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THÉORIE DE LA KARYOKINÈSE

La partie externe de l'enveloppe de la cellule sera donc une fibrine à poids moléculaire immédiatement supérieur à celui du leucocyte. Pendant que la cellule s'arrondit par sa périphérie, les granulations protoplasmiques ou plastides puisent leurs éléments de constitution dans la face interne de cette même enveloppe. Ces plastides, en vertu des mêmes lois et par les mêmes procédés, vont se condenser au fur et à mesure qu'elles se rapprocheront du noyau vers lequel se dirigent tous les groupements moléculaires qui les constituent. De même que les albumines, de la plus jeune à la plus mûre, sont soudées entre elles, leur bout acide fixant le bout

(1) Voir les figures I, ÏI, III, IV, V. '

basique de la molécule inférieure, les plastides ou granulations du protoplasma sont soudées également et sont comme les mailles d'un filet convergeant vers le noyau.

On dirait que le nucléole attire à lui, comme pour former un produit nouveau, une partie des molécules des plastides les plus proches que celles-ci reprennent à leur tour, à leur voisine, et ainsi de proche en proche jusqu'à la membrane enveloppante de la cellule. Celleci, absorbée à son tour par sa face interne, se reconstitue par sa partie externe aux dépens des leucocytes qui viennent à son contact.

Nous voilà à l'enveloppe hyaline du noyau à laquelle viennent en rayonnant se fixer les granulations protoplasmiques. De la partie interne de cette membrane se détache une nouvelle série de granulations ou plastidules qui se dirigent vers le nucléole et se fixent à l'extrémité des filaments chromatiques qui sont les derniers intermédiaires entre les peptones et le nucléole. Ces filaments chromatiques en nombre constant dans une même espèce, enchevêtrés les uns dans les autres, sont demi-solides et partent d'un même point : le nucléole.

Chacun d'eux a Tapparence d'une pile de jetons du jeu de dames dont on aurait intercalé les couleurs, le tout est entouré du suc nucléaire.

Ces filaments sont des faisceaux de molécules de formiates d'albumen accolés les uns aux autres et dirigés dans le même sens comme les fibres de chanvre d'une corde.

Les différences de transparence observées dans leur longueur viennent probablement de ce que les parties claires sont les points où se fait la soudure de la molécule acide du groupement supérieur avec la molécule basique du groupement inférieur. Le corps même de la molécule, étant plus dense, serait plus opaque.

La cellule aura atteint son développement complet lorsque les plastidules, fils chromatiques, suc nucléaire et nucléole auront distendu, au maximum, la membrane hyaline qui les enveloppe. Celle-ci se fendra alors sur deux points diamétralement opposés et se rétractera sur elle-même, formant ainsi les deux asters; ceux-ci seront donc composés chacun d'une moitié de cette membrane. Comme les granulations ou

plastides allaient de Tenveloppe de la cellule de laquelle elles naissent, à la mepibrane hyaline à laquelle elles se fixent, celle-ci, en se rétractant, les entraînera avec elle, d'où leur orientation vers l'aster.

Comme une moitié des plastides de la cellule se dirige d'un côté et l'autre moitié du côté opposé, il se forme un espace triangulaire dépourvu de granulations, où le liquide plastidien vient s'amasser.

De leur côté, les plastidules qui, partant de la membrane hyaline, se dirigeaient vers le nucléole en se fixant à l'extrémité des fils chromatiques, vont suivre, elles aussi, le mouvement de retrait de cette membrane, et leurs extrémités externes, qui étaient réparties sur une demi-sphère, vont se trouver ramenées sur un seul point : l'aster.

Leurs extrémités internes feront alors un angle aigu avec l'extrémité des fils chromatiques rétractés, qui sont en ce moment autour du nucléole, comme les rayons d'une roue autour de leur moyeu, dans le même plan horizontal. A l'extrémité de chacun d'eux vient, en effet, se fixer un groupe de colliers de plastidules, partis des deux asters.

De cette façon, ils sont maintenus dans une situation médiane, tirés en sens contraire par des forces égales. A ce moment, ces plastidules formeront donc un fuseau dont les deux bouts seront les asters, et le centre la roue chromatique.

Le suc nucléaire, comme le montre la figure, vient en contact avec le liquide plastidien. Il naît de ce contact, suivant toute apparence, un composé formique qui gonfle les plaslides, leur donne l'aspect turgescent qu'on leur connaît. En se gonflant, elles se raccourcissent. Les colliers qu'elles composent exercent donc une traction plus forte sur leurs points d'attache. (Face interne de la membrane d'enveloppe d'un côté, aster de l'autre.)

La simple inspection de la figure fera comprendre que tous les colliers de plastides ne feront pas subir à la membrane enveloppante la même traction. Ceux qui se fixent près de l'équateur de la cellule tireront davantage sur cette membrane, prenant l'aster pour point fixe. Cette partie, tirée également par le collier qui se dirige vers l'aster A et par celui qui se dirige vers

l'aster B, se porte en dedans en suivant une ligne intermédiaire. Ainsi commence la segmentation de la cellule.

Les colliers de plastidules qui, partis de chaque aster, viennent se fixer par couples à l'extrémité des fils chromatiques, se rétractent pour la même raison. Ils tirent donc sur l'extrémité de ce fil en sens contraire et le partagent dans sa longueur. C'est la première segmentation du fil.

Or, cette moitié du fil va elle-même être divisée en deux, parce que le couple de plastidules s'attachant à un angle du fil chromatique que nous supposons carré et les extrémités des deux colliers du même côté se fixant à l'angle opposé, il faudra que le fil se divise en quatre, formant un double W. (Voir la figure VI.)

Sous l'influence de la traction des colliers de plastidules et sous la poussée du suc nucléaire, les fils vont se partager dans toute leur longueur et remonter vers l'aster correspondant. Ils entraîneront avec eux la moitié du nucléole poussée par la moitié du suc nucléaire, poussé lui-même parla moitié du , liquide plastidien. La cellule continue à

s'étrangler sous Tinfluence déjà décrite et arrive à être presque divisée en deux. A ce moment les colliers de plastides qui se fixaient à l'équateur de la membrane enveloppante et qui sont les plus distendus vont faire subir aux angles de l'aster une traction plus forte. Cet aster, qui n'est autre que la moitié de la membrane hyaline rétractée, va être allongé de nouveau par ces colliers et reformera ainsi la membrane hyaline de la nouvelle cellule. Cet allongement est possible parce que, à ce moment, les sucs plastidien et nucléaire ont épuisé leur action l'un sur l'autre. En reprenant la forme sphérique, l'aster va entraîner dans son nouveau mouvement les extrémités des plastides et plastidules fixées à sa partie interne et externe, et ainsi la nouvelle cellule, moitié de la précédente, aura exactement les mêmes dispositions.

En se partageant dans le sens de la longueur, les filaments chromatiques continueront à conserver leur propriété de transmissibilité de la périphérie au centre du noyau.

Mais ces filaments ne seront-ils composés que de molécules de formiates d'albumen

dont les extrémités acides regarderont l'extérieur et les extrémités basiques le centre?

Nous ne le pensons pas.

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