool, l'acide chromique, etc., et par un « ciment transversal dissous par le suc gas- « trique, les acides organiques dilués et les « alcalis caustiques.
« Cette conception de Bowman a régné « pendant plus de dix ans, bien qu'elle eût dû « être ébranlée par les observations déjà « anciennes d'Amîci, qui ont été confirmées « et étendues par Krause, par Hensen et par « nous-mêmes.
« Dans les lignes transversales qui sépa- « rent les sarcous éléments, il existe cons- « tamment une strie fine qui possède les « qualités optiques des sarcous eux-mêmes.
« En outre, les sarcous éléments sont divisés « transversalement en deux parties égales par « strie claire.
« De ces observations, il résulte que la
« structure des faisceaux striés n'est pas « aussi simple que Bowman l'avait supposé, « et qu'en réalité ils possèdent une structure « extrêmement complexe.
« Si nous considérons une fibrille isolée « comme on les obtient facilement en disso- « ciant les muscles des ailes des insectes, nous « y voyons, après coloration au moyen du « picrocarminate d'ammoniaque ou de « l'hématoxyline, se succéder : 1° un disque « épais divisé en deux parties égales par une « strie incolore; 2° un espace clair; 3° un « disque mince; 4° un nouvel espace clair, « puis un disque épais et ainsi de suite.
« Cette disposition, qui existe dans tous « les muscles striés, est en rapport avec leur « mode de contraction, où interviennent « deux facteurs : 1° la contractilité, qui appa- « raît aux disques épais; 2° l'élasticité, qui « semble dépendre des disques minces et des (( portions intermédiaires entre les disques « minces et les disques épais. »
Ainsi décrite, cette cellule me parait semblable à toutes les cellules de l'organisme ; elle n'en diffère que par l'orientation de ses éléments plastidiens.
Le noyau, au lieu d'être central, se placera près de l'enveloppe ou sarcolemme, et comme elle est fusiforme, les plastides, parties de la face interne de celte enveloppe se dirigeant vers le noyau, seront tassées sous forme de piles de pièces de monnaie.
Ces séries de plastides ainsi empilées auront l'apparence de colonnes séparées par le suc plastidien. Ce sera la division longitudinale. L'apparence striée des colonnes vient de la différence de volume entre le corps de la plastide et ses extrémités qui se soudent avec les extrémités des voisines. De même que les séries de plastides ou colonnes sont côte à côte, de même ces plastides vont entrer en contact par le centre de leur corps. De telle sorte que l'on voit au même niveau une série de corps denses, suivie par un espace plus clair. Cet espace est rempli par du suc plastidien au milieu duquel se font les soudures des plastides entre elles.
L'apparence striée des colonnes pourrait s'expliquer par la composition chimique et l'orientation moléculaire des formiates composant la plastide musculaire ou sarcous éléments.
Cette plastide, comme toutes les autres, est formée d'un faisceau de molécules de formiate double d'albumen et d'une base acide, soudées par leur extrémité avec l'extrémité basique des molécules de formiate composant le faisceau opposé.
Le pied du faisceau serait formé des molécules du radical formique, condensées, dont chacune fixe le groupe albumen représenté par une tige acide ou basique du faisceau.
Ces molécules pouvant se souder têtebêche, on voit que l'on pourrait avoir ainsi une série de faisceaux soudés entre eux par leur extrémité épanouie et fixés au voisin d'avant et d'arrière par leur pied.
Deux faisceaux soudés par leur extrémité épanouie formeraient le sarcous éléments et l'espace compris entre les sarcous éléments serait le point où se souderaient par condensation les radicaux formiques de l'un avec ceux du suivant. (Voir la figure VI).
Nous trouvons ainsi en allant d'un bout à l'autre de la plastide musculaire des parties composées :
1° Des molécules du radical formique condensées ;
2° Du corps des molécules de formiale double d'albumen et d'une base, acides;
3** De la zone où ces extrémités acides se fixent aux extrémités basiques des molécules suivantes;
4*'Ducorpsdesmoléculesdeformiatedouble d'albumen et de la même base, basique, orientées en sens inverse des précédentes ;
5** Des molécules du radical formique condensées, tenant ces dernières molécules groupées.
Il n'est donc pas étonnant que chaque colonne composée comme il vient d'être dit ait des qualités chimiques et optiques diverses.
Les sarcous d'une colonne juxtaposant leurs différents éléments à ceux des sarcous des colonnes voisines, la cellule prendra l'apparence striée qu'on lui connaît.
Ainsi constituée, comment cette cellule va-t-elle changer de forme par le fait de la combinaison sur ses éléments des glucoses et de l'oxygène ?