‹ Maladies nerveuses des auteurs, rapportées à l'irritation de l'encéphale, des nerfs cérébro-rachidiens et splanchniques, avec ou sans inflammationChapitre 18 sur 51 · LOCOMOTEUR · texte numérisé non relu

LOCOMOTEUR

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Des Névralgies

On a donné le nom de névralgies aux irritations idiopathiques des troncs, des branches, des cordons nerveux cérébro-rachidiens qui se distribuent aux muscles de la vie de relation ; lorsqu’on interroge les anciens, depuis Hippocrate, on ne trouve dans leurs écrits rien de satisfaisant sur l’irritation du système nerveux locomoteur ; ees affections sont confondues avec toutes celles qui produisent des douleurs vives, et elles sont dispersées dans les différentes classes que les nosologistes ont établies. C’est M. le professeur Chaussier qui, le premier, les décrivit, les rassembla, en fit un genre auquel il donna le nom générique de névralgies ; M. Pinel ? en leur conservant ce titre, les plaça dans sa nosographie au nombre des névroses de la locomotion.

Les nerfs, dans toutes les affections morbides qui leur sont étrangères, transmettent au cerveau la douleur des organes, mais ils ne la ressentent pas ; lorsqu’ils sont irrités , ils souffrent par euxïixèmes, et deviennent alors organes souffrans et conducteurs. La névralgie paraît seulement dit-

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férer du rhumatisme , de la goutte , des inflammations phiegmoncuses , muqueuses, etc. Sous le rapport du siège, du reste, les caractères de l’irritation et de l’inflammation y sont aussi bien prononces que dans tout autre organe.

Les causes directes des névralgies sont en général peu connues; on a remarqué cependant que les nerfs superficiellement placés qui rampent sous la peau, sont plus sujets à contracter l’irritation morbide , quoique nous ne connaissions pas encore la névralgie de tous les nerfs sous-cutanés, tandis que le femoro -poplité placé profondément sous une couche abondante de parties molles , est de tous les nerfs celui dont l’irritation est la plus commune. .La névralgie est néanmoins d’autant plus facile à produire , que les nerfs sont plus superficiels , parce qu’ils sont plus en butte, eu égard à leur position, à l’action des corps extérieurs. Ces affections nerveuses peuvent se développer à tous les âges de la vie ; il en est cependant qui sont plus communes â des époques déterminées , telles sont la névralgie sous-orbitaire qu’on observe ordinairement dans l’âge viril, etlafemoro-poplité dans la vieillesse. La prédisposition à ces maladies réside dans la constitution individuelle ; les personnes douées d’un tempérament nerveux sont

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facilement atteintes de ces irritations morbides* lorsqu’elles s’exposent à Faction des causes occasionnelles. L’air froid et humide, froid et sec, Fliabitation des maisons humides , mal aérées ; Je séjour de vétemens mouillés sur le corps, la saison de l’hiver, les vicissitudes du froid et du chaud , la suppression brusque de la transpiration, déterminent chez quelques personnes une inflammation du tissu musculaire ; chez d’autres, une irritation du tissu nerveux ; la cause est toujours la meme : le résultat est différent , suivant la prédisposition acquise ou innée.

En ne considérant plus les maladies comme des êtres dont l’essence est inconnue , la médecine est devenue une science soumise aux lois de la logique* on raisonne, on explique, on prouve , on sait comment une irritation quelconque se convertit en phîegmasie , en névrose , en hémorragie; la cause est toujours l’irritation qui développe des phénomènes différens, suivant la sensibilité, le mode d’action, l’organisation plus ou moins nerveuse, vasculaire, lymphatique des parties primitivement ou secondairement affectées ; ainsi, la suppression d’un exanthème cutané, d’une hémorragie habituelle, etc., la transformation de ces états morbides en névralgie, toutes ces conversions d’une maladie

nu

dans une autre s’expliquent très-bien, suivant les lois de la physiologie pathologique.

