‹ Maladies nerveuses des auteurs, rapportées à l'irritation de l'encéphale, des nerfs cérébro-rachidiens et splanchniques, avec ou sans inflammationChapitre 1 sur 51 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

CHEZ MiLl;. DELAUNAY, LIBRAIRE,

RUE SAINT-JACQUES , N°. Jl.

HISTORIGAU

MEWIGAL

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Avant 1ère de la médecine physiologique^ ayant l’époque ou l’irritation morbide des organes fut enfin considérée comme principale base de la pathologie ; dépurés abstractions de l’esprit, des groupes de symptômes arbitrairement réunis ,

formaient des entités particulières consi-

dérées comme maladies , auxquelles on donnait un nom sans y rattacher d’ailleurs l’idée d’une lésion d’organe ; mais comme ces symptômes n’étaient pas toujours les memes , qu’ils différaient suivant lâge, le sexe, le tempérament , le climat, suivant l’intensité , la durée de l’affection locale, et les sympathies plus ou moins nombreuses qu elle mettait en action 5 les observateurs,

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qui bientôt ne remarquèrent plus d uniformité dans la production et la succession des symptômes dont on leur avait tracé des modèles , créèrent à leur tour , aussitôt qu’ils aperçurent un symptôme prédominant, une nouvelle maladie à laquelle ils imposèrent un nom , de manière qu’il suffisait , pour donner un corps à une vaine chimère, et, pour faire croire à l’existence d’une fiction idéale , de lui appliquer une dénomination.

Cette marche vicieuse et peu philosophique aurait amené la plus grande confusion dans le domaine de la pathologie , car il était libre à chaque médecin de créer, avec un peu d’imagination, une entité particulière, de l’ériger en maladie , et de lui faire prendre place dans une nosographie, grâce à la fausse route dans laquelle on était jusqu’alors engagé.

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Déplus, les maladies ainsi groupées., rangées et distinguées les unes des autres par des caractères tranchés^ pouvaient donner au jeune médecin des idées fausses et dangereuses sur la nature de la maladie ? et sur le traitement quil devait y opposer ; les nosologistes ? en cherchant à imiter les botanistes dans la division en familles naturelles de tout le règne végétal 5 ne sont pas arrivés au résultat que ces derniers ont atteint ? l’histoire entière et complète d une plante est tracée de manière à ce que de suite on sache à. quelle famille 5 à quel ordre elle appartient. L’histoire des maladies «, au contraire 3 est tracée de manière à ce qu’on n’en connaisse jamais qu’un épisode * nous supposons pour exemple une irritation développée sur un point de l’économie 5 l’inflammation s’en empare 5 les modificateurs antiphlogisti-

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ques ou stimulans sont mis en usage suivant la doctrine du médecin ; dans le premier cas 7 la maladie se dissipe * dans le second^ elle s’exaspère ? donne naissance à une hémorragie , à une névrose ^ ou à d’autres désordres locaux ; de plus y l’irritation 5 fixée d’abord sur ce point 5 l’abandonne ou s’étend sur les organes qui sympathisent avec lui. Faudra-t-il alors considérer l’exaspération delà maladie ? les changemens quelle vient d’éprouver y son extension sur différentes parties y comme étant le résultat d’une altération indépendante de l’affection première y comme d’autres entités morbides qui seront venues s’y ajouter; faudra-t-il les noter comme autant d’affections différentes; réclameront-elles un traitement opposé , parce que les nosologistes n’auront pas aperçu les rapports des symptômes avec

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la lésion de l’organe ? qu’ils n’auront esquissé qu’un moment de la maladie 5 sans avoir démontré la liaison ? l’enchaînement.,

la succession des phénomènes locaux et

sympathiques qu’auront produit r exaspérât! on et l’extension de laffection morbide. Si l’on avait bien connu le grand phénomène de l’irritation ? le jeu des sympathies physiologiques et pathologiques ? si I on eut bien étudié toutes les formes ? toutes les physionomies de la souffrance des organes 0 on eut cessé de considérer abstractivement les affections morbides , sans les rallier à une modification partielle des phénomènes vitaux ; l’inflammation des parties extérieures n’eut point été prise pour type des inflammations intérieures , parce qu’on se serait aperçu que la sensibilité normale et anormale des viscères placés sous l’influence d’un appareil nerveux

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particulier , diffère essentiellement, quant à sa manière d’être , de la sensibilité des parties qui reçoivent exclusivement les nerfs de l’encéphale et de la moelle épinière. C’est en étudiant en physiologiste les fonctions viscérales , leur concensus d’actions , leur rapport avec le domaine de relation, qu’on est parvenu à connaître la véritable nature des maladies intérieures , qu’on a résolu le problème des fièvres dites essentielles , et qu’on a pénétré le secret des inflammations , subinflammations et névroses viscérales.

