NÉVROSES ACTIVES
De l Hypérestésie de la Rétine*
La rétine acquiert quelquefois, sous l’influence de l’irritation, un surcroît de sensibilité qui larend plus ou moins douloureuse au contact de la lumière, et empêche la perception distincte et nette des corps que ce fluide doit peindre sur cette membrane. Les études, les veilles , l’impression d’un feu ardent , les affections morales, sont les causes les plus ordinaires de cette irritation.
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L’ouverture de l’iris se rétrécit pendant le jour au point que les malades ne peuvent souvent rien distinguer ; mais ils recouvrent la faculté de voir dans les ténèbres ou à une faible lumière : ce symptôme de l’irritation de la rétine est la nyctalopie des auteurs ou vue de nuit. L’accès de la lumière produit des douleurs qui sont en rapport avec l’intensité de l’irritation, et détermine dans les rnouvemens de l’iris des contractions et des relâchemens, en raison de l’éclat des corps lumineux. En meme temps les malades éprouvent des illusions d’optique; ils voient des cercles bleus, des flammes , des étincelles électriques , et les objets qu’ils veulent fixer sont enveloppés d’auréoles lumineuses , sont couverts de taches de diverses couleurs, et quelquefois disparaissent subitement; cette irritation détermine en meme temps un strabisme passager , des convulsions des paupières et un agacement nerveux général: les malades sont très-impressionnables , disposés aux rnouvemens convulsifs , parce que l’irritation de la rétine est déversée sur le cerveau: cette névrose peut être également le résultat d’excès dans les plaisirs de l’amour, de l’irritation des voies digestives , qui réagit fortement chez les névropathiques, sur l’encéphale et happa reil nerveux oculaire. L’hypérestésie de la
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rétine donne quelquefois naissance à un symptôme que les auteurs ont désigné sous le nom de diplopie , vue double qu’on observe souvent pendant le cours des inflammations cérébrales aiguës. Ce symptôme , lorsqu’il ne dépend pas d’un défaut de parallélisme entre les points visuels de chaque rétine , paraît tenir à un surcroît de sensibilité oculaire, auquel se joint une inégalité d’excitabilité des deux appareils nerveux. Nous avons observé un cas de ce genre qui nous a paru dépendre entièrement de cette cause. Un avocat distingué du barreau de Paris , monsieur C. de 7 s’étant livré à un travail
long et fatigant, éprouva d’abord une sensibilité extrêmement vive dans les deux yeux ; quelque temps après , à la suite d’excès vénériens , il s’aperçut en se réveillant qu’il voyait les objets doubles et placés au-dessous les uns des autres. L’examen de l’œil nous fit reconnaître une forte contraction desdeux pupilles , mais une contraction inégale : la gauche était plus dilatée que la droite. En fermant un œil, l’illusion se dissipait , mais la sensibilité restait la même. Une saignée , suivie de l’application d’un vésicatoire à la nuque , et la soustraction de toutes les causes de stimulations , dissipèrent en quelques mois ces symptômes alarmans. La sensibilité excessive
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de la rétine , lorsqu’elle n’est pas suivie d’inflammation de l’organe irrité et de l’encéphale, et qu’elle résiste aux moyens de Fart, produit souvent tout-à-coup , ou par degré insensible , un état opposé, c’est-à-dire la perle de la sensibilité ou l’asthénie de l’appareil nerveux, oculaire.
On conseille pour le traitement de Fhypérestésie de la rétine, quand elle ne dépend pas d’une affection gastrique ou autre , de diminuer la sensibilité générale et locale par un régime doux, les boissons émollientes, l’abstinence des plaisirs de l’amour et la soustraction de toutes les causes de stimulations physiques et morales. Les boissons légèrement anti-spasmodiques peuvent diminuer l’irritabilité oculaire dans le cas où l’estomac n’est pas enflammé : le lait, les légumes et les farineux doivent faire la base de la nourriture des malades , auxquels il n’est pas permis de faire usage des viandes meme les plus douces, ainsique de liquides vineux alcooliques ou aromatiques; la saignée du pied est également indiquée dans le cas de pléthore, et de congestion cérébrale : il en est de meme des bains de pieds fortement sinapisés. Les malades doivent nécessairement habiter des lieux peu éclairés, ne se livrer à aucun travail, et porter des lunettes vertes, garnies de goussets verts. Lorsque l’irri-
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tation de la rétine et de l’encéphale est au contraire symptomatique d’une phlegmasie de l’estomac et des intestins , le traitement local ne produirait aucun effet, si préalablement on ne combattait, à l’aide de moyens appropriés, la phlogose des voies digestives.
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