La piqûre des filets nerveux dans la section de la peau, la présence d’un corps étranger, d’un tubercule placé sur le trajet des nerfs, les irritent, les enflamment et donnent également naissance aux symptômes morbides de la névralgie ; d’autres fois, la maladie se développe sans cause bien appréciable , et elle se dissipe de même, ou bien apres avoir résisté aux secours de l’art pendant des années , elle s’affaiblit, elle s’use pour ainsi dire, et disparaît sans avoir paralysé , atrophié les muscles qui reçoivent les nerfs malades. L’irritation primitive fixée sur un appareil nerveux , donne l’explication des phénomènes morbides d’une névralgie , mais elle ne rend pas compte de l’intermittence, de la périodicité , du retour des paroxismes ; cette explication ne serait pas , au reste , plus facile à donner pour cette maladie, que pour toutes les autres phlegmasies intermittentes; l’observation attentive des nombreuses affections qui affligent l’espèce humaine , a seulement démontré que les douleurs aigues présentaient toujours une intermittence d’activité, un relâchement favorable, quoique d’ailleurs les symptômes morbides reparussent, par une sorte d’habitude, après un temps

plus ou moins long. Si nos organes souffraient constamment d’une manière continue, sans relâche et sans repos, les viscères s’enflammeraient, et la désorganisation terminerait bientôt l’existence des malades.

M. Chaussier a caractérisé ces affections nerveuses, i°. par la nature de la douleur qui, dans le. commencement, est ordinairement faible, légère, éloignée, revient ensuite plus intense, avec pulsations , tiraillemens, élancemens ; cette douleur peut-être rémittente, intermittente, revenir à des intervalles plus ou moins éloignés et périodiques ; 2°. par le siège de la douleur , fixée constamment sur un tronc, une branche nerveuse qui, dans le paroxisme, s’élance avec la rapidité de l’éclair sur les divisions du nerf, ou affecte particulièrement quelques fdamens, sans développer ordinairement de la chaleur, de la rougeur, du gonflement dans la partie malade.

L’invasion d’un accès de névralgie ne présente pas habituellement de préludes, quoiqu’elle puisse être précédée d’engourdissement , d’une sensation de fourmillement dans les muscles qui commencent à devenir le siège d’une érection vitale morbide : la douleur légère, ou subitement trèsvive , fixée d’abord sur le tronc nerveux irrité , parcourt toutes les divisions du nerf avec la ra-

pidité de l’étincelle électrique; elle est vive, lancinante , brûlante; elle occasionne des sensations de fourmilîemens , de piqûres d’aiguilles, de picotemens; le membre qui paraît être fortement comprime , semble être en même temps dilacéré en tous sens ; cette douleur a donc des caractères qui lui sont propres et qui ne permettent pas de la confondre avec la souffrance des autres tissus phiogosës; elle est surtout remarquable par son excessive violence , et par les tourmens inouis dont elle devient cause. Après avoir persévéré pendant un certain laps de temps, elle s’apaise peu à peu ou cesse subitement , sans que les parties paraissent avoir été affectées; elle laisse néanmoins quelquefois un engourdissement qui se dissipe peu à peu ; l’intervalle entre les paroxismes est en rapport avec la violence des douleurs ; plus elles sont vives , plus elles tendent à se rapprocher sous l’influence de la moindre cause d’excitation.

Pendant la durée des accès, les malades éprouvent des mouvemens convulsifs , une agitation fibrillaire dans les muscles. En même temps, les veines se gonflent , les artères battent plus fortement et l’activité des organes secréteurs est vicieusement augmentée , suivant que le nerf irrité se distribue à des muscles , a des organes

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secréteurs. Après l’accès, les douleurs et le malaise se dissipent, et font place au calme et au repos. Mais quelques personnes ressentent encore dans les parties affectées de la roideur, des douleurs sourdes , profondes, des mouvemens convulsifs qui, suivant M. Chaussier, dégénèrent en tic ou habitude vicieuse ; ces sensations morbides peuvent d’ailleurs rappeler facilement l’accès à la moindre excitation physique ou morale.

Un traitement sagement combiné, Finfluence d’une saison propice, etc., tendent a affaiblir, à diminuer l’intensité de la névralgie, la longueur et la durée des accès, qui peuvent être d’ailleurs subitement enlevés par des révulsions naturelles, telles que l’apparition d’une éruption cutanée , d’une hémorragie abondante , de sueurs copieuses, etc. Mais la persévérance des douleurs produit un état d’autant plus alarmant , que les viscères , stimulés , s’enflamment , s’échauffent sans cesse au foyer de la névralgie; elle réagit sur l’appareil encéphalique et gastrique , d’où résultent la privation de sommeil , le dégoût de la vie, la perte d’appétit, la soif, l’amaigrissement , des douleurs gastriques , des vomissemens , des coliques , la constipation , etc. Pour parier le langage de la médecine physiologique, la

