‹ Maladies nerveuses des auteurs, rapportées à l'irritation de l'encéphale, des nerfs cérébro-rachidiens et splanchniques, avec ou sans inflammationChapitre 49 sur 51 · DES NÉVROSES UTÉRINES · texte numérisé non relu

DES NÉVROSES UTÉRINES

vénérienne, ou qu’elles se sont livrées à la masturbation, alors l’excitation des organes génitaux, en raison de leur organisation éminemment vascuîo-nerveuse , de leur exquise sensibilité, devient excessive; la volonté ne peut plus réprimer les désirs, la folie se déclare, l’instinct dépravé dompte l’intelligence , et la femme se livre aux excès les plus honteux, à la prostitution la plus dégoûtante. L’homme s’abandonne rarement au délire d’une imagination libidineuse, il résiste aux mouvemens instinctifs; plus maître de lui, il commande et maîtrise ses passions, avantage précieux qu’il doit à son organisation cérébrale et à l’empire de sa raison et de ses facultés intellectuelles; mais l’irritation nerveuse ou vasculo-nerveuse de l’appareil utérin ne provoque pas toujours la fureur utérine ou la nymphomanie ; cette irritation morbide réagit sur les organes digestifs, sur le cœur, sur le cerveau, sans d’ailleurs qu’il y ait aucun désir, et produit des phénomènes organiques et sympathiques dont l’ensemble constitue l’hystérie.

Les femmes supportent mieux que les hommes les excès de la jouissance , parce que chez elles il n’y a point de véritable déperdition de semence; mais la répétition du coït, de l’onanisme , irrite facilement la vulve, le col de la matrice, les en-

DE LA STÉRILITÉ

flamme , les ulcère et les rend squirrheux ; ces irritations locales sont d’ailleurs rangées parmi les causes qui donnent naissance à l’hystérie et à la nymphomanie ; la première de ces deux affections présente , comme signes distinctifs , une irritation de l’appareil utérin avec perte de connaissance , sans désirs vénériens , et la seconde offre pour caractère cette même irritation avec désir excessif du coït et développement consécutif de la folie.

Les causes de stérilité , quand elles ne se rattachent point à un vice de conformation, à une maladie antérieure des ovaires , des trompes ou de la matrice , sont extrêmement obscures ; l’excitation de l’appareil générateur ne paraît pas être comme chez l’homme une condition nécessaire à l’accomplissement de l’acte vénérien , et à la fécondation , puisque des femmes ont été fécondées , lorsqu’elles étaient dans un état de mort apparente, ou sous l'influence d’un poison narcotique. Cependant, on a remarqué généralement que les femmes d’un tempérament lymphatique et dont le système nerveux est difficile à émouvoir, qui éprouvent peu de désirs et mettent de la répugnance aux rapprochemens physiques, sont souvent inhabiles à concevoir; la même remarque a été faite pour les personnes

DE L’HYSTÉRIE

d’un tempérament ardent , dont la sensibilité ulérine est très-exaltée , et qui ressentent , pendant le coït , des sensations trop voluptueuses. Dans le premier cas , le défaut de conception pourrait tenir à l’abirritation de la matrice ; dans le second , au spasme de cet organe. Des faits particuliers et très-nombreux qui contredisent ces observations, s’opposent à ce qu’on en fasse des règles générales; elles n’expliquent pas d’ailleurs la raison pour laquelle des femmes qui ont été stériles pendant de longues années , deviennent tout-à-coup fécondes, quoiqu’elles aient toujours cohabité avec le même homme. On ne peut donc créer que des hypothèses sur les causes qui mettent obstacle à la conception , tant qu’elles ne dépendent pas d’une maladie ou d’un empêchement mécanique ; et le mystère de la génération est trop profondément caché aux yeux des physiologistes , pour que les médecins puissent reconnaître , dans tous les cas , la nature des causes et remédier à l’état anormal qui s’oppose à la fécondité.

De V Hystérie.

On a donné le nom d’hystérie , de baxepov % matrice , à une maladie qui siège primitivement dans cet organe et qui s’accompagne de

DE l’hystérie. 3 i y

pilé nom en g; organiques et sympathiques, dont le développement caractérise un accès; les attaques d’hystérie sont produites par l’irritation de l’appareil utérin chez les femmes dont le système sensitif est très-irritable : cette dernière condition est indispensable , car la matrice s’irrite et même s’enflamme , sans occasionner de phénomènes sympathiques chez les personnes peu nerveuses; l’irritation est alors locale, la douleur est perçue dans la matrice , qui se désorganise , et n’excite cependant aucun trouble nerveux dans les viscères et dans les appareils de relation; mais l’irritation, la congestion, la phlegmasie de la matrice, des ovaires chez les femmes dont les nerfs sont très-irritables, ne se bornent point à déterminer des désordres locaux; l’irritation s’élance de l’organe primitivement modifié sur les viscères de l’abdomen , de la poitrine , puis sur le cerveau e t dans les nerfs locomoteurs. Ce grand développement des sympathies morbides dépend donc essentiellement, dans cette circonstance, du perfectionnement exagéré et de l’extrême irritabilité du système nerveux; car la met rite d’une femme hystérique ne diffère en rien de celle d'une femme qui ne l’est pas.

