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DE LA SYPHILIS

Comme celui du cancer, le microbe de la syphilis est dangereux par sa bénignité. Il est si peu virulent, que les organismes à peu près en équilibre ne s'aperçoivent de sa présence que 20 jours après l'infecUon, alors que des colonies se sont formées déjà sur le point contaminé et ont essaimé au loin.

Alors seulement, une réaction se fait qui détermine cette prolifération du tissu conjonctif qui constitue le chancre. Les premières colonies microbiennes vont être emprisonnées et mourront sur place, mais l'organisme est déjà envahi dans son entier.

Nous allons assister alors aux effets des toxines de ce microbe, différant suivant la résistance de l'organisme et le moment de l'infection.

L'accident primaire, le chancre, nous venons de le voir, est le résultat d'une prolifération cellulaire locale.

Répandues dans l'organisme, les toxines produisent une réaction générale qui se traduit par la fièvre vespérale légère. A ce

moment, Torganisme commence à lutter.

Avec la fièvre, augmente l'hémoglobine (d'où l'oxygène et la fibrine), le microbe est traqué un peu partout. Au niveau de la peau, c'est la roséole. La régression rapide des glucoses parles toxines produit des taches de pigment au niveau de la peau, probablement parce que l'énej'gie potentielle des glucoses qui se dégage localement augmente considérablement l'activité des cellules pigmentaires de la peau. Cette suractivité, déterminée dans ce cas par la toxine, l'est normalement par la lumière. Au niveau des muqueuses, ce sont les exulcérations ou plaques muqueuses ; ici, la réaction se produisant au contact de l'air est sufiQsamment intense pour déterminer la mortification des cellules épithéliales.

Cette phase de la maladie était fatale, puisque l'organisme n'a réagi qu'après avoir été largement envahi. L'avenir de la maladie se décide alors. Si l'organisme est assez solide, la réaction produite le débarrassera du virus et le malade sera guéri ; si, au contraire, il n'a pu faire un effort sufQsant, le microbe affaibli continue son action et nous -entrons dans la phase tertiaire. Pendant

celle-ci, des colonies microbiennes localisées sur certains points déterminent les mêmes phénomènes que celles du cancer : gommes»

végétations, syphilides, etc., résultats de la suractivité cellulaire produite localement par la toxine dans une lymphe désoxygénée.

Ces syphilides ont, en général, un développement modéré, parce que le^ sang du syphilitique est beaucoup moins appauvri que celui du cancéreux. S'il est au contraire très anémié, avec un sérum très pauvre en glucoses et des albumines de poids moléculaire inférieur, nous verrons la syphilide évoluer rapidement et se transformer en cancer. Le microbe de la syphilis peut, sur un terrain très appauvri, produire les mêmes effets que celui du cancer.

Chaque fois que, dans le courant de la période tertiaire, l'organisme "^e relèvera et produira un effort violent, les accidents ulcératifs de la période secondaire se reproduiront.

Les syphilides pourront régresser facilement la plupart du temps parce que les cellules qui les composent ont puisé leurs éléments dans des leucocytes de poids mo-

léculaire à peu près normal. Elles auront, par conséquent, une composition à peine inférieure à celle des cellules mères, et pourront être ainsi facilement résorbées par le leucocyte régénéré.

Le traitement de la syphilis sera le même que celui de toutes les maladies chroniques.

Remarquons seulement que le microbe le moins virulent demandera le traitement le plus long. Nous savons assez comment agissent les toxines et comment se stérilise la lymphe pour qu'il soit utile d'insister plus longuement.

Tous les microbes, ou, ce qui est la même chose, tous les ferments arrivant dans l'organisme y détermineront la même réaction par leurs ferments solubles, les toxines.

Cette réaction sera plus ou moins violente, suivant l'énergie de la toxine et son abondance, suivant la richesse de l'organisme en glucoses et, par conséquent, le degré de la tension artérielle.

Les résultats de cette réaction sur les cellules seront ou destructifs ou, au contraire, excitants, selon son intensité et son étendue.

selon qu'elle se produira en présence ou nori de l'oxygène.

Violente et locale, en présence de l'oxygène, elle détruira la cellule et le microbe comme dans l'infection streptococcique ; générale, elle produira la fièvre avec augmentation de fibrine et de leucocytes, favorisant ainsi le travail qui limitera et réparera la perte de substance.

A un degré moindre et en l'absence d'oxygène, cette réaction locale déterminera avec le bacille de Koch une prolifération cellulaire, le tubercule. Si elle devient générale, elle produit la fièvre, la lymphe s'oxygène momentanément, les tissus pérituberculeux s'ulcèrent et le tubercule est expulsé.

Elle sera moins violente encore et toute locale d'abord, avec le microbe de la syphilis, d'où prolifération cellulaire, le chancre.-

Devenue générale avec l'infection, elle produit la fièvre qui détermine, comme précédemment, des ulcérations des parties contaminées (plaques muqueuses). L'infection atténuée, mais non détruite, par cette résistance de l'organisme, redevient toute locale

et produit des proliférations cellulaires actives (végétations syphilitiques).

Avec le cancer, cette réaction, encore plus faible et anaérobie, est toute locale. Elle détermine donc une prolifération cellulaire continue. Si, ce qui est rare, la réaction de-^ vient générale, elle ne sera jamais assez vive pour nécroser les tissus nouveaux, mais assez pour arrêter leur évolution et les momifier (squirre).

Il va sans dire que cette réaction générale peut être produite dans le cours de Tune de ces maladies chroniques par une nouvelle infection et déterminer les effets déjà mentionnés.

C'est donc toujours la même chose. Les ennemis attaquent l'organisme avec la même arme, plus ou moins puissante, la toxine ; celui-ci leur répond plus ou moins violemment, mais toujours avec la même défense, les glucoses, et, grâce à l'oxygène, l'acide formique. // n'y a donc pas de spécificité.

Aussi, pour toutes les maladies microbiennes devons-nous chercher à obtenir le même résultat : charger le foie en glycogène, élever le poids moléculaire des albumines.

oxygéner ainsi la lymphe, produire des fibrines, avec lesquelles l'organisme se répare.

Pour arriver à ce résultat, les formiates sont indispensables, mais pas suffisants pour guérir vite, ils sont le centre autour duquel se groupent les autres atomes. Toutes les fois qu'un sujet s'étiole, que l'appétit disparait, que l'anémie, la chlorose se produisent, c'est que le pilier de l'édifice est ébranlé, l'acide formique se raréfie.

L'estomac manquant de sels formiques, la digestion est incomplète et l'organisme ne puise plus dans les aliments de quoi réparer ses pertes. Donc, donnons des formiates et, en même temps, comme adjuvant très utile, ajoutons à l'alimentation tous les sels entrant dans la composition des tissus organiques, surtout ceux qui contiennent la molécule phosphore, fer, chaux, soufre. Grâce au crochet formique, ces substances qui, autrefois, ne faisaient que traverser le tube digestif, se fixeront dans l'organisme.

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