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sensibilité exaltée dans l’encéphale est réfléchie, au moyen du grand sympathique , sur les viscères, comme nous l’avons vu dans les prolégomènes physiologiques: ceux-ci, incessamment irrités et sur-irrités, s’enflamment, et alors se dessine une série de phénomènes morbides dépendans de la phlegmasic gastro-intestinale ; la fièvre s’allume; la langue rougit; l’appétit se perd ; l’inflammation marche vers la désorganisation ; les malades maigrissen t rapidement et périssent dans la consomption ou dans l’hydropisie. C’est ainsi qu’il faut envisager les accidens qui compliquent les névralgies comme toutes les autres affections de l’extérieur du corps. Les douleurs , quelques vives qu’elles puissent être , donnent rarement la mort en épuisant les forces nerveuses ; tandis qu’elles agissent constamment sur les viscères, les irritent, les enflamment et les désorganisent. Ces vérités que la médecine physiologique a enseignées, ont été rendues dans cette pensée dupremicr élève de notre école, M .Treille: On ne périt que par les viscères . La persévérance de l’irritation locale produit aussi une désorganisation du nerf; le membre alors s’adématie , s’atrophie et se paralyse.

On a cherché sur les cadavres les traces de l’altération locale qu’avait pu produire la 11 é vrai-

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gie, et les recherches à cet égard ont contribué à établir îa véritable nature de cette maladie. Cotugno attribuait les accidens, la douleur, la paralysie , à l’hydropisie du nerf; mais il s’est basé, pour asseoir son opinion, sur une seule ouverture de cadavre. Bichat, M. Chaussier, ont observé que le nerf femoro-poplité étaitsensiblement accru dans la sciatique , avec développement des veines variqueuses; Desaull et Coop ner n’ont pas remarqué d’altération sensible dans le tissu nerveux, tandis que J^andekeer, Cirïllo , Siebold ont trouvé les nerfs plus gros , plus moux , adématisés, atrophiés, ramollis, infiltrés, jaspés de taches rouges avec dilatation variqueuse de leurs vaisseaux. Les recherches de JBéclard sur les altérations du tissu nerveux ont fait penser à cet auteur que l’infiltration dans les gaines des nerfs , leurs ulcérations, leur réduction en bouillie , en pus , leur transformation en substance cartilagineuse, osseuse, etc., ainsi que l’augmentation de volume des nerfs voisins, étaient le produit de leur inflammation. Grâce aux travaux de ce célèbre anatomiste , qui a confirmé sur cette matière l’opinion du professeur Broussais , la nature inflammatoire des névralgies est mise hors de doute.

l^es irritations des nerfs cérébro- rachidiens

observées jusqu’à ce jour, ont été réunies pour la plupart dans la table synoptique de M. Chaussicr, sur les différentes espèces de névralgie. Première espèce. — Névralgie jrontale . Elle a son siège à la branche orbito- frontale du nerf trifacial et principalement à scs ramifications frontales. La douleur commence souvent au trou sourcillier, se répand aux ramifications qui se distribuent au front , à la paupière supérieure, aux sourcils, à la caroncule lacrimale, à l’angle nasal des paupières , et quelquefois par les anastomoses des ramuscules nerveux , elle se propage à tout un côté de la face. La douleur est le plus ordinairement périodique , intermittente , revient régulièrement tous les jours , plus souvent le soir que le matin , et , après avoir duré trois ou quatre heures , elle cesse entière* ment pour ne paraître que le lendemain (Ch.). Lorsque l'irritation est très-intense, l’œil est douloureux à la lumière; la paupière s’abaisse; les artères voisines battent avec force, les veines se gonflent , et des larmes âcres et brûlantes sont secrétées. D’autres fois la douleur se fait ressentir profondément dans l’orbite, ou à la surface de l’œil, sans qu’elle s’étende au front; dans les paroxismes , l’œil devient plus ou moins rouge ; c’est lophtalmodyniaperiodica de Pleuck.

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Toutes les névralgies frontales n’ont pas une marche aussi régulière : les accès sont plus courte, plus fréquens, et reviennent à des époques plus ou moins éloignées, avec redoublement le soir. Quelquefois l’irritation paraît se fixer particulièrement sur les fdets nerveux de la région du nez, des sinus frontaux, et détermine la sécheresse des cavités nasales, et quelques symptômes de coriza; la douleur est quelquefois toutà-fait irrégulière , dure quelques minutes , revient très-facilement et présente beaucoup d’anomalies dans son intensité , sa durée et son intermittence. Cette névralgie est assez fréquente, quoique d’ailleurs les causes qui lui donnent naissance soient peu connues ; on l’observe particulièrement pendant les saisons froides et humides.

