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DE LA TUBERCULOSE

Le traitement de la tuberculose osseuse, cutanée et pulmonaire, par les formiates, donnera toujours lieu aux mêmes réactions locales, aux mêmes modifications de l'état général. Les organismes vivants, sous Tinfluence de ces sels, réagissent toujours de la même façon, suivant une loi bien définie.

Quand on a traité un malade et qu'on l'a suivi heure par heure, on se rend compte que tous les autres ne sont que répétition de celui-là.

Le premier effet des formiates injectés ou absorbés par l'estomac est de relever la tension artérielle. Le malade se sent rapidement plus solide, les idées plus gaies, les nuits sont meilleures; l'appétit revient vite. Les échanges moléculaires sont considérablement activés, car l'urée augmente de suite dans les urines, et si la dose administrée est un peu forte, la quantité d'urée excrétée dans la journée peut augmenter de plus du double. J'ai vu des sujets qui rendaient 19 et

20 grammes d'urée par jour, en rendre, cinq jours après l'administration de formiates, 42 grammes. Le sang change rapidement d'aspect; huit jours suffisent, dans la plupart des cas, à transformer un sang très aqueux en un sang rutilant et fibrineux. J'ai pu m'assurer bien souvent directement de ce fait.

L'un des malades traités avait depuis très longtemps des varices au mollet. Quelquesunes, très superficielles et très saillantes, étaient le siège d'une circulation très imparfaite. Après quinze jours de traitement, ce malade appela mon attention sur un fait bien curieux : ses varices proéminentes durcirent peu à peu, sans réaction inflammatoire et s'obturèrent. Il n'en éprouva ni gêne ni douleur. Le sang, très fibrineux,' maintenant, avait déposé sur les parois rugueuses de ces veines dilatées une couche de fibrine qui les avait obturées.

L'effet constant du traitement par les formiates est l'augmentation de tous les éléments nobles du sang qui devient par ce fait plus apte à la vie, à la lutte.

Les phénomènes locaux sont également constants chez tous les tuberculeux, de toutes

sortes. Après deux ou trois jours de traitement intensif, qu'il y a lieu de réprouver, le lupique voit ses tubercules rougir et suinter, il se fait des poussées congestives que l'on gradue à volonté et qui séparent le tissu néo-plasique du tissu sain.

La tension augmentant par suite de la richesse du sang, des albumines adultes et des glucoses s'épanchent entre le tubercule désorganisé et les tissus sains. Il y a sur ce point saturé de toxines, régression partielle des glucoses d'où congestion, rougeur, chaleur. Je dis partielle parce que la lymphe de ce tuberculeux étant désoxygénée, la régression des glucoses n'est pas complète, il n'y a pas production d'acide formique, d'où l'inutilité ou du moins l'insuffisance de ces poussées congestives.

Le phénomène congestif que nous venons de voir se produire autour du tubercule de la peau se produit aussi de la même façon, par le même mécanisme et avec les mêmes réactions chimiques, autour des tubercules des os et du poumon. Seulement, comme le tissu pulmonaire est plus délicat, toujours en mouvement, organisé pour sentir les

moindres variations de pression, soit atmosphériques, soit sanguines, puisque ces pressions sont la cause même de son fonctionnement, les effets des formiates sont plus sensibles. Mais on arrive à les graduer presque mathématiquement, grâce à la connaissance de la loi générale. Mais ces poussées congestives ne seront efficaces que lorsqu'elles se feront dans une lymphe oxygénée.

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