‹ Maladies nerveuses des auteurs, rapportées à l'irritation de l'encéphale, des nerfs cérébro-rachidiens et splanchniques, avec ou sans inflammationChapitre 14 sur 51 · DE LA P À 11 À CO U SX E · texte numérisé non relu

DE LA P À 11 À CO U SX E

De la Daracousie.

On a rangé dans cette classe toutes les dépravations de l’ouïe qui ont été considérées comme nerveuses. Ces dépravations ont été rapportées à quatre variétés principales. Dans la première on entend très-confusément les sons aigus et forts , tandis qu’on distingue beaucoup mieux ceux qui sont bas et faibles ; d’autres fois , les sons aigus , forts et discord an s font éprouver de la douleur. Dans un autre genre, une oreille entend le son tel qu’il est , et l’autre en est affecté d’une manière entièrement différente. Enfin , la quatrième variété , que Sauvages a nommée para cusis mllisiana , consiste dans la difficulté ou l’impossibilité d’entendre les sons doux et médiocres , à moins qu’on ne fasse en meme temps un grand bruit. Telles sont les principales anomalies acoustiques qu’on trouve décrites dans les auteurs; mais comme les cas de ce genre se présentent rarement à F observation des médecins, et que ceux qui ont été observés jusqu’à présent sont très-peu nombreux, il est difficile d’apprécier la véritable nature de ces affections, et d’affirmer qu’elles sont purement nerveuses. 11 faudrait d’abord bien connaître toutes les

DE LA PÀRACQUSIE.

nuances des phlegmasies chroniques de l’oreille, et l’histoire de F otite chronique est encore à faire.

La première anomalie acoustique, dans laquelle on entend confusément les sons aigus et forts, tandis qu7on distingue mieux ceux qui sont bas et faibles, pourrait dépendre d’une exaltation nerveuse, ou d’une phïegmasie chronique de l’intérieur de l’oreille : les sons aigus sont entendus difficilement , parce qu’ils ne sont plus en rapport avec la sensibilité de l’organe irrité ou enflammé : de même que l’œil supporte difficilement la lumière, et distingue mal les objets à une vive clarté, lorsqu’il est le siège d’une phïegmasie chronique, tandis qu’il peut encore remplir ses fonctions dans l’obscurité.

La deuxième variété , celle dans laquelle le son perçu naturellement par une des oreilles, l’est par l’autre d’une manière vicieuse ou différente , ne tiendrait-elle pas à la phïegmasie chronique d’une seule caisse du tympan : les ondes sonores ébranlent convenablement tout l’appareil acoustique d’une oreille : dans l’autre , au contraire, la membrane du tympan irrité ne se met plus en harmonie avec la force , la gravité et l’acuité des sons les muscles et les osselets ne se meuvent plus avec facilité , et les excrétions de Fin-

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flammation chronique rendent peut-être la transmission des sons plus difficile , et empêchent la netteté de 3 'audition.

La troisième variété, caractérisée parla douleur que font éprouver les sons aigus et dise ordan s , pourrait dépendre de l’exaltation de la sensibilité nerveuse auriculaire , et pourrait être un premier degré de l’otalgie idiopathique ou symptomatique , comme on l’observe dans toutes les irritations de l’encéphale.

La quatrième variété est la plus singulière, puisqu’on ne peut entendre les sons bas et doux, que lorsqu’on fait en même temps beaucoup de bruit; cette anomalie nous paraît résulter de la diminution de sensibilité du nerf acoustique , d’une véritable névrose passive ; le grand bruit déterminerait alors sur les nerfs auditifs et sur la membrane du tympan une irritation , une tension instantanées qui les rendraient momentanément propres à recueillir la sensation des sons faibles; les transactions philosophiques contiennent deux cas remarquables de cette névrose ; il s’agit d’un gentilhomme sourd de naissance, qui ne pouvait entendre qu’au moyen d’un roulement de tambour, et d’un homme qui n’éprouvait la perception des sons, que lorsqu’on sonnait

les cloches.

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