Deuxième espèce. — Névralgie sous-orbitaire . Elle a son siège à la branche sous-maxillaire du nerf trifacial , et elle s’étend de ce point à toutes les divisions de ce nerf. Ce fut André qui, le premier, la décrivit sous le nom de tic douloureux ; dans l’observation rapportée. Maréchal coupa le nerf à sa sortie du trou sous-orbitaire , et le cautérisa ensuite. Ce fut la première opération entreprise pour la guérison complète de la névralgie ; décrite ensuite par Pujol A cher-

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mctn , sous les noms de trismus dolorificus rnaxïllaris, dolor faciei air ox et périma x , connue également sous d’autres dénominations , la névralgie sous-orbitaire est quelquefois précédée de phénomènes précurseurs , ou bien la douleur se développe de suite avec une violence extrême : elle part du trou sous-orbitaire , et s’élance sur les apophyses zygomatiques , sur la joue , s’étend à la lèvre supérieure , à l’aile du nez , à la paupière inférieure, à l’angle nasal des paupières, où , se dirigeant profondément, elle remonte vers le tronc du nerf et parvient aux dents , aux sinus maxillaires , au palais , à la luette , à la base de la langue ; souvent elle s’étend à tout un côté de la face. Pendant les paroxismes, qui ne sont pas ordinairement réguliers , les muscles de ces parties sont agités de mouvemens convulsifs, le malade craint de parler, d’ouvrir la bouche ; car le moindre mouvement rappelle ou excite la douleur ; l’œil est souvent rouge , injecté; les artères battent avec force; les larmes coulent ; les veines se gonflent;' il se développe aussi quelquefois une éruption qui s’étend de la paupière inférieure sur la face;: nous avons observé des épanchemens de sang dans les conjonctives et des éruptions de boutons très-enflammés au-dessous de l’œil, jusqu’à

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la bouche, à la suite de violens accès de cette névralgie. La douleur est toujours excessivement vive , souvent intolérable ; les malades se plaignent de ressentir de violentes commotions , d’éprouver superficiellement ou profondément Faction d’un instrument déchirant , ou d’un feu dévorant. Pendant la violence des paroxismes , qui durent quelquefois une journée entière, la fièvre s’allume ; après l’accès , toute la partie de la face où siège l’affection est engourdie , les mouvemens musculaires sont difficiles, la peau est sensible au toucher ; les accès sont d’ailleurs rappelés avec une extrême facilité , à l’occasion du moindre choc à la face, d’un bâillement, de la mastication, d’une affection morale, d’une contrariété un peu vive , etc. Cette maladie se dissipe lentement sous l’influence d’un traitement perturbateur, ou , tout- à -coup, par les seules, forces de la nature ; la disparition est précédée dans quelques circonstances de phénomènes critiques, tels que d’un écoulement considérable de larmes, de mucus nasal, d’un abondant épistaxis.

Troisième espèce. Névralgie maxillaire. Cette névralgie , plus rare que les précédentes , est presque toujours irrégulière et atypique (Ch.). La douleur a son siège à la branche maxillaire

du nerf trifacial; elle suit les divisions de ce nerf et s’étend au menton, aux lèvres; elle remonte dans le canal maxillaire et parcourt les rameaux que cette branche fournit à la tempe , aux dents,’ aux alvéoles, sous le menton, au côté delà langue. Pendant les paroxismes, les muscles de la partie inférieure de la face , des lèvres , entrent en convulsion ; la douleur est extrêmement vive dans l’os de la mâchoire, le nerf facial paraît souvent être irrité sympathiquement , car les douleurs s’étendent jusque sur le col et l’oreille ; elles sont quelquefois tellement aiguës, que les malades tombent en convulsions.

L’odontalgie , le rhumatisme des muscles de la face , pourraient être confondus , en quelques cas difficiles , avec les névralgies antécédentes, mais la nature de la douleur qui présente des rémissions complètes dans les irritations nerveuses, qui s’élance d’un point déterminé, et parcourt les divisions des nerfs, et puis l’absence ordinaire des phlegmasies locales qu’on observe habituellement dans les cas d’odontalgie , ainsi que la douleur fixée à une ou plusieurs dents , sans rémission bien apparente, et dont la violence est beaucoup moins forte que dans les névralgies; les abcès des gencives, les irritations extérieures, les fluxions des joues, la rougeur,

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la tension de la peau, doivent servir à établir mi diagnostic positif. Quant au rhumatisme , les circonstances antécédentes, la différence des douleurs vives, aiguës, poignantes et rémittentes de la névralgie, ainsi que l’exaspération des phénomènes inflammatoires pendant la nuit, seront ordinairement sufflsans pour distinguer ces affections l’une de l’autre ; la méprise n’entraînerait pas, au reste, de danger pour le malade, attendu que le rhumatisme exige des moyens thérapeutiques à peu près analogues à ceux de la névralgie. Cependant il est des cas difficiles dans lesquels le médecin doit être incertain et embarrassé, mais la prudence l’oblige à attendre et à observer attentivement, avant de mettre en usage des moyens inutiles ou dangereux. Il y aurait ineptie et barbarie à mutiler les malades par des opérations douloureuses, lorsqu’on n’est pas assuré du siège et de la nature de l’affection morbide.

Quatrième espèce. Névralgie ilio- s crotale. MM. Chaussier , Fdcherand et Delpech ont observé cette névralgie : le siège de la douleur est aux rameaux de la première paire lombaire qui descendent sur les muscles psoas et iliaque , accompagnent le cordon testiculaire et se ramifient dans le scrotum. Dans le cas rapporté par

M. Delpech , la douleur se manifestait particulièrement à la partie postérieure et supérieure de la grande lèvre droite; d’après les deux observalions de M. Chaussier , la douleur était fort vive, revenait tous les jours avec rétraction du testicule, resserrement du scrotum, sans altération de la secrétion urinaire.

Cinquième espèce. Névralgie fémoro -poplité (sciatique), ischias nervosa postica ( cotugno ). Elle a son siège au nerf fémoro-poplité ; le plus ordinairement la douleur part de l’échancrure ischiatique, où se trouve le tronc du nerf, et de là se répand , en suivant ses ramifications , à la face poplitée de la cuisse , se propage sur le bord péronier de la jambe; mais , d’autres fois^ elle semble partir du pied pour remonter vers la cuisse. Dans le commencement, la douleur est souvent continue , ou n’a que des rémissions courtes ; mais , par la suite, elle devient intermittente, irrégulière > se renouvelle surtout le soir et la nuit ( Ch. ).

Cette névralgie, la plus commune de toutes, affecte ordinairement les vieillards, et particulièrement ceux qui jouissent d’une sensibilité nerveuse considérable; elle se développe pendant les saisons humides et froides, se dissipe quelquefois pendant l’été et revient l’hiver;

l’habitation dans des lieux bas et humides étant une des causes les plus ordinaires du développement de cette affection, tous les individus qui, par état, ont les extrémités inférieures plongées dans l’eau ; les marins , les pêcheurs et surtout les ouvriers employés au flottage des trains de bois et au déchirage des bateaux , y sont trèssujets, Le refroidissement , lorsqu'on est en sueur; l’impression d’un air froid pendant le sommeil, développent facilement cette névralgie, comme on Fa observé chez les militaires, principalement dans les dernières guerres ; on l’a vu souvent dans des circonstances analogues alterner avec les douleurs rhumatismales, ou affecter en même temps un des membres; en effet l’action continuée du froid, la nuit au bivouac , est certainement la cause la plus puissante de l’irritation inflammatoire des tissus nerveux et musculaires. Pendant les paroxismes, les organes gastriques s’irritent , la langue devient sale, pâteuse ; le malade perd l’appétit, etc. ; ces symptômes consécutifs persévèrent encore après l’accès, lorsqu’il a été violent, et les douleurs reparaissent facilement le soir ou la nuit; leplus léger froid, la chaleur du lit, une affection morale , suffisent pour les rappeler. Lorsque l’art n’a pu triompher de cette maladie , l’intensité

des paroxismes diminue , et la névralgie passe , pour ainsi dire , à un état chronique ; les rémissions sont courtes ; la cuisse et la jambe maigrissent et s’atrophient ; la marche est pénible, et le poids du corps est supporté difficilement sur l’extrémité douloureuse. Les organes gastriques incessamment irrités, rendent les digestions difficiles et laborieuses. Cette névralgie se convertit quelquefois en phlegmasie musculaire ou cutanée; elle se déplace plus rarement, et dans ce cas , elle se porte de préférence sur le nerf fém oro-pré tibial. Un vieillard de quatre-vingts ans, chevalier de Saint-Louis, était affecté, depuis six années , d’une irritation du nerf fémoropoplité de la cuisse droite ; les souffrances , d’abord fort vives, s’étaient affaiblies, mais, dans l’intervalle des paroxismes , il éprouvait des douleurs sourdes , profondes , qui rendaient la marche pénible; ces douleurs, fixées sur le nerf à sa sortie de l’échancrure ischiatique , s’étendaient à toute la partie postérieure de la cuisse, et cessaient entièrement à l’endroit où le nerf sc contourne au-dessus de la tête de l’os péroné. Le traitement anti phlogistique et révulsif avait été mis inutilement en usage, la maladie persistait, lorsque tout-à-coup, sans cause appréciable, et après six ans de durée, les douleurs