On pourrait être étonné de la violence des

be l’hystérie;

désordres sympathiques que l’irritation de l’appareil utérin développe , si on ne faisait pas attention à la prédominence d’action de cet appareil , situé plus profondément que les organes génitaux de l’homme , d’une texture plus compliquée, plus nerveuse et plus vasculaire, et à la liaison intime qui existe entre lui et les viscères des trois cavités splanchniques. La liqueur séminale ne stimule pas ces organes ; mais , en revanche , à combien de causes d’orgasme , d’irritation , de congestion , de phîegmasies ne sont-ils pas exposés depuis l'apparition des premières règles , jusqu’à l’extinction de la vie sexuelle.

Toutes les causes qui occasionnent une irritation de la matrice tendent à développer l’hystérie ; il n’est pas même nécessaire qu’il y ait inflammation : une simple irritation , une congestion , suffisent pour déterminer des accès* C’est ainsi que la congestion qui précède le flux menstruel , la suppression de cet écoulement , la diminution ou la cessation de cette hémorragie à l’époque critique; l’abus des plaisirs vénériens, la continence , l’amour contrarié , les affections morales , qui réagissent sur le système utérin, etc. , etc., sont autant de causes directes et indirectes qui donnent naissance à cette affec-

de l’hystérie. 3 19

tion chez une femme nerveuse , qu’elle soit d’ailleurs faible, débile, ou qu’elle présente tous les attributs d’une brillante santé.

Lorsque la disposition à cette maladie est bien prononcée , la cause la plus légère suffit pour déterminer des accès, pendant la durée desquels on observe trois ordres de phénomènes remarquables : i°. phénomènes de sen-

sations, qui consistent dans la perception d’une boule ou d’un globe , qui semble monter de la partie inférieure de l’abdomen , suivre le trajet des intestins, se porter ensuite à l’estomac , au cœur, à la gorge , et détermine un serrement spasmodique de la poitrine , une constriction du cœur ; les malades éprouvent des douleurs dans la cavité du thorax ; elles poussent des cris et craignent d’être suffoquées ; la moindre émotion , la plus légère contrariété suffisent alors pour déterminer une irritation au cerveau et des mou ve mens convulsifs très-violens. Cette sensation d’une boule dans l’abdomen est le produit de l’irritation nerveuse qui de la matrice s’élance sur les viscères abdominaux et thoraciques : ce ne sont point l’ascension de l’utérus , ni le spasme des nerfs trisplanchniques et pneumo-gastriques qui la provoquent , mais elle consiste , comme fa démontré M. Georget ,

320 DE l’ HYSTERIE. ■

en des mouvemens convulsifs des muscles de la glotte , du larynx et du pharynx , et probablement aussi du plan musculaire intestinal.

2°. Phénomènes de mouçemens. Des mouveniens anormaux accompagnent les sensations insolites que nous venons de décrire. Pendant l'ascension du globe hystérique dans l’abdomen et le thorax, les muscles de ces régions s’abaissent, se relèvent tumultueusement; ils se contractent d’une manière convulsive, lesbattemens du cœur sont forts, irréguliers; la stimulation viscérale, transmise au centre de perception, est déversée sur les nerfs encéphalo-rachidiens , et les muscles de la vie animale sont agités de mouvemens convulsifs plus ou moins violens.

3°. Phénomènes vasculaires. Ces phénomènes proviennent du trouble de la circulation sanguine et des secrétions. La peau est quelquefois .injectée ; elle est le plus ordinairement pâle , et les lèvres sont décolorées : ce désordre de la circulation capillaire dépend de la concentration des fluides sur les viscères irrités. Il survient quelquefois un écoulement par la vulve, une sorte d’éjaculation, des vomissemens, des hoquets, des vents qui s’échappent avec bruit ; les urines sont ordinairement abondantes et claires.

