‹ Maladies nerveuses des auteurs, rapportées à l'irritation de l'encéphale, des nerfs cérébro-rachidiens et splanchniques, avec ou sans inflammationChapitre 22 sur 51 · DE LA CHORÉE · texte numérisé non relu

DE LA CHORÉE

chose à la bouche, le malade exécute, avant d'y parvenir, mille gestes ridicules qui éloignent l’objet du but qu’il voudrait atteindre , et quand il y parvient , c’est avec peine , et brusquement.

La chorée est le produit d’une irritation légère et directe du cerveau, ou l’effet secondaire et sympathique de l’irritation des viscères digestifs réagissant sur l’encéphale. Cette maladie est toujours dangereuse, on doit, en effet, craindre l’extension de l’érection vitale morbide, c’est-à-dire le développement du délire , de la folie, de l’épilepsie et de l’apoplexie.

Avant la doctrine physiologique, le traitement de cette affection était abandonné à l’empirisme, ou était dirigé suivant les fausses doctrines admises par les auteurs. Sydenham employait la saignée et les purgatifs; Gar danne, l’électricité ; d’autres médecins ont conseillé les toniques pour remédier à l’asthénie musculaire , et les antispasmodiques pour dissiper les phénomènes nerveux. Fidèles aux principes de l’ontologie , ils ont combattu les symptômes et n’ont fait aucune attention à la lésion organique qui les entretenait.

Le cerveau est irrité, et de cette irritation dérivent tous les symptômes morbides , c’est donc contre elle que doivent être dirigés les

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moyens thérapeutiques : ces moyens sont , les saignées locales pratiquées au col , aux tempes, derrière les oreilles ; les bains de pieds sinapisés , l’exercice , une alimentation douce et légère, les bains tièdes; mais si la chorée dépend d’un état morbide des viscères digestifs, on recommande alors de combattre l’affection primitive, à l’aide de moyens appropriés. Quant aux anti-spasmodiques, tels que le camphre , la valériane, l’assa-fœtida, l’opium, les qualités excitantes de ces modificateurs doivent rendre les praticiens très-circonspects sur leur usage,

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De lEpilep sic.

L’irritation de l’encéphale détermine souvent, dans les appareils locomoteurs, des mouvernens convulsifs permanens ou intermittens ; les convulsions intermittentes , lorsqu’il s’y joint perte de connaissance , ont été désignées sous le nom d’épilepsie. Les malades affectés de cette cruelle maladie ressentent quelquefois la sensation d’une vapeur qui , s’élevant cl’une partie du corps , se porte vers la tête. Alors ils perdent subitement connaissance ; d’autres fois ils ne sont pas avertis de l’invasion de l’ac-

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ces ; ils tombent à terre et éprouvent de violentes convulsions, ils se débattent, se contournent , se roidissent ; la face devient rouge, vultueuse , comme lorsqu’on fait de grands efforts ; les mâchoires sont serrées l’une contre l’autre ; et, dans leurs mou verrions de diduction à droite et à gauche , les dents , fortement pressées les unes contre les autres, se heurtent violemment et même se brisent ; la langue , pressée sous les arcades dentaires , peut être coupée , déchirée ; le malade fait entendre des sons sourds , inarticulés , des gémissemens effrayans ; une écume mousseuse et sanguinolente, rejetée avec peine de la bouche , se répand sur les lèvres; les muscles de la face sont agités de convulsions qui lui donnent un masque horrible ; les cheveux se hérissent ; l’œil roule dans l’orbite , ou bien il est fixe ; les paupières s’abaissent , se relèvent avec vitesse; la contraction des paupières est quelquefois tellement forte , qu’on peut à peine les ouvrir; la tête est projetée en arrière, en avant; elle se renverse et se maintient quelque temps roide , comme on l’observe dans le tétanos; le pouls est vif, petit, serré, intermittent; les mouvemens de la poitrine sont pressés ; le diaphragme paraît être immobile ; les extrémités s’agitent , se roidissent par intervalle et restent

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dans un état fixe qu’interrompent bientôt de nouveaux mouvemens désordonnés ; les convulsions sont toujours plus fortes dans un des côtés du corps. Pendant ces accès , la rétine devient insensible a la lumière ; la peau peut être impunément pincée , coupée , brûlée , sans que l’épileptique témoigne de la douleur; en générai, les sens sont frappés d’insensibilité pendant toute la durée de l’attaque.

