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CONTRACTION MUSCULAIRE

Nous voyons maintenant comment la plastide, partie sous forme de chaîne du lac plaslidien de la cellule cérébrale, va se diriger et arriver à la fibre musculaire sur laquelle elle s'implante. Comment va-t-elle produire le raccourcissement de cette fibre?

Nous connaissons l'organisation de la cellule musculaire, sa forme en fuseau et

rorientation de ses plastides ou sarcous éléments.

Où va se passer la réaction chimique, cause du raccourcissement? Elle n'est, nous le savons par les expériences de M. Chauveau, que la régression des glucoses, leur transfor* mation en acide carbonique et en eau, résultat de leur oxydation.

Sera-ce dans la cellule elle-même, au niveau des sarcous éléments, ou en dehors de cette cellule?

Je crois pouvoir répondre de suite que ce sera en dehors de la cellule. En effet, l'oxygène ne peut pas pénétrer dans la cellule, les glucoses pas davantage, et cependant il se produit dans le muscle en travail une consommation très grande de l'un et des autres.

Ce n'est certainement pas dans la cellule que se fera cette réaction; elle ne peut donc avoir lieu qu'en dehors, à la surface du sarcolemme, et voici comment.

La cellule musculaire, largement irriguée par le sang, est en contact permanent avec l'oxygène du globule rouge et les glucoses dont l'énergie potentielle a été très réduite

par le ferment soluble circulant dans le sang. Ces glucoses ne demandent qu'à régresser. Ils sont en équilibre instable. C'està-dire que leur énergie potentielle égale à peine leur tension de dissociation plus la pression sanguine.

A ce moment 9 sous l'influence de la volonté, les molécules composant la plastide nerveuse s'écoulent vers le sarcolemme, et tandis qu'au repos elles présentaient à celui-ci leur bout basique, elles vont pendant cette progression mettre alternativement leur bout basique et acide en contact avec le milieu ambiant. Ce bout acide agira comme un ferment soluble, achèvera violemment la décomposition des glucoses en présence de l'oxygène.

Ces glucoses vont redescendre tous les degrés de l'échelle des composés ternaires jusqu'au groupement C O H*, leur point de départ. Celui-ci, très accru comme énergie chimique par la température qui s'élève, s'oxyde de suite, faisant de l'acide formique C 0* H*, qui s'oxyde à son tour pour les mêmes causes et se transforme en acide carbonique et en eau C O^ + H^ 0.

Eh bien, c'est le passage rapide de

C H2 en C 02 H 2 qui fait la contraction musculaire.

L'acide formique agissant sur le sarcolemme, membrane flbrineuse, produit un violent mouvement de gonflement et de rétraction.

Prenez, en efl'et, un filament de fibrine, laissez tomber dessus une goutte d'acide formique, et de suite ce filament gonfle et se raccourcit.

Le même effet se passe sur le sarcolemme, mais cet acide formique, à peine formé, a une température de 38° en présence de l'oxygène, s'oxyde et descend de suile le dernier degré de l'échelle C 0* H^ + = C 0^+ H^ 0.

A ce moment, l'amidon a rendu à l'organisme toute la chaleur et toute l'énergie que le rayon de soleil avait condensées en lui.

Malgré la quantité de glucoses interverties dans le muscle en travail, la température ne s'élèvera que d'un demi-degré, parce que la surproduction de chaleur sera utilisée par la formaldéhyde et l'acide formique pour leur oxydation et parce que les glucoses utilisées ont déjà perdu une bonne partie de leur énergie potentielle avant d'arriver au muscle.

Pendant ce temps, les sarcous éléments, sous la même influence, subiront des mouvements de rétraction semblables à ceux du sarcolemme dont ils ne sont qu'une dépendance.

La volonté cesse d'agir; immédiatement arrêt dans la progression des plastides qui restent leur bout basique en contact avec le muscle.

L'intermittence de la contraction musculaire tiendra donc à l'intermittence de ce passage des glucoses en acide formique, puis en acide carbonique et en eau, ainsi qu'à l'alternance de l'arrivée du bout acide ou basique de la molécule nerveuse.

Les contractions vont se succéder parce que les glucoses et l'oxygène vont être incessamment renouvelés. L'effort, de son côté, va faire cheminer dans le nerf les plastides nerveuses qui viendront s'effeuiller sur le sarcolemme, molécule par molécule. Cette progression est donc un acte automatique qui part de la périphérie pour le nerf sensitif ; elle est un acte volontaire et part du cerveau pour le nerf moteur.

La contraclion musculaire continuera :

1® Tant que le nerf pourra fournir des plastides ;

2** Tant que les glucoses seront suffisamment renouvelées ;

3*^ Tant que Toxygène arrivera en assez grande abondance.

La première et la deuxième de ces conditions sont évidentes et ne donnent lieu à aucune objection ; mais la troisième est intéressante à analyser.

Si l'oxygène est insuffisant, que va-t-il se produire? De simples dédoublements comme dans les fermentations anaérobies, d'où les acides sarcolactiques ou acétiques, ou des corps intermédiaires, comme l'alcool.

Le muscle étant alors saturé de ces produits, résultat d'une oxydation incomplète, reste acide et, partant, télanisé.

Ce phénomène de gonflement et de retrait des sarcous éléments, plastides de la cellule musculaire, sous l'influence de la décharge formique, me parait semblable à celui qui se produit sur les plastides de la cellule au moment de son dédoublement. La membrane

hyaline s'étant divisée en deux, les sucs plastidien et nucléaire venus en contact, on voit les plastides turgescentes etrétractées. Du contact des deux sucs a dû naître de l'acide formique qui agit là comme il vient de le faire ici.