Lorsque l’attaque est parvenue au plus haut

DE L’HYSTÉRIE-

degré d’intensité , le cerveau est violemment irrité , d’où résulté un état apparent d’apoplexie ou bien une rigidité extrême des muscles, un véritable tétanos. D’autres fois , une congestion s’établit dans l’encéphale sans déterminer de convulsions. La malade , immobile, perd l’usage de ses sens , la respiration est suspendue et les battemens du cœur sont si faibles, qu’on ne le sent plus, et que le pouls disparaît entièrement. Ces états d’asphyxie et d’apoplexie sont les deux degrés les plus élevés de l’hystérie; ils annoncent une violente irritation et congestion encéphaliques , et sont quelquefois suivis d’une hémorragie cérébrale et de la mort. Plusieurs femmes , dans cet état de léthargie, ont passé pour mortes , et ont été ensevelies et inhumées. Les accès ne présentent pas constamment cette intensité , et quelques malades conservent encore la faculté d’entendre et de voir; mais elles ne peuvent ni parler, ni se mouvoir. Il arrive fréquemment que les accès d'hystérie se terminent par une diaphorèse abondante, par des pleurs, des cris, par des mouvemens convulsifs, comme s’ils étaient une sorte de crise, par des flux d’urine limpide , par des excrétions vaginales , par des hémorragies ou par une apparition subite des règles. M. Louyer Piilermay

DE L’HYSTÉRIE

établit trois différens degrés dans cette maladie, que l’intensité de l’irritation de la matrice , la violence des irritations secondaires et des symptômes consécutifs distinguent les uns des autres. Dans le premier degré, impression sourde et mouvement obscur vers la matrice ; sentiment d’une boule qui , de l’hypogastre s’élève par oscillation au travers de l’abdomen du thorax jusqu’au cou ; crainte de suffocation , douleur locale très-circonsente , qu’on a nommée doux hystérique, et qui fait éprouver tantôt la douleur d’une aspérité qu’on enfoncerait dans les chairs, d’autres fois un tiraillement très-incommode. Le visage rougit, pâlit; les extrémités se refroidissent, les palpitations du cœur sont parfois précipitées et tumultueuses, dans d’autres cas elles sont peu sensibles ; des mouvemens convulsifs ne tardent pas à se manifester dans les membres thoraciques et abdominaux , et presque toujours les forces vitales, et les fluides, dans leur cours vicieux, affluent de la circonférence au centre. Souvent on observe un resserrement comme tétanique des mâchoires; une sorte de trismus. Ce qui caractérise le premier degré , suivant l’habile observateur que nous citons, c’est la lenteur dans le développement de la maladie ou le peu d’intensité des symptômes. Deuxième degré : celui-ci

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DE L’HYSTÉRIE

offre plus de force et de rapidité dans la marche des accidens , l’invasion est presque toujours subite, et dès le principe, perte ordinairement incomplète des sens et de l’entendement, état de syncope plus ou moins prononcé ; palpitations violentes , convulsions fixes , analogues à celles du tétanos, développement de doux hystériques à l’épigastre , à l’hypogastre , à la tète ; la figure prend alternativement l’expression de la joie ou de la tristesse , du calme ou de l’effroi ; il existe chez le plus grand nombre de ces malades une sensibilité vive au physique comme au moral ; une disposition prononcée aux caresses , aux cmbrassemens, à des accès de gaîté folle ou aux effusions de larmes les plus inopinées. La plupart, pendant le plus fort de leur accès, distinguent, par le tact, exclusivement la main d’un homme de celle d’une femme , repoussant la dernière et pressant avec force et avec une sorte de plaisir celle de l’homme, ou contre leur estomac, ou contre leur hypogastre ; on conçoit facilement le parti que les magnétiseurs ont pu tirer de cette exaltation de la sensibilité du système cutané. La fin des accès est précédée ordinairement de la diminution progressive des accidens , etc. T roi sième degré: à l’agitation nerveuse la plus intense, aux convulsions les plus violentes, succède le

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trouble le plus effrayant de la respiration et de la circulation ; par suite de ce désordre , il se manifeste une congestion cérébrale , une sorte d’apoplexie que M. Tillerrnay nomme hystérique , et les malades, pâles, froides, comme inanimées, restent dans un état plus ou moins prolongé de mort apparente ; d’autrefois on observe une intensité considérable dans les accidens convulsifs, dans les affections mentales ou le délire des sens qui avoisine la nymphomanie.

