NÉVROSE ACTIVE
De Ï Olalgie.
Cette névrose n’est pas décrite dans les auteurs, qui paraissent l’avoir confondue avec les inflammations de l’oreille, et particulièrement avec l’otite interne. C’est M. liard qui a fixé l’attention des médecins sur l’irritation idiopathique de l’appareil nerveux de l’oreille, sans phénomènes inflammatoires. Cette irritation est ordinairement un des symptômes de l’otite ; mais elle peut se développer seule, et alors la
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conque de l’oreille, le conduit auditif et la membrane du tympan ne présentent ni injection capillaire, ni rougeur , ni gonflement. Les douleurs ont également des caractères spéciaux; elles se développent tout-à-coup , disparaissent quelquefois au moment de leur plus grande violence , et elles se portent souvent d’une oreille sur une autre. Presque toujours le malade est sourd pendant l’accès : il éprouve des tintemens d’oreille, et le plus léger bruit excite des sensations fort vives et douloureuses. Lorsque les douleurs sont très-aiguës , elles se propagent sur les tempes et sur les joues ; les yeux sont rouges, larmoyans , tuméfiés ; toutes les parties qui avoisinent l’oreille partagent, jusqu’à un certain point, sa sensibilité morbide.
L’otite , qu’on peut facilement confondre avec l’otalgie , occasionne également des douleurs extrêmement vives dans l’oreille ; mais elles acquièrent graduellement une intensité toujours croissante, et s’apaisent avec lenteur sans disparaître entièrement ; la perception du bruit , la mastication, les ébranlemens de la tête, les exaspèrent et les augmentent. L’otite s’accompagne d’une céphalalgie très-vive avec bourdonnemens , sifflemens dans les oreilles ; le pouls est fort, dur et plein; le fond de la gorge est
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douloureux, et le malade n’entend rien, ou entend très-difficilement ; les douleurs persistent sans intermittence bien sensible , jusqu'à ce que la matière purulente, épanchée , s’échappe soit par la membrane du tambour , soit par le conduit guttural du tympan.
L’otalgie est ordinairement l’effet du refroidissement de la tête en transpiration. On l’a vue succéder à une névralgie faciale, à des douleurs rhumatismales, à Fodontalgie, en général aux phlegmasies mobiles. Il est bien probable que le siège de cette affection réside dans la pulpe nerveuse du nerf acoustique, cependant, M. 1 lard pense que l’irritation est fixée sur les ramuscules nerveux qui vont aux muscles des osselets , et aux membranes qui tapissent l’oreille interne.
Malgré les différences symptomatiques qu’à établies M. Ilard entre l’otite et Fotalgie, il doit être souvent très-difficile de les distinguer l’une de l’autre. C’est pourquoi il faut étudier soigneusement les symptômes, examiner l’état de l’oreille, de la membrane du tympan , et remonter aux causes avant d’établir le diagnostic, et de baser un traitement rationel. L’action du froid sur la tête étant une cause puissante du développement de Fotalgie, on conseille d’éponger le crâneavecde Feau chaude, de frictionner les cheveux avec
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des flanelles jusqu’à ce que la tête soit sèche , et de la couvrir ensuite d’une flanelle sèche et chaude , ou, d’une coiffe de taffetas gomme : on conseille la saignée générale et les émissions sanguines locales dans le cas de pléthore ; l’injection du lait, ou d’une décoction de plantes émollientes , dans l’oreille , auxquelles on peut ajouter quelques gouttes de baume tranquille. Il serait dangereux de faire usage de l’opium ; car, d’après Galien, Zacutus et M. Itard , cette substance , injectée dans l’oreille , a produit des accidens graves, tels que l’assoupissement, des vertiges , des convulsions et la mort. L’opium peut être employé en épi thème sur les tempes , ou sur les apophyses mastoïdes. On a également conseillé l’application de mouches vésicatoires sur ces parties. Tiennent ensuite les moyens généraux, propres à diminuer l’irritabilité : le repos, la tranquillité, l’usage d’alimens doux; pendant les accès, on conseille de donner quelques cuillerées d’une potion, ou d’un julep calmant lorsque les voies gastriques sont exemptes d’inflammation. M. Dcleau recommande l’exrtrait de belladone, dont il s’est servi avec avantage pour diminuer l’exaltation de la sensibilité nerveuse auriculaire.