se calmèrent dans la partie postérieure de la cuisse, et se firent ressentir aussitôt dans faine droite, à la partie antérieure du membre , jusqu’à la rotule. Le traitement de cette nouvelle névralgie n’eut aucun succès, et nous perdîmes tout espoir de guérison , lorsque le malade , après s’ètre exposé à faction du froid humide , éprouva, en peu de jours, un gonflement énorme de la cuisse et de la jambe opposées ; la peau était tendue, rouge, luisante; le tissu cellulaire sous-cutané engorgé, et le malade se plaignait d’une sensation de brûlure , etc. ; du reste , la névralgie de la cuisse droite avait totalement disparu. M. Treille , appelé en consultation, conseilla l’application dés sangsues en grand nombre , et à diverses reprises, sur le trajet des vaisseaux ; nous fîmes faire des fomentations émollientes , et nous prescrivîmes le traitement général des maladies aiguës; fl inflammation érésypelato-phlegmoneuse se dissipa , mais la névralgie fémoro -poplitée reparut aussitôt après ; ce respectable vieillard en souffrit jusqu’à la fin de sa vie, que termina une apoplexie dont l’opération de la hernie inguinale étranglée fut cause occasionnelle.

Un rhumatisme fixé sur la cuisse peut simuler la névralgie, d’autant plus facilement que le

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rhumatisme lui-même se complique quelquefois de névralgie. Mais celle-ci est accompagnée de douleurs vives, violentes, intermittentes, qui suivent les divisions du nerf et que la pression augmente dans leur trajet ; l’inflammation des muscles développe du gonflement , souvent de la rougeur, de la chaleur sans exacerbations marquées; la douleur occupe toute l’épaisseur du membre , et ne parcourt pas avec la rapidité de l’éclair les divisions des nerfs locomoteurs. La goutte et les luxations spontanées du fémur pourraient faire croire , dans quelques cas difficiles , à l’existence d’une névralgie , si un examen plus attentif ne suffisait pas toujours pour éclairer le praticien sur la nature et le genre de l’affection pathologique.

Sixième espèce. — Névralgie fémoro prétibiale. La douleur est perçue dans l’aine, et se porte sur les parties antérieures et internes de la cuisse , jusqu’à la rotule , et descend le long de la partie interne de la jambe , jusqu’à la face susplantairc du pied , en suivant les divisions de la branche tibio - cutanée. Cette névralgie est moins commune que la précédente ; elle cède plus facilement aux moyens curatifs.

Septième espèce. — Névralgie plantaire. Elle est fort rare. M. Chanssier l’a observée une fois

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sur une personne de cinquante ans : la douleur était bornée aux nerfs de la plante des pieds; elle était irrégulière , atypique, et revenait par accès plus violens le soir et la nuit ; après avoir duré plusieurs mois^ elle cessa tout- à-coup, et la malade fut attaquée d’une névralgie sous-orbitaire , qui désorganisa les dents au point qu’elles devinrent pulvérulentes et tombèrent en éclats. La névralgie de la face se dissipa ensuite , mais celle du pied reparut. M. Chaussier diminua l’intensité de la douleur en prescrivant les bains et la diète lactée.

Huitième espèce. — Névralgie cub ilo- digitale „ Celte névralgie est la seule qu’on ait observée au bras; la douleur s’étend de l’espace qui existe entre l’épitrochlée et l’olécrane, où passe le nerf, à la partie antérieure et interne de l’avantbras , en suivant ses divisions. Elle se fait ressentir au bord cubital de la main.

Neuvième espèce. — Névralgies anomales .

M. Chaussier comprend sous cette dénomination toutes les douleurs qui se développent à la suite d’une piqûre , d’une blessure d’un blet nerveux ; comme on l’a observé nombre de fois après une saignée du bras, du pied, de la veine jugulaire; celles qui proviennent de la présence d’un tubercule , d’un ganglion situé dans l’é-

paisseur de la peau, d’un corps étranger introduit fortuitement, lorsqu’ils compriment ou blessent un nerf; enfin M. Chaussier regarde comme névralgies anomales toutes les douleurs qui se développent sans inflammation , sans fièvre , à la suite des coups , des chutes , des contusions sur la tête ou d’autres parties du corps, lorsque, indépendamment de l’empâtement, des taches rouges, livides , ils occasionnent des douleurs sourdes que la pression augmente , des céphalées , des vertiges, des spasmes et des convulsions.

Il doit y avoir autant de névralgies qu’il y a de nerfs , mais on ne les a pas observées toutes encore. Siebold a vu une névralgie intercostale chez une fille : la douleur vive , irrégulière , qui persista pendant toute sa vie , suivait le trajet du nerf entre la huitième et la neuvième côte. Après la mort , on trouva le nerf rougeâtre et atrophié. MM. Fouquier et JSicod ont signalé , depuis quelques années, d’autres névralgies thoraciques ; M. Coussays a publié l’observation d’une névralgie lombaire. La douleur opiniâtre et irrégulière s’étendait de la première paire lombaire du côté gauche , à la crête de l’os des isles. Les accès se compliquaient d’irritation gastro-intestinale. M. Barras a également observé une né-

vraigie spermatique ; la partie inferieure du cordon spermatique, l’épididyme gauche étaient le siège de douleurs violentes, qui augmentèrent au point d’enflammer le testicule. Bans les paroxismes , elles s’étendaient à la fesse , h la cuisse , à la jambe , à la vessie et à l’urètre ; elles occasionnaient des envies fréquentes d’uriner , produisaient l’insomnie et la perte d’appétit. Ces deux dernières névralgies paraissent être seulement des variétés de la névralgie ilio-scrotaie du professeur Chaussler.

Les névralgies sont en général très-difficiles à guérir, surtout lorsqu’elles sont anciennes. Celles qui attaquent les nerfs de la face et des extrémités supérieures sont moins rebelles à l’action des agens thérapeutiques que les névralgies des extrémités inférieures. La fémoro poplitée , par exemple , est d’une extrême opiniâtreté : elle occasionne , lorsqu’elle persiste , une paralysie incomplète des muscles de la cuisse , l’atrophie des membres et la claudication. Elles sont rarement mortelles , à moins qu’elles ne provoquent des inflammations et des désorganisations dans les viscères; quand elles se compliquent avec le rhumatisme et la goutte , le cas est beaucoup plus grave , et la maladie est tout-â-fait incurable. Il en est de même des vieilles névralgies

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mal traitées , ou négligées. Le traitement a été pendant long-temps plus empirique que rationnel. On a proposé des milliers de recettes particulières qui produisaient peu d’effet et augmentaient parfois la maladie, en irritant violemment les organes de la digestion, car la plupart des spécifiques vantés par l’ignorance et la crédulité sont des excitans énergiques du système gastrique. Les médicamens qui semblent être le plus en harmonie avec la nature de l’affection pathologique , sont les anti - phlogistiques : ceux-ci doivent toujours précéder remploi des révulsifs et des autres modificateurs. On conseille la saignée générale lorsque le sujet est jeune , fort , pléthorique ; les saignées locales pratiquées sur la trajet des nerfs ; on a généralement peu de confiance dans ce dernier moyen; mais si on a échoué , le manque de succès provenait souvent de ce que la saignée locale n’ayant pas été assez copieuse , on se hâtait de recourir trop tôt à la révulsion. Les saignées locales , pour être suivies d’heureux résultats, doivent être abondantes et souvent répétées , d’après l’âge , la force du sujet, d’après l’ancienneté et l’intensité de la névralgie; on doit favoriser l’écoulement du sang au moyen des fomentations chaudes , et seconder l’effet de la débilitation

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partielle, à l’aide d’un régime doux, léger, composé de lait , de légumes , de fécules , de boissons émollientes , etc. On conseille également l’application des ventouses scarifiées sur le trajet des nerfs , les topiques émolliens opiacés, les cataplasmes avec la belladone , la morelle , avec la graine de lin , fortement arrosés de laudanum liquide de Sydenham. Les bains de vapeurs humides, les bains tièdes , réussissent assez souvent dans les névralgies récentes. Le traitement anti-phlogistique calme les douleurs , mais ne suffit pas toujours pour les enlever; c’est alors qu’il faut avoir recours aux révulsifs extérieurs , tels que frictions , vésicatoires , moxas , exutoires ; les frictions stimulantes avec la teinture de cantharides , l’ammoniaque ou les liquides alcooliques ont produit de bons effets ; les vésicatoires appliqués sur le trajet du nerf ont quelquefois réveillé les douleurs, parce que le malade n’avait pas été préalablement préparé à la révulsion, et qu’on n’avait pas opéré un dégorgement assez abondant des capillaires. On peut toutefois remédier à l’état d’irritation que développent les vésicatoires, en faisant appliquer de nouvelles sangsues sur les parties malades. De petits abcès phlegmoneux formés naturellement aux environs des parties affectées ont enlevé des né vrai-