Les accès de l’hystérie , tels que nous venons de les décrire, démontrent, d’une manière évidente , la complication des névroses viscérales avec celles de relation : la transmission d’irritation a lieu au moyen du nerf grand sympathique qui, recevant la stimulation de l’utérus, ne la communique pas seulement aux autres viscères abdominaux et thoraciques, mais la transmet à l’encéphale ; la volonté n’a plus la puissance de gouverner les mouvemens, ils obéissent à l’irritation , et c’est alors qu’on observe les convulsions , les secousses , les attaques de tétanos et tous les autres mouvemens désordonnés. Les premiers accès proviennent toujours de l’irritation de l’utérus ; mais lorsque l’habitude d’irritation utérine est contractée , alors toute stimulation des organes gastriques pectoraux ou

DE L HYSTERIE

cérébraux réveille l’orgasme de la matrice qui réagit, à son tour, sur ces viscères, et détermine de nouveaux accès ; ces phénomènes d’action et de réaction dépendent de la solidarité de tous les organes soumis à l’influence des nerfs ganglionnaires, et ils rendent raison du développement des attaques provoquées, soit par une alimentation trop abondante ou stimulante , soit par une irritation quelconque, soit par l’effet des passions , sans qu’on ait besoin , pour l’explication des phénomènes , de placer , à l’exemple de JVillis et de M. Georget, le siège de l’hystérie dans l’encéphale , car on pourrait alors , et avec autant de raison , faire dériver tous les symptômes morbides de l’exaltation vitale des organes pectoraux et thoraciques.

Les excitations morbides des ovaires et de la

matrice, quelques puissent en etre les causes, suffisent pour déterminer des attaques d’hystérie; mais, comme l’utérus n’est pas seulement formé de matière nerveuse et que le système vasculaire y est également très-développé, on ne peut établir une ligne de démarcation entre l’irritation nerveuse et vasculo-nerveuse. L’observation a démontré que l’exaltation morbide de l’appareil générateur de la femme, que les congestions sanguines, habituelles de ces ox-

DK l’hystérie.

gancs finissaient toujours par y déterminer une phlegmasie et des désorganisations, et l’ouverture des cadavres de femmes qui ont été sujettes à des accès d’hystérie, pendant une partie de leur vie , a d’ailleurs démontré d’une manière évidente la vérité de cette assertion. Les réactions violentes que l’affection primitive , lorsqu’elle est très-intense, détermine sur le tube intestinal, le cœur, les poumons, le cerveau, produit quelquefois des accidens mortels, tels qu’une hémorragie cérébrale et l’asphyxie , ou des phlegmasies consécutives des viscères abdominaux, thoraciques ou cérébraux. Quelques hystériques sont devenus épileptiques, paralytiques, anévrismatiques , d’autres ont été affectés de violentes cardialgies ou de gastro-entérites aiguës, extensions morbides toujours dangereuses et souvent mortelles.

Sydenham observa, le premier, chez l’homme, le développement du globe hystérique ; d’après celte remarque, cet auteur pensa que les affections hystériques et hypocondriaques étaient des variétés d’une meme affection. M. Casimir Broussais a rapporté l’histoire d’un soldat qui t étant attaqué d’une gastro -entérite aiguë, sentait une boule partir du bas-ventre, remonter jusqu’au haut de la poitrine, en produisant un sen-

DE L’HYSTÉRIE. 827

liment de suffocation; d’autres médecins ont observé le meme phénomène , mais la sensation duir globe en mouvement dans la cavité abdominale, ne suffit pas pour caractériser un accès d’hystérie, et, sans parler de l’impropriété du mot hystérie appliqué à l’homme , ces deux affections présentent, suivant nous, des différences dans leur marche, leur symptôme et leur siège, qui ne permettent pas de les confondre lune avec l’autre; ces différences dépendent peut-être de l’intensité, de l’irritation, de l’activité des sympathies morbides, de la réaction plus ou moins forte sur l’encéphale ; mais nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir de véritables accès d’hystérie , sans modification nerveuse ou inflammatoire de l’appareil utérin.

Le pronostic de cette affection doit varier d’après la nature des causes qui lui donnent naissance , le degré de l’irritation locale et la violence des attaques; sans avoir égard au jugement sévère des anciens sur cette maladie ,

. on ne peut admettre , sans examen attentif , l’opinion à' Hoffmann : ut valdè terribilis hic videtur morbus , in se tamen non adeo periculosus est. L’hystérie récente qui dépend du dérangement des règles, est peu dangereuse et facilç à guérir; mais, lorsque les attaques se renouvel-

DE l’ HYSTERIE.

lent à la moindre excitation physique ou morale ;; que, pendant les accès, les malades sont sans pouls , sans respiration ; que la peau est froide et décolorée, les yeux éteints, etc., ou qu'elles éprouvent des convulsions formidables, le pronostic ne doit pas être rassurant; il doit en être de même, lorsque l’hystérie développe des phlegmasies dans les foyers viscéraux ; en général, il faut , avant de porter un pronostic , avoir égard

à la constitution plus ou moins nerveuse des

malades ; mais, si la matrice présente des signes évidens de désorganisation , qu’il y ait altération dans la substance du cœur, du cerveau ou des organes de la digestion, la mort est inévitable. Lorsque les attaques sont modérées, elles deviennent, à Faide d’un traitement rationnel, beaucoup moins intenses, surtout après l’époque de la cessation des règles; alors l’influence irritative de l’utérus diminue , la femme reste névropathique, hypocondriaque, mais elle n’éprouve plus d’accès.