Les accès persévèrent cinq à dix minutes ; quelquefois une demi-heure et même au-delà ; et , lorsque les épileptiques reprennent connaissance , ils n’ont aucune idée de ce qui s’est passé ; quelques-uns vaquent de suite à leurs affaires, d’autres , fatigués , brisés , contus , tombent dans un accablement extrême et se livrent au sommeil. Les accès reviennent à des époques indéterminées , tous les mois , toutes les semaines ; ils tendent généralement à se rapprocher et deviennent de plus en plus violens.

Les causes occasionnelles agissent directement ou sympathiquement sur le cerveau ; les passions , les émotions vives et en général toutes les causes directes d’excitation physiques et morales de l’encéphale peuvent développer l’épilepsie. L’irritation ou l’inflammation des viscères de l’estomac, des organes génitaux, déterminent

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aussi sympathiquement une excitation morbide , une congestion sur l'encéphale , qui donnent naissance à tous les phénomènes épileptiques.

La nature triomphe quelquefois de la congestion au moyen de révulsions naturelles sur la peau , ou d’hémorragies accidentellementsurvenues. Mais cette maladie résiste le plus ordinairement aux efforts de la nature et à la puissance de l’art. Elle fait de continuels progrès , et les maladespérissent pendant une attaque, soit d’une rupture du cœur , d’un épanchement dans les bronches, ou d’apoplexie, ou bien les accès se répétant sans cesse, l’inflammation se développe dans la pulpe cérébrale, qui se désorganise , alors les épileptiques sont frappés d’une paralysie partielle ; ils deviennent imbécilles , et presque tous succombent à la paralysie et l’apoplexie.

L’ouverture des corps offre des lésions d’autant plus graves, que la maladie a été plus longue et plus intense. Lorsque l’épileptique a succombé dans les premiers accès , le cerveau ne présente aucune altération ; les phénomènes convulsifs étaient le résultat d’une congestion momentanée qui se dissipait : l’irritation n’a pas persisté assez de temps pour altérer la substance cérébrale ; mais quand la maladie a persévéré en s’exaspérant, on trouve alors , indépendamment

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des alterations des organes digestifs, tous les désordres qui sont la suite de rinflammation du cerveau , tels que l’induration , ]e ramollissement, des épanchemens de sang, de lymphe et de sérosité, ou des concrétions osseuses développées sur la dure-mère , qui compriment et blessent la substance cérébrale. Ces faits d’anatomie pathologique se trouvent consignés pourla plupart dans les écrits de Morgagni , Bonet, Meckel,Eoerhaaçe , Bauhin, M .Esquîrol , etc. Si ces désordres et beaucoup d’autres qu’on rencontre d’ailleurs dans toutes les irritations cérébrales prolongées n’expliquent pas plus le développement de l’épilepsie, que de la folie et des autres maladies de l’encéphale , ils ne laissent aucun doute , conjointement avec la nature des causes et l’influence du traitement, sur le siège et la nature de l’affection.

Quelques difficultés qu’on ait éprouvé à guérir les malheureux affectés de cette maladie, les médecins doivent maintenant concevoir un espoir fondé de guérison, depuis que l’épilepsie, rejetée de la classe des névroses, figure au nombre des irritations et des phlegmasies du cerveau, et que le traitement est dirigé contre l’irritation morbide, et non pas contre une simple maladie nerveuse. L’ancienneté de l’épilepsie présentera toujours

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des obstacles insurmontables ; mais ce sera un assez beau triomphe pour la médecine physiologique d’arrêter dans leur début les symptômes et les progrès d’une affection aussi formidable , de prévenir. l’inflammation et la désorganisation, à l’aide d’un traitement rationnel, comme l’ont déjà tenté avec succès des médecins dont les observations sont consignées dans les annales de la médecine physiologique ; mais en général l’épilepsie est d’autant plus curable , qu’elle est récente, qu’on peut lui assigner une cause , qu’elle dépend d’un état de pléthore ; celle qui provient d’une émotion très-vive , telle que la peur, ou qui survient tout-à-coup sans cause, résiste ordinairement à la puissance des moyens thérapeutiques les plus énergiques. Lorsqu’elle a duré fort long-temps et qu’elle a déterminé un état de pa*ralvsie ou d’imbécillité , elle est incurable , attendu que la pulpe du cerveau est alors plus ou moins profondément altérée.

On conseille généralement aux épileptiques deportersureux unllacon rempli d’ammoniaque, et de le respirer lorsqu’ils sentent l’invasion de l’accès ; quoique peu rationnel , ce moyen réussit quelquefois. Pendant les accès , on doit desserrer les vêtemens qui gênent la circulation capillaire , placer, s’il est possible , un tampon de

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linge entre les dents, pour éviter que l’épileptique ne se les brise , ou qu’il ne se coupe la langue. Il doit être maintenu sur un matelas sans être garotté; il est prudent d’éloigner de sa présence touteslespersonnes nerveuses, impressionnables, que ce spectacle effrayant et hideux pourrait faire tomber en épilepsie. On conseille , pendant l’intervalle de l’accès , la saignée générale et locale , lorsque le sujet est pléthorique , les bains de pieds très-stimulans souvent renouvelés, et de rappeler les hémorragies et les exanthèmes supprimés , au moyen des révulsifs ; d’appliquer sur le côté de la tête qui présente le plus de chaleur, des sangsues, et des ventouses scaxifiées sur le col. Lorsque le point d’irritation persiste dans le cerveau , le séton passé à la nuque, les moxas brûlés sur le cuir chevelu , ont déjà produit de bons effets. On doit d’ailleurs , suivant les cas, revenir aux saignées locales pratiquées sur les sutures des os du crâne. Quand l’épilepsie fait suite à l’irritation des voies digestives, on conseille d’agir en premier lieu sur le canal intestinal, puis ensuite sur le cerveau. La première dentition donne quelquefois naissance à l’éclampsie : il faut alors calmer les convulsions en incisant les gencives , et faire appliquer des sangsues derrière les oreilles, aux tempes, et,

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des sinapismes aux pieds et aux jambes. Lorsqu’après avoir combattu avec opiniâtreté et persévérance toutes les causes locales d’irritation , on n’obtient aucun succès , on est alors obligé d’avoir recours à la méthode perturbatrice empirique. Les auteurs recommandent les substances fétides, en général , la racine de valériane , la gomme ammoniaque , le castoreum , le musc, la pivoine, l’assa-fœtida. Toutes ces substances exercent sur le canal intestinal une action inexplicable ; ensuite les sels cuivreux , le nitrate d’argent, le phosphore, qui excitent une révulsion en provoquant de violentes gastrites , puis le sulfate de zinc, de fer, l’huile de térébenthine. L’action de ces médicamens ne s’explique pas mieux ; ils purgent , provoquent des sueurs et stimulent le système nerveux d’une manière particulière et différente. On conseille également l’acétate de plomb et le quinquina : le sel agit comme sédatif, et l’écorce comme tonique fixe.

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De la Catalepsie.

Cette maladie , classée dans la Nosographie de M. Pinel, au nombre des névroses des fonctions cérébrales , est encore l’un des modes de

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