TRAITEMENT DES ULCÈRES VARIQUEUX
Une des affections les plus intéressantes à traiter par le Nectol F ce sont les ulcères variqueux. Ici la plaie est à ciel ouvert et l'on peut suivre heure par heure les transformations.
Donnez aux personnes atteintes de ces affections de 5 à 10 gouttes de Nectol F trois fois par jour, après les repas (dans un verre à liqueur d'eau sucrée). Lavez la plaie deux fois par jour avec de l'eau bouillie et appliquez un pansement propre. Enfin, comprimez légèrement la jambe avec des bandes.
Les effets sont appréciables presque toujours vingt-quatre heures après; ils sont indéniables après deux ou trois jours, et alors on assiste à la rapide guérison de l'ulcère.
Le fond rosé bourgeonne, les bords se rapprochent, les cellules épitliéliales prolifèrent rapidement et la cicatrice se fait.
Pour ces affections, comme pour toutes du reste, la guérison sera d'autant plus rapide que l'état général du sujet sera moins mauvais, que les conditions hygiéniques dans lesquelles il vit seront meilleures.
NECTOL S
(Injectable.)
Quand on aura la main forcée par les événements, ou que les parties atteintes (estomac, intestins) rendront la médication par ingestion incertaine, on utilisera le Nectol S sous forme d'injections.
Un centimètre cube (seringue de Pravaz) de Nectol S, contient deux centigrammes de formiate de soude et aura les mêmes effets que l'ingestion de 6 gouttes de Nectol C.
Il faudra faire quatre piqûres par jour toutes les six heures, et donner exactement le même traitement. Le Nectol C est supprimé dans ces cas bien entendu.
On pourra aussi utiliser avec avantage les injections de Nectol S chez tous les malades qui paraissent peu ou pas sensibles au Nectol C, ce qui est extrêmement rare.
Dans ces cas, lorsque après une huitaine de jours de traitement avec le Nectol C, vous
ne voyez aucun changement notable se produire, utilisez les injections de Nectol S qui agissent de suite. Rétablissez ainsi le mouvement moléculaire, et dès que le malade vous parait remonter, ce qui est très rapide la plupart du temps (deux, trois ou quatre jours au plus), laissez les injections qui agissent trop violemment et reprenez le traitement méthodique indiqué, avec le Nectol C.
Que l'on se rappelle toujours que dans les maladies chroniques, l'organisme a baissé lentement, uniformément et continuellement depuis de longs mois. Le poids moléculaire des tissus a baissé peu à peu, lentement.
Aussi devons-nous remonter cet organisme par un effort lent, uniforme, continu.
Les injections agissent violemment, brutalement, par à-coups; elles sont donc mauvaises, dans les maladies chroniques bien entendu.
Elles ne seront donc utilisées que pour réveiller l'organisme, donner un coup de fouet, mais elles ne seront, en aucun cas, longtemps poursuivies.
Le Nectol C sera quelquefois sans action sur les malades atteints de forte dilatation
d'estomîic. Le séjour prolongé de cette substance dans cet organe lui permet de se dissocier ; il n'entre plus dans le torrent circulatoire intact, son action est nulle.
Dans ces cas, je conseille de remplacer le Nectol C par le Nectol F pris aux mêmes doses, seulement administré de suite après les repas.
Les effets seront à peu près les mêmes et les inconvénients mentionnés seront presque toujours évités.
Remarque I. — Le traitement par les formiates réveillant tous les moyens de défense de l'organisme, toutes les fois que dans le cours de son application un symptôme nouveau apparaît qui surprend le praticien, il peut être certain que ce phénomène nouveau contribue à la défense de cet organisme.
Dans ce cas, le traitement ne sera diminué que si ces phénomènes prennent une acuité trop grande.
Remarque II. — Il arrive quelquefois que, après une période de plusieurs semaines de traitement, alors que le malade est très
amélioré, l'appétit parait diminuer et le malade a de temps en temps des nausées, quelquefois même des vomissements bilieux, le matin.
Ce fait survient surtout chez les malades très anémiés, dont on a trop précipité le mouvement moléculaire. Ce mouvement moléculaire se faisant dans un milieu insuffisamment oxygéné, donne lieu à de la bile.
Il faut donc tout simplement purger ces malades et diminuer légèrement le nombre de gouttes de Nectol.
Le même accident se produit chez les malades qui suivent le traitement dans un milieu non aéré.
Remarque III. — Malgré Yactivité considérable des Nectols, ils ne sont pas toxiques. Comment le seraient-ils, puisqu'ils sont une production normale de l'organisme. Et c'est là un fait qui devrait à lui seul entraîner la conviction. Cette substance si puissamment active n'est aucunement toxique.
Les fortes doses ne nuisent qu'en exagérant la rapidité des échanges moléculaires.
Pour me faire mieux comprendre, que Ton permette une comparaison.
Voici une machine à vapeur qui est faite pour marcher à 80 tours à la minute avec 20 kil. de charbon par 20 minutes.
Si, au lieu de 20 kil. de charbon nous en faisons comburer 30 kil., la pression augmente, les roues tournent à 100 tours, toute la machine est ébranlée, et l'usure est considérable.
Augmentons encore la quantité de charbon.
Les roues s'affolent, le manomètre indique une pression considérable, la chaudière éclate.
Dira-t-on que le charbon est mauvais pour la machine à vapeur parce qu'un mécanicien, ignorant de l'usage du manomètre, a fait éclater sa machine?
De même pour la machine vivante. Elle est mue par les formiates ; on peut avec eux lui imprimer un nombre de tours illimité jusqu'à l'usurç rapide ou l'éclatement de la chaudière.
Le manomètre c'est le pouls.
Machine à vapeur, machine électrique, machine vivante sont régies par des lois
invariables. Les connaître, c'est être apte à la direction de la machine.
Aussi le médecin qui se sera bien pénétré de celles qui ont fait l'objet de cet ouvrage trouvera-t-il dans sa pratique une certitude, une précision qui lui ont manqué jusqu'à ce jour.