Les hystériques succombent rarement à cette affection, à moins que les organes irrités ne se désorganisent ; elles peuvent néanmoins périr pendant un accès , ou des suites d’une altération viscérale. A l’ouverture des cadavres, on trouve des ulcérations au col de F utérus, un squirre

de l’hystérie. 32 9

de l’ovaire, des corps étrangers développés dans la matrice ; presque toujours d’horribles gastro-entérites ; souvent aussi des anévrismes du cœur, parce que, comme nous l’avons dit, les irritations qui persistent dans les viscères ébranlentlc cœur, et finissent par altérer sa texture. M. Huilier a rencontré sur le cadavre d’une jeune fille attaquée d’hystérie , un gonflement des ovaires , qui contenaient une foule de vésicules arrondies et gorgées d’un fluide particulier très-abondant : cette maladie avait marché avec une extrême rapidité ; à la suite d’une frayeur vive , la jeune personne éprouva du dérangement dans les règles, puis un accès d’hystérie remarquable , surtout, par un étranglement des plus violens. L’hypogastre était tuméfié , la respiration pénible ; les membres étaient agités de convulsions; il y avait impossibilité de boire. Le troisième jour, la malade poussait des cris aigus, et se plaignait d’être étranglée : elle mourut vers le soir.

,Beux indications se présentent dans le traitement de l’hystérie: calmer les accès ou diminuer leur violence , et prévenir leur retour; pendant les attaques, la malade doit être placée sur un corps mou; être maintenue doucement , la tête haute; on doit enlever les vêtemens qui corn-

33q dr l’hystérie.

priment la poitrine , donner accès a l’air , et faire respirer, dans les nuances d’hystérie légère, l’assa - fœtida , la corne brûlée , pour rompre l’accès ; mais quand il est très-violent , ces excitans l’exaspèrent , et il çn est de meme de l’élher et de l’ammoniaque. Une légère potion anti-spasmodique, donnée par cuillerées, diminue quelquefois l’intensité de l’attaque, lorsque l’estomac n’est pas malade; mais s’il y a gastrite , elle l’augmente. On recommande de la ire des frictions sur l’épigastre , l’hypogastre , sur les membres , et principalement de faire avaler, dans le début, quelques gorgées d’eau froide ; lorsque l’hystérie a atteint le plus haut degré de violence , et que la malade est menacée d’apoplexie , la saignée du bras doit être promptement pratiquée, et les pieds doivent être plongés dans l’eau très-chaude saturée de sel commun , de vinaigre, et de farine de moutarde. Quand l’hystérique , immobile, pale, est dans un état d’asphyxie effrayant, on conseille alors, pour rompre le spasme , de mettre en usage les sfimulans cutanés , tels que les sinapismes, les linimens irritans , la pommade ammoniacale, les ventouses, les vésicatoires aux jambes , aux cuisses, sur les bras, etc. Malgré l’usage de ces agens perturbateurs, il arrive souvent, après des

de l’hystérie. 33 I

syncopes fort longues , que les malades sont frappées de paralysie.

Le traitement préservatif des accès, et curatif de la maladie , repose sur la recherche des causes occasionnelles. Si l’hystérique est dans un état de pléthore , la saignée devient indispensable ; s’il y a suppression de règles, les sangsues appliquées à la partie interne des cuisses, les ventouses sèches et les bains de pieds sont indiqués. Lorsqu’on observe, chez les jeunes fdles , un état d’irritation des organes digestifs prédominant, on conseille d’enlever d’abord la gastrite , et de dissiper ensuite l’irritation de la matrice : l’usage des infusions aromatiques , du quinquina , de l’absinthe , des vins amers , des eaux minérales excitantes, dont quelques praticiens font encore usage pour remédier à l’état d’atonie, de pâleur, de faiblesse qu’entretient, chez les jeunes personnes , l’irritation du tube intestinal, sont dangereux : ces médicamens augmentent l’irritation de l’estomac , développent une réaction sur l’utérus, réveillent l’activité assoupie de cet organe , et déterminent de nouvelles attaques. On doit , dans toute circonstance, chercher à exciter Faction vitale à l’extérieur , en prescrivant des exercices modérés, et en faisaut observer avec rigueur les préceptes de Fhy-