Pour étudier d une manière utile une affection , il ne suffit donc pas de la rapporter à tel organe, il faut , au moyen des sympathies , s’expliquer les vicissitudes dont elle est susceptible , la suivre dans son développement sous l’influence des modificateurs , I examiner sous toutes les

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formes quelle peut prendre 5 eu égard à la constitution des malades 5 et l’on voit alors bientôt venir se placer dans un meme cadre ? par la puissance d une cause unique 1 irritation morbide ! l’inflammation 5 la subinflammation ? l liémorragie 5 la désorganisation 7 la transmission d irritation et la névrose.

La classe des névroses ? telle quelle existe dans les nosologies 3 est presque entièrement formée des symptômes dune affection inflammatoire méconnue. Toutes les fois que l’inflammation était caractérisée par la douleuig la rougeur, la chaleur et la tumeur ; les symptômes nerveux étaient bien ralliés àlamodificationinflammatoirej mais ces conditions venaient-elles à manquer, alors ils étaientattribuésàunemodification de la matière nerveuse ? et comme tels réputés névroses; ainsi la gastrite >

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dont les nuances étaient entièrement méconnues ayant la doctrine physiologique 7 donne naissance 5 dans diverses circonstances ? à des phénomènes locaux et sympathiques ^ dont on a fait autant de maladies y parce que l’irritation de l’estomac y n’ayant pas produit les quatre caractères d’une phlegmasie^ avait entièrement échappé aux yeux des observateurs’ nous eûmes^ au lieu de l’histoire de la gastrite y les maladies nerveuses nommées gastralgie pyrosis ? boulimie ? etc. L’hypocondrie fut également considérée comme maladie nerveuse 7 et si la cause en fut placée dans les viscères digestifs y on crut qu’ils étaient affectés de débilité. En interrogeant ainsi les symptômes sans étudier l’état des organes ? on serait conduit à penser qu’il est une classe d’individus passibles seulement de maladies nerveuses^ les névropathiques

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seraient dans ce cas • la plus légère irritai tion détermine des phénomènes nerveux très-violens chez les personnes qui jouis- 1 sent dune sensibilité innée ou acquise très-développée; tandis que l’inflammation, chez d’autres , peut arriver jusqu’à la désorganisation sans avoir produit des phénomènes nerveux sensibles. Ces différences tiennent à la constitution , à la vivacité des sympathies , à 1 irritabilité plus ou moins grande du système nerveux.

L’irritation des organes peut donc exciter des sympathies de relation , des symptômes nerveux qu’on n’aurait pas dû rei garder , ni décrire comme maladies nerveuses , puisqu’elles sont le produit d’une modification locale organique inflamma- | toire. Il est possible cependant que l’irritation morbide soit primitivement fixée sur un tronc nerveux, sur des ramifications

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ou expansions sensitives , et produise une véritable névrose; mais comme ces expansions sont fondues dans les viscères qui contiennent également des capillaires sanguins , des secréteurs et autres, on ne peut faire l’histoire complète dune névrose, meme primitive , sans parler de la plilegmasie quelle détermine ordinairement par le seul fait de la durée de la maladie et de son extension, a Toutes les érections v vitales morbides, a ditM. Broussais , ne v s’élèvent pas au degré de l’inflammation. v Les sens internes peuvent, sous finv fluence continuelle des stiinulans, acv quérir un degré dir ritabilité qui prov duise, sur le centre de relation, des v impressions capables de provoquer des r> mouvemens convulsifs , et d’autre part jy le cerveau peut devenir tellement irriyy table que cette stimulation, qui serait à

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v peine perçue dans l étal normal , dev vienne cause de sensations et de mouv vemens extraordinaires qui constituent v de véritables névroses : nous dirons v plus ? dans cette sorte d idiosyncrasie y v l’inflammation devient quelquefois trèsv difficile., comme si toutes ces stimulav lions se dissipaient par les mouvernens v nerveux quelles déterminent. T outefois, v quoique difficile à produire, la phlegmav sie finit ordinairement par se dévelopv per dans les principaux viscères, et c’est v par elle que se termine ordinairement v l’existence des névropathiques, meme v de ceux qui ne lui doivent pas l’état nerv veux dans lequel ils ont passé leur vie, v L’inflammation aigue ou chronique, la subinflammation, sont donc les mobiles de la plupart des névroses des auteurs. Quant aux névroses que lirritation primi-

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tive du système nerveux détermine 5 elles sont isolées 5 forment une classe à part. En vain^ voudrait-on connaîtreleur essence depuis l’invasion de la maladie jusqu’à sa terminaison j les changement qui ont lieu dans les parties lésées ? les sympathies qu elles déployent 5 leur mode d’action sur les autres organes : Imagination est continuellement tendue sur l’être névrose et sur le spécifique qu’on doit employer pour le combattre; quant à la modification locale y on n’en parle pas ; quant à l’inflammation qui la suit j la ranime et constitue à elle seule tout le danger ? il n’en est pas question.

C’est dans le but de montrer la liaison de laphlegmasie avec les symptômes nerveux ? le rapport de la névrose primitive avec l’inflammation ? la subinflammation et la désorganisation ? que nous avons en-

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trepris cet ouvrage. L irritation d un tissu nerveux étant placée dans Tordre naturel, près de l'inflammation , l’attention du médecin doit être fixée sur ce point important de l’histoire des névroses , s’il veut prévenir les accidens subséquens , c’està-dire la désorganisation et la mort. L’irritation nerveuse, au reste, n’exalte pas toujours la sensibilité et la motilité ; elle abolit également ces deux facultés , ce qui distingue les névroses en actives et en passives. Les premières sont possibles dans les appareils cérébro-rachidiens et splanchniques; les secondes ne peuvent avoir lieu que dans les expansions nerveuses du cerveau et de la nloelle rachidienne, attendu que les nerfs ganglionnaires qui président aux fonctions les plus importantes de la vie organique , ne peuvent cesser d’agir qu’au moment de l’extinction de la vie.

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Nous nous sommes occupé , à la suite de la description de chaque maladie , des modificateurs thérapeutiques qui nous ont paru le plus en harmonie avec cette manière d’envisager les affections nerveuses; nous nous sommes efforcé de faire disparaître du traitement tous les remèdes empiriques souvent inutiles , plus souvent dangereux , ainsi que les prétendus spécifiques. Car , en médecine , suivant la remarque du célèbre professeur Chaussier y a le seul spécifique est la méthode , c’estv à-dire fart de discerner , choisir, em- » ployer les moyens thérapeutiques avec v ordre , dans un temps , dans un lieu opv portun , et à des doses appropriées à la n nature du mal , à la constitution du v sujet, n

Cet ouvrage est divisé en trois parties : la première contient l’histoire des irrita-

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lions des nerfs cérébro-rachidiens , des expansions sensitives et des sens : dans la seconde , il est question des maladies de l’encéphale et du rachis , que les auteurs ont présenté comme nerveuses, et qui sont le produit manifeste dîme irritation inflammatoire de la substance cérébrale et de son prolongement ; il est également question , dans cette partie , cle l’irritabilité particulière du cerveau , acquise ou innée, quon a nommé névropathie. Enfin la troisième partie contient l’histoire des irritations splanchniques fixes et mobiles ? mises en rapport avec l’inflammation des viscères. Nous avons fait précéder la description des névroses , de quelques considérations sur la sensibilité , les sympathies et les tempéramens.

Aidé des souvenirs que nous ont laissé la clinique du Val-de-Grâce , les leçons

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de M. Broussais ? et les rapports que nous ayons eu comme médecin , avec ce professeur 9 nous ayons cherché à jeter quelques lueurs sur cette partie obscure de la pathologie ; il aurait fallu sans doute , pour traiter une pareille matière., un médecin plus exercé et plus instruit ! nous layons senti ? mais nous ayons cru remédier à notre faiblesse en exprimant 5 ayec une extrême réserve , nos opinions particulières • quant aux vérités enseignées par la médecine physiologique., nous les ayons hautement proclamées y par conviction ^ par devoir , et par reconnaissance pour celui qui; nous ayant guidé dans la carrière médicale y a rendu , par ses immortels travaux 5 de si grands ? de si importans services à la science et àfhumanité.

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