Dans la contraction musculaire, le raccourcissement est momentané, comme la durée de la décharge formique qui n'atteint, du reste, les plastides que médiatement par le sarcolemme.

Dans le phénomène de la segmentation, cette action dure tant que les sucs plastidien et nucléaire sont en présence, ou, du moins, tant que l'action de ces sucs l'un sur l'autre n'est pas épuisée. Les deux cellules nouvelles sont indépendantes lorsque cette action est éteinte.

Mais la contraction musculaire ne sera pas le seul résultat de la régression abondante des glucoses dans le muscle; il y en aura un autre, ce sera l'hypertrophie de ce muscle.

En effet, l'énergie potentielle des glucoses qui se dégage localement va donner une suractivité considérable à la cellule musculaire qui proliférera rapidement, d'où hypertrophie.

Cette hypertrophie sera proportionnelle à la quantité d énergie que pourra utiliser cette cellule pour se reproduire ; or, il ne restera dénergie disponible que celle qui n'aura pas été utilisée pour la contraction et le travail.

D'où rexplicalion de ce fait bien connu des amateurs de sports, que Von hypertrophie bien davantage ses muscles en les contractant souvent pour produire un travail faible qu'en les contractant rarement pour un effort violent.

Il découle naturellement de ce que nous venons de dire, qu'un muscle longtemps au repos, s'atrophie.

Ainsi, tout dans l'organisme est évolution; elle se produit grâce à des réactions chimiques dépendantes des phénomènes phy-^ siques de lumière, chaleur, pression.

Toutes les parties de cet organisme sont en réaction continuelle l'une sur l'autre; il ne peut persister qu'à la condition d'être en équilibre.

Si telle partie faiblit, les voisines lui prêtent assistance et l'équilibre se rétablit dans un organisme momentanément diminué. Si les pertes continuent, il tend toujours à

reprendre son équilibre en baissant, baissant sans cesse. Cette facilité avec laquelle chaque tissu des organismes vivants prête ou prend au voisin, dans un moment de détresse, les éléments nécessaires à sa vie, prouve qu'ils sont tous de trame identique, ne différant que par les détails.

L'instabilité moléculaire est donc indispensable à la vie ; elle est fonction de la vie tout entière.

Or la molécule sera d'autant plus instable qu'elle sera plus compliquée, composée d'une plus grande variété d'atomes.

La substance la plus vivante sera d onc la plus complexe ; il n'y en a pas qui contienne des éléments plus divers que la matière cérébrale.

Quelle instabilité ne doit pas avoir cette molécule cérébrale pour suivre les infinies et si rapides modifications de la pensée I

Suivre, car s'il me paraît certain qu'à chaque modification de la pensée doit correspondre un groupement atomique, une orientation spéciale des atomes de cette molécule cérébrale, on ne saurait prétendre que les modifications survenues dans ces groupements produisent la pensée.

On voit bien comment cette molécule formique a pu, dès Torigine du monde, se former d'abord, se grouper ensuite avec d'autres molécules semblables; comment la terre se refroidissant peu à peu, les formiates ont apparu les uns après les autres suivant leur plus ou moins grande tension de dissociation, variable pour chacun d'eux avec la température et la pression; on voit bien comment les premiers groupements formiques, composés des formiates actuellement les plus stables ont pu s'en adjoindre peu à peu de nouveaux de plus en plus sensibles aux phénomènes extérieurs, au fur et à mesure que ces phénomènes extérieurs, chaleur, pression, lumière, perdaient de leur intensité; on voit bien comment des premiers groupements formiques, matière en évolution, mais encore trop simple et trop stable, on a pu arriver à la matière cérébrale si complexe; comment des plasmas à peine organisés ont pu sortir d'abord les végétaux, puis les animaux à sang froid les plus torpides, enfin les animaux à sang chaud et l'homme, riche en matière cérébrale; on voit bien comment les phéno-

mènes extérieurs, lumière, chaleur, pression influencent incessamment ces groupements formiques qu'ils ont créés et déterminent dans ces animaux tel ou tel mouvement réflexe par les modifications apportées à tel ou tel groupement formique; mais ce que l'on ne voit pas, c'est la possibilité d'expliquer par l'influence de ces phénomènes la détermination du MOI qui commande et se souvient à volonté.

Plus on approfondit le mécanisme chimique de la vie organique, moins on comprend qu'une réaction chimique, phénomène purement matériel, puisse avoir conscience d'elle-même.

Comment expliquer par l'influence des phénomènes extérieurs le point de départ de cette volonté qui me fait faire, dans le même moment, quelque chose et son contraire ?

Quelle que soit la connaissance approfondie à laquelle on arrive du substratum de la vie, le matérialisme sera encore bien loin d'expliquer ce MOI, si immatériel.

Tous les organismes, dans une même espèce, sont semblables, mais non pas égaux. Ils subis-

sent les mêmes lois naturelles ; leur trame est tenue en équilibre par des forces de même nature, mais la densité, la teneur moléculaire de chacune des parties varie à Vinfini de lun à Vautre, comme elle varie, dans le même individu, suivant Vâge, l heure, la santé, r altitude, l'état atmosphérique. Un même sujet n'est pas une seconde identique à luimême.

Nous venons de voir dans ses grandes lignes, les rouages de l'organisme vivant ; nous avons vu comment il utilise les formiates pour faire sa trame et comment il mûrit et progresse, grâce aux glucoses.

Nous allons voir maintenant comment il utilise ces mêmes glucoses pour se défendre.

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