332 de l’hystérie.

giène. On conseille egalement de faire appliquer des sangsues à la vulve ; de prescrire des bains de siégé émolîiens ; un régime doux , lacté , végétal , dans le but de calmer l’irritation de la matrice ; d’administrer , à des doses proportionnées à la susceptibilité des malades , lorsqu’on est parvenu à dompter les irritations viscérales, le camphre , le musc , l’assa-fœtida ; on recommande les bains froids pendant l’été, pour remédier à l’irritabilité et à la mobilité convulsive.

Le médecin doit en meme temps chercher à détourner l’esprit des hystériques par une heureuse diversion de tout ce qui peut émouvoir leur imagination, ébranler leur sensibilité. Mais quelle difficulté pour l’homme de Fart obligé d’opposer la morale à des pratiques honteuses.... à des habitudes vicieuses!... Quelle difficulté, trop souvent insurmontable, pour arriver à de pareils résultats!

Le mariage est également propre à faire disparaître les accès d’hystérie, quand d’ailleurs elle est compliquée de nymphomanie ; mais si les

viscères sont, déjà désorganisés, la puissance de tous ces moyens devient nulle , et le rôle du médecin ne consiste plus qu’à diminuer la violence des douleurs, et à mettre en usage un traitement palliatif

DE LA NYMPHOMANIE

De la Nymphomanie .

La nymphomanie, utéromanie, fureur utérine, est une maladie qui offre comme signes distinctifs , une irritation , une inflammation des organes génitaux , accompagnées de désirs vénériens excessifs et d’accès de folie : les différences qui existent entre l’hystérie et cette dernière affection , dont le siège est le meme et qui s’associent souvent l’une à l’autre par extension ou augmentation de la lésion locale , paraissent se rattacher au tempérament , à la prédominance d’activité de l’organe utérin, au degré de l’irritation et au mode dans lequel l’encéphale est influencé. On observe en général le développement de la nymphomanie chez les personnes du sexe qui vivent dans la continence , et chez celles qui se livrent à des habitudes vicieuses, quand d’ailleurs leur système utérin est extrêmement développé. Cette maladie ne se manifeste jamais avant l’époque de la puberté ; les jeunes enfans qui se masturbent ressentent rarement des désirs vénériens : ce sont des irritations , des démangeaisons de la vulve , du rectum , qui leur font contracter cette habitude , dont une des causes très-commune et peu connue, est la présence

DE LA NYMPHOMANIE

des ascarides vermicuîaires qui se glissent pendant îa nuit de l’anus dans la vulve. Cette maladie, ainsique l’hystérie, se développent pendant la durée de la vie sexuelle , et il est fort rare de l’observer à d’autres époques; elle est, pour la femme , ce qu’est le satyriasis pour l’homme , et si cette dernière affection est plus rare et moins redoutable , cette différence tient à ce que l’homme peut satisfaire facilement ses désirs, et à ce que les organes génitaux de la femme sont très-nerveux et très-vasculaires ; qu’il s’y établit des congestions sanguines mensuelles , ce qui rend le développement de la phlegmasie et l’extension des érections vitales plus faciles, plus intenses et beaucoup plus dangereuses.

Les femmes qui ont les formes fortement prononcées, la gorge ferme, les hanches saillantes, la peau brune, les cheveux et le système pileux abondans et noirs, les chairs fermes, le visage coloré, les yeux vifs , les muscles bien dessinés, qui présentent , en un mot , les attributs ordinaires de la force et de la virilité , et du tempérament sanguin nerveux, sont disposées à la nymphomanie, quand d’ailleurs l’appareil utérin très -développé les excite vivement au coït. Les causes les plus favorables au développement de cette affection sont, en général, les excitations physiques et

DE LA NYMPHOMANIE

morales, la lecture d’ouvrages licencieux, l’amour contrarié , la privation des plaisirs de l’amour, les frictions, la flagellation sur le bassin, le bas-ventre, les attoucliemens voluptueux, l’onanisme, les baisers lascifs , les irritations morbides de la peau, la chaleur atmosphérique, l’usage des aîimens épicés, stimuîans, des aphrodisiaques ; ces causes occasionnelles déterminent très-facilement des accès de nymphomanie, lorsqu’il y a en même temps une irritation, soit à l’utérus, au col de la matrice, soit aux ovaires, qui met un obstacle à l’écoulement des règles.

