TRANSFORMATION DES GLUCOSES EN ACIDE FORNIQUE
Pour qu'un groupement cellulaire pût évoluer, il fallait qu'il portât en lui les moyens de se défendre.
La cellule devait persister, parce que tissée de formiates, elle était pétrie de force et de défense. La force lui vient du rayon de soleil dont les formiates sont comme des condensations, et la défense de ce fait que l'acide formique est le plus puissant des antiseptiques, disons desantifermentescibles, puisque les ferments sont les agents normaux de la désagrégation cellulaire.
Ainsi cette cellule porte tout en elle : force pour se reproduire, défense pour combattre et vaincre.
Les groupements cellulaires ont suivi les
mêmes lois que les groupements atomiques.
Ils n'ont pas eu à s'adapter au milieu, puisque c'est le milieu qui les a faits tels qu'ils devaient être pour persister.
C'est dire que les organismes vivants sont invulnérables tant qu'ils évoluent conformément aux lois dont ils ne sont qu'une conséquence.
Si nous jetons un regard sur les animaux peuplant notre planète, nous voyons que les plus atteints par la maladie sont ceux qui s'élèvent le plus dans l'échelle des êtres.
L'homme, dont l'instinct a diminué pendant que progressait son intelligence, vit d'une façon le plus souvent extra-naturelle.
Il se crée des besoins factices, qui augmentent l'âpreté de la lutte pour la vie et font de son existence un long suicide. Il s'use trop vite. Les abus de toutes sortes, l'alimentation déviée de sa voie normale, les agglomérations sur des points circonscrits, où il n'a plus ni lumière ni air, vont diminuer dans des proportions considérables sa résistance. Il se créera un milieu où il aura beaucoup de mal à évoluer; sa vie, toujours en détresse, sera la proie des infiniment petits, des ferments.
Ceux-ci tiennent le milieu entre l'animal agissant et la plante. Leur rôle est de désorganiser la matière morte ou en voie de mourir. Ils arrivent à ce résultat par leur toxine qui enlève aux groupements moléculaires éteints un reste d'énergie potentielle qu'ils utilisent pour se reproduire. Les atomes libérés sont repris par la plante et recommencent leur marche ascendante vers la vie.
Les microbes ou ferments sont donc indispensables à la vie, il faut bien que la matière organiséesoit désorganisée pour qu'elle puisse se réorganiser de nouveau. Nous voyons le fait bien curieux du soleil organisant la matière par la plante et la désorganisant par le ferment, ainsi s'établit le cycle de la vie.
Tous les animaux que l'homme a domestiqués partageront sa faiblesse. Comme il leur a imposé un genre de vie qui n'était pas fait pour eux, leur résistance s'affaiblit, ils deviennent, eux aussi, la proie de ces mêmes ferments.
Dans le milieu dont il est une émanation, l'animal sauvage est rarement malade. Il n'est la victime que du plus fort; mais l'infiniment petit ne l'atteint pas. Il faut que des phéno-
mènes atmosphériques exceptionnels, en rendant ses moyens d'existence difficiles, en fassent une moindre vie. Alors seulement il succombe.