‹ Maladies nerveuses des auteurs, rapportées à l'irritation de l'encéphale, des nerfs cérébro-rachidiens et splanchniques, avec ou sans inflammationChapitre 24 sur 51 · DES IRRITATIONS DES NERFS SPLANCHNIQUES AVEC OU SANS INFLAMMATION · texte numérisé non relu

DES IRRITATIONS DES NERFS SPLANCHNIQUES AVEC OU SANS INFLAMMATION

Les viscères contenus dans les cavités de l’abdomen et du thorax jouissent d’une action indépendante de la volonté. Ils doivent cette faculté aux nerfs ganglionnaires , qui forment par leur réunion un système nerveux à part , dont la destination est de présider à toutes les fonctions viscérales , de les régulariser, de les associer les unes aux autres, de manière à ce qu’il y ait entre elles une communauté d’actions et de réactions.

Les viscères qui préparent les matériaux de la nutrition , et qui les répandent ensuite par mille canaux dans toutes les parties de l’organisme, sont en général circonscrits dans le domaine du grand sympathique , et sont affranchis , quant à leur mode d’action , de l’influence du cerveau ; tels sont l’estomac , les intestins , le cœur, etc.; maisles organes qui reçoiventdes nerfs splanchniques et des nerfs cérébro -rachidiens

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considérables sont places sous la dépendance de ces deux systèmes sensitifs : la volonté peut alors disposer des viscères , tant que ceux-ci ne sont pas forcés à des mouvemcns impérieux ; autrement, le besoin instinctif l’emporte , et les viscères triomphent , comme on le remarque pour l’accouchement, le vomissement, le besoin de la respiration et dans une infinité d’autres actes dont le moi peut bien retarder l’accomplissement , mais qu’il ne peut pas empêcher.

Lorsqu’une irritation morbide se développe dans les appareils viscéraux , elle ne se borne pas seulement aux nerfssplanchniques, les sympathies l’irradient sur le cerveau et dans le système nerveux musculaire, d’où résultent des spasmes, des convulsions générales ou partielles ; l’irritation des nerfs viscéraux est donc associée à l’irritation des nerfs de relation , de manière que les névroses intérieures sont toujours accompagnées de phénomènes de relation d’autant plus intenses, que l’affection viscérale est plus vive.

Les irritations nerveuses splanchniques sans inflammation ne sont pas aussi communes qu’on le pense vulgairement , et les auteurs ont généralement pris pour telles, les désordres locaux et sympathiques que les phlegmasics viscérales déterminent ; l’erreur n’eut peut-être pas été com-

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mise, si les nerfs ganglionnaires eussent joui d’une sensibilité analogue à celle des nerfs cérébraux; mais cette identité n’existe point et ne peut pas exister, autrement les fonctions seraient troublées à chaque instant; aussi l’auteur de toutes choses a-t-il voulu qu’elles s’exécutassent sans que l’homme puisse en avoir la conscience. Les phlegmasies de ces organes , en raison de cette modification de la sensibilité , ont dû revêtir une physionomie particulière dont on se serait aperçue , si on n’avait pas pris pour type de toute inflammation les quatre symptômes, douleur, rougeur, chaleur, tumeur ; mais comme ces caractères manquent souvent dans les phlegmasies intérieures , on n’a point rallié les symptômes organiques et sympathiques à l’irritation des organes , et on* a créé des maladies essentielles, c’est-à-dire existant par elles-mêmes: cette erreura été commise pour les phlegmasies aiguës viscérales , dont on a fait des maladies primitives , pour les phlegmasies chroniques qu’on a transformées en débilité , en vice organique , ou en névrose lorsque l’irritation inflammatoire développée chez un sujet névropathique s’accompagnait d’une exaltation locale et générale du système sensitif.

Mais les viscères, sous l’influence des stimu-

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îans , ne passent pas constamment à l’état inflammatoire ; ils peuvent acquérir un degré d’irritabilité et de sensibilité qui les rendent des foyers d’irritation d’où partent des irradiations sympathiques d’autant plus redoutables , que les organes les plus nerveux des cavités splanchniques partagent bientôt l’état du viscère primitivement affecté, et de telle manière , que l’irritation des organes secondaires, même de la matrice, influence d’abord les principaux viscères avant d’ébranler le centre de perception. Ce concensus d’actions dépend de la solidarité de ces organes tous intimement unis par le même système nerveux , le grand sympathique.

Si on examine la succession des phénomènes et des changemens locaux qui surviennent dans les viscères affectés d’irritation nerveuse , on remarque que cette irritation devient , dans un temps plus ou moins long, inflammatoire; en effet , ces organes ne contiennent pas seulement la matière nerveuse , iis ont également divers ordres de vaisseaux rouges et blancs , et c’est la fusion de ces parties qui constitue la trame de l’organe. Il est difficile de concevoir que l’irritation puisse constamment persévérer sur une des parties constituantes , sans que les autres ne partagent bientôt l’état morbide, lorsque les

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modificateurs stimulans sont sans cesse en action sur elles et exaltent constamment leur vitalité'. Aussi remarque-t-on que les névroses qui ne sont pas assez violentes pour déterminer de grands troubles nerveux, l’asphyxie ou une congestion cérébrale , deviennent mortelles par l’inflammation consécutive et la désorganisation rouge et blanche. Les palpitations nerveuses habituelles conduisent à la phlegmasie , à l’hypertrophie du cœur ; l’hystérie produit également l’inflammation et la désorganisation de la matrice, etc. Le raisonnement justifie donc cette manière d’envisager la marche des névroses viscérales , et l’examen des cadavres la sanctionne.

En définitive , la plupart des névroses viscérales des auteurs dépendent de l’inflammation aigue, subaiguë, chronique , pyrétique ou apyrétique : l’irritation peut néanmoins être essentiellement nerveuse ; mais quand elle se prolonge, elle devient ordinairement inflammatoire; •%

toutes ces névroses sont actives; elles ne peuvent être passives que dans ceux de ces organes oii prédominent les nerfs cérébro-rachidiens. La paralysie complète de l’estomac, des intestins, des poumons et du cœur n’est autre chose que la mort.

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DES IRRITATIONS DES ORGANES DIGESTIFS ET DE LEURS ANNEXES, AVEC OU SANS INFLAMMATION,

Névroses du Pharynx et de l'Œsophage*

Le pharynx, placé sur les limites de la vie organique et de la vie animale , reçoit des nerfs du grand sympathique et du cerveau ; il est donc passible de la névrose active et passive ; l’irritation nerveuse accompagne toujours la pharyngite aigue ; mais lorsqu’elle ne dépend pas d’une inflammation locale , elle est alors symptomatique d’une excitation ou de la phlegmasie de Fencéphale et des viscères abdominaux. Les passions fondées sur la douleur, lorsqu’elles sont sans réaction, déterminent presque constamment la constriction spasmodique du pharynx, et les personnes affectées de ces passions ressentent une augmentation de sensibilité; elles éprouvent également des mouvemens instinctifs qui tendent à faire cesser le spasme. Dans la peur, la crainte , l’effroi , la tristesse, l’humiliation , le cœur est serré, le pharynx est constringé de manière que la circulation et la respiration se font difficilement; ces effets sont

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