Dans le début de la maladie , la. femme qui jouit de toute l’intégrité de scs facultés intellectuelles , repousse les impulsions instinctives que l’irritation de l’appareil génital lui transmet ; elle fuit la société , elle devient triste, rêveuse ; elle éprouve, dans cette période, une exaltation de la sensibilité générale, des sens, des facultés mentales et spécialement de l’imagination; un état de spasme, une tension avec prurit des organes de la génération; elle ressent, en même temps, des douleurs sourdes, des lassitudes dans la région des lombes, une chaleur dans l’abdomen et aux seins; mais si l’irritation organique n’est point combattue, la raison perd son empire, la femme se livre à l’impétuosité de ses sens ,

DE LA NYMPHOMANIE

elle se nourrit d’idées lascives, elle ne pensé plus, die ne rêve plus qu’aux moyens propres à assouvir sa passion, et ses gestes décèlent bientôt l’état de son moral. L’excitation des organes génitaux acquiert un tel degré de violence, qu’elle dompte complètement l’intelligence ; alors la raison s’aliène et la nymphomane provoque les hommes au coït; elle se jette sur eux, les menace, les forceàsatisfaire ses désirs, et à défaut d’homme elle excite les animaux ; pendant la durée de l’accès , l’irritation s’élance des organes génitaux sur les viscères gastriques , sur le cœur , les poumons et le cerveau; la fièvre s’allume, la peau est colorée, chaude et brûlante; les yeux sont injectés, ardens, l’haleine est fétide, la bouche est sèche, la soif est vive, les battemens du cœur sont pleins, forts, précipités, les forces musculaires s’accroissent considérablement, il y a sentiment de strangulation, spasme des muscles pectoraux, difficulté de respirer. Les parties génitales sont fortement enflammées, le clitoris acquiert un développement considérable, les parties externes sont tuméfiées, rouges, baignées d’un mucus épais, fétide et très-âcre ; l’accès arrivé â ce degré d’intensité se termine quelquefois par asphyxie, par rupture du cœur ou par hémorragie cérébrale.

La prostitution imite jusqu’à un certain point

DE LA NYMPHOMANIE,’ 33i

les excès et l’audace furieuse dont cette affection s’accompagne ; mais si îe libertinage détermine une vive irritation dans les organes sexuels, on n’observe point de délire, de folie, caractères distinctifs de la nymphomanie déclarée. Les hom teuses débauches auxquelles se livraient les impératrices et les dames Romaines, dont Juvénal et d’autres poètes de ce temps nous ont transmis les odieux détails, n’étaient point le résultat de la nymphomanie , mais de la prostitution la plus dégoûtante.

Cette maladie est intermittente; elle revient par accès , dont l’intensité et la force dépendent du tempérament , de l’irritation des organes de la génération, et des autres viscères splanchniques. Elle se termine rarement d’une manière funeste, au moins dans nos climats , à moins que la matrice , le cœur ou les viscères digestifs, continuellement irrités, ne se désorganisent. Les efforts de la nature dissipent quelquefois cette affection, en provoquant un écoulement abondant par le vagin , une hémorragie utérine , ou une révulsion sur d’autres organes.

A l’époque où l’on croyait que les nymphomanes étaient possédés du démon , les médecins cabalistes employaient , comme principal moyen curatif, certaines pratiques mystérieuses pour

DE LA NYMPHOMANIE

calmer les accès, la prière et l’exorcisme pour chasser le malin esprit.

Hippocrate , Hoffmann , recommandent le mariage aux jeunes filles atteintes de la nymphomanie , et c’est peut-être le moyen le plus efficace de prévenir l’extension de l’irritation au cerveau , et le développement complet de la maladie. Les personnes disposées à cette affection , doivent s’éloigner des bais , des spectacles, des cercles où des jeunes gens se trouvent réunis i elles doivent chercher des distractions dans l’étude, occuper tous leurs momens, et se rendre maîtresses ainsi de leur imagination ; choisir une alimentation douce , légère , végétale , lactée ;• rejeter les mets succulens, aromatiques, qu’on prodigue sur nos tables. Le mariage leur est nécessaire , car le coït et la grossesse dissipent bientôt la disposition à l’irritation utérine ; mais lorsque la maladie est déjà développée , et que les accès s’accompagnent d’aliénation mentale, on recommande les émissions sanguines , la saignée abondante du pied , les applications de sangsues aux cuisses, en assez grand nombre pour remédier , par un abondant écoulement de sang , à la phlogose que les piqûres de ces animaux occasionnent : les saignées locales

sur l’épigastre, sur le trajet des veines jugulaires,

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et sur tous les viscères que l’irritation secondaire a envahis; les bains de pieds fortement sinapisés ; les boissons émollientes, acides; l’infusion de fleurs de nénuphar, Forgeât, la limonade frappés de glace , les bains de siège froids, etc. Quant aux anti-spasmodiques, ils doivent être employés dans les memes circonstances, aux mêmes doses, et de la même manière que nous Favoris indiqué , d’après les préceptes de la médecine physiologique , à l’article du

traitement de l’hystérie*

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Appendice aux irritations nerveuses viscérales .

Les hommes sont, en général, disposés aux affections des organes dont Faction physiologique est naturellement augmentée, dont les fonctions, très-actives, dominent assez l’économie pour y imprimer des caractères spéciaux, qui établissent entre les peuples et les hommes des différences physiques et morales. Sous ce rapport, chaque individu , sans distinction , apporte en naissant ou acquiert, par l’effet naturel des diverses phases de la vie , une prédominance relative d’un de ses systèmes organiques, prédominance sur laquelle sont basés les différens

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tempéramensque îes observateurs ont notés dans l’espèce humaine. Le tempérament n’est donc , tm dernière analyse , qu’une rupture d’équilibre entre les appareils d’organes : c’est un premier pas vers l’état morbide , et le ternperamentum temperatum est un état fort rare s’il n’est pas chimérique. D’après ces principes, l’activité exubérante du cœur, des poumons, du système vasculaire sanguin, dispose aux phlegmasies, aux hémorragies , aux congestions pulmonaires encéphaliques, etc. De même, l’irritabilité du système lymphatique prédispose aux irritations des vaisseaux blancs des ganglions , au carreau , à la phthisie pulmonaire , au squirrhe , au cancer des mamelles et de l’utérus.

Quelques personnes ont naturellement , ou acquièrent , pendant le cours de leur vie, une irritabilité extrême de leur système sensitif. La sensibilité et la mobilité sont alors excessives t et lorsque cette modification organique est développée chez des personnes maigres , et qu’elle s’associe à un état anœmique de l’économie, alors l’excitabilité nerveuse a acquis le dernier degré d’intensité possible ; la nervosité domine dans tous les organes , et particulièrement dans ceux sur lesquels les causes physiques ou morales agissent habituellement.

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Lorsque l’irritation se développe chez les personnes dont le système sensitif a acquis ce degré d’exagération , elle détermine des névroses ou des phlegmasies. Dans le premier cas , l’irritation organique ne s’élève pas jusqu’à l’état inflammatoire ; elle se borne à provoquer des phénomènes spasmodiques, locaux et sympathiques; des douleurs vives, passagères, intermittentes; des exagérations de sensibilité dans les viscères irrités , et dans ceux avec lesquels ils sympathisent : c’est ainsi que sont produites certaines nuances de gastralgies (1), l’hystérie ,

Un médecin a publié , dans la Revue médicale , cahier de novembre 182b, un Mémoire sur ce qu’il appelle des gastraL

gies nerveuses hypocondriaques. Il se cite lui-même comme ayant été atteint de cette affection , et il accuse M, Broussais d’en avoir méconnu le caractère, et d’en avoir augmenté l’intensité par un traitement peu rationnel. Ce médecin , sujet aux névroses, fut atteint d’une espèce de fièvre intermittente irrégulière ( définition ontologique incompréhensible ) , contre laquelle on employa l’émétique , le quinquina , etc. La fièvre disparut , mais les digestions se troublèrent ; on eut alors recours à l’eau de Vichy, à la magnésie, qui pallièrent pour quelque temps la gastro- entérite chronique dont le malade était affecté ; à cette époque, ce médecin consulta M. Broussais x qui ayant trouvé la langue rouge sur les lords et à la pointe , prescrivit quinze sangsues à l’épigastre , et pour le régime habituel , l’eau de gomme , l’usage du poisson , des légumes , des viandes blanches.

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les palpitations nerveuses, etc. Ces irritations sont en general mobiles, c’est-à-dire qu’elles se portent d’un organe sur un autre , les parcourent ton r-à- tour , se dissipent , et reparaissent bientôt

de l’eau pure ou de l’eau teinte aux repas. Cependant le malade , qui ne revit point M. Broussais , n’éprouva pas d’amelioration , et ressentit bientôt des exaltations du système nerveux gastrique , qu’une application imprudente de quarante sangsues à l’épigastre augmenta considérablement. L’irritation nerveuse consécutive fut prise, parle médecin auquel le malade se confia, pour une gastrite aiguë-, entée sur l’ancienne. Celte erreur eