APPLICATION DES FORMIATES AUX MALADIES AIGUËS
Il découle naturellement de ce que nous venons d'exposer, que toutes les invasions microbiennes à marche lente ou aiguë relèvent de ce traitement, mais, comme au début de ces dernières l'organisme n'est pas en général aussi affaibli qu'il l'est toujours dans les maladies chroniques, les doses de formiates devront être plus élevées, et même souvent données sous forme d'injection.
Nous élèverons ainsi très rapidement (en 5 ou 6 heures) la quantité de fibrine et d'oxygène avec laquelle le microbe se pliagocytera automatiquement s'il circule dans la lymphe ou sera enmuré s'il est groupé en colonies.
Le fait des lois naturelles étant d'être absolues, je ne doute pas un instant que rage, tétanos, charbon, diphtérie, morve, fièvre typhoïde, etc., ne soient guéris par les formiates.
Seulement, l'intensité du traitement variera
considérablement avec la localisation de Tinfeclion.
Voici pourquoi :
Si nous avons à traiter un malade atteint d'une pustule charbonneuse du bras, infection encore bien localisée, il me paraît certain que 20 centigrammes de formiate de soude en injection pendant trois ou quatre jours juguleront la maladie.
Il se formera autour de la colonie un bourrelet fibrineux avec prolifération cellulaire intense, qui Temprisonnera.
Cette sorte de chancre se nécrosera et s'éliminera ensuite.
Supposons que nous ayons appliqué le même traitement intensif à un typhique dont les plaques de Peyer sont profondément envahies, nous obtiendrons le même résultat que précédemment au début, mais lorsque le bourrelet formé tombera, comme il s'est produit dans un tissu mince et très vasculaire, le malade sera exposé aux hémorragies et aux perforations.
C'est ainsi que ces accidents se produisent chez les typhiques très envahis dont l'organisme s'est violemment défendu.
Nous voyons donc que l'intensité du traitement devra tenir compte non seulement de l'infection en elle-même, mais aussi du point sur lequel elle s'est faite.
Avons-nous à traiter un malade atteint du tétanos, par exemple, le traitement me paraît devoir être impuissant, dans la plupart des cas, après le début de la maladie.
En effet, les phénomènes nerveux qui se produisent sont le résultat de la lutte de l'organisme. Le microbe a colonisé dans les centres nerveux, ses toxines font régresser localement les glucoses et produisent des décharges formiques qui sont la cause de tous les désordres nerveux.
La toxine n'est donc que l'agent indirect de ces phénomènes, l'acide formique est ici le vrai coupable.
S'il en était autrement, pourquoi toutes les infections microbiennes des centres nerveux produiraient-elles des symptômes communs ne variant que par leur intensité, ou la partie intéressée?
Dans ces cas, le traitement ne peut agir utilement que pendant la période de pro-
gression du microbe» pendant qu'il ^se dirige vers les centres nerveux.
Dès qu'il y est arrivé, un traitement intensif pourra limiter et guérir le malade si l'invasion est très localisée, ou le tuer plus rapidement si elle est grande.
Ces exemples suffiront à faire comprendre ma pensée et les espérances que ce traitement laisse entrevoir.
Le traitement des maladies aiguës peut se traduire en trois mots : formiates, sucre, aération continue.
Le plus grand mal que l'on puisse faire à un malade fébrile c'est de le maintenir dans une pièce chaude et bien close.