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gies ; les médecins témoins de ces succès ont imité la nature en plaçant des exutoires le plus près possible des nerfs irrités. Les cautères sont les plus commodes et les moins douloureux ; on a également employé , dans le meme dessein , la pommade stibiée en frictions ; mais il faut que cette pommade soit forte en tartre stibié et composée de parties égales d’axonge et de sur-» tartrate antimonié de potasse ; les frictions doivent être faites trois fois par jour, jusqu’à ce que l’éruption des boutons soit complète. Le révulsif le plus énergique, celui dont on a tiré de grands avantages , est le moxa. Des faits bien prouvés attestent la puissance de ce moyen. On brûle plusieurs cylindres de coton , ou mieux encore les moxas japonais que M. Sarlandière a mis en vogue, sur le trajet des nerfs douloureux; on doit entretenir la suppuration et brûler d’autres moxas jusqu’à ce que les douleurs s’apaisent. Les révulsifs extérieurs sont donc des moyens utiles et précieux dans le traitement des névralgies , quoique leurs succès soient d’ailleurs subordonnés au degré et à l’ancienneté de la maladie.

Quant au traitement intérieur, il doit être anti-phlogistique dans les névralgies récentes; les boissons adoucissantes, le lait coupé, les infu-

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sions chaudes émollientes , etc. , sont les meilleurs anti spasmodiques; pendant lesparoxismes, les préparations opiacées ont un avantage réel : elles diminuent la sensibilité , émoussent la vivacité des douleurs. Ce sont, au reste, des palliatifs qui ne peuvent rien sur le siège du mal. Les pilules composées de parties égales d’oxide de zinc, d’extrait de jusquiame noire, de racine de valériane sauvage , ont été employées par M. Méglin dans un assez grand nombre de névralgies, à très-haute dose. Ces pilules ont le grave inconvénient d’irriter les organes gastriques : elles ne présentent , suivant nous, d’autres avantages que de stupéfier le système nerveux. Elles doivent donc être prises avec discrétion comme tous les autres médicamens opiacés. Le musc, l’assa fœtida , le castoreum, l’éther, les gouttes anodines d’Hoffmann et les anti-spasmodiques en général produisent peu d’effets. Les purgatifs et les stimulans, administrés à l’intérieur, sont dangereux, parce qu’ils enlèvent rarement l’irritation des nerfs, et qu’ils enflamment toujours le canal intestinal. L’huile essentielle de térébenthine mérite cependant une distinction : M. liécamier en a tiré des avantages réels, quoique d’autres médecins n’en aient obtenu aucun succès. L’état des voies gastriques doit , au reste,

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servir de guide pour l’emploi de ce médicament. Bans les névralgies, comme dans toutes les autres affections de l’extérieur du corps , loin d’employer les stimulans à l’intérieur, lorsque le canal intestinal est irrité, on doit combattre cette irritation consécutive, au moyen des adoucissans et des émoîliens ; le temps guérira la névralgie , le temps ne guérira pas les irritations viscérales sans cesse exaspérées, ni les désorganisations qui en sont la suite. On doit donc s’empresser à détruire les congestions viscérales , en taisant appliquer des sangsues sur les organes secondairement malades , en prescrivant un traitement anti-phlogistique général, et un régime très-doux : le traitement de la maladie principale deviendra plus facile, et on n’aura pas à craindre des complications souvent mortelles. On a proposé, pour remédier aux névralgies rebelles à Faction des moyens rationnels, et dont les accès se renouvellent sans cesse , le quinquina, le camphre, l’antimoine, l’arnica, l’ammoniaque, les préparations mercurielles , l’huile de dippel, l’acide hydrocyanique , les eaux minérales chaudes , salines , sulfureuses, employés à l’intérieur et à l’extérieur, etc. : tous ces rnédicamens sont dangereux , et s’ils ont produit quelquefois d’heureux résultats, c’est en exaltant

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Faction des dépurateurs , en excitant des sueurs , des sécrétions ou d’abondantes évacuations. La résistance des névralgies à la puissance des moyens thérapeutiques a sans doute donné naissance à l’opération à Faide de laquelle on guérit la maladie , en détruisant l’organe au moyen du fer ou du feu. Maréchal fut le premier chirurgien qui tenta l’opération de la névrotomie sur le nerf sous-orbitaire. Depuis cette époque, beaucoup d’autres médecins ont pratiqué la section du même nerf, et n’ont pas obtenu le succès qu’ils en espéraient. Cette opération est assez généralement abandonnée maintenant , parce que, indépendamment des accidens qui sont survenus lorsque le nerf n’a pas été compris dans la section , les douleurs reparurent et se renouvelèrent souvent avec autant de violence qu’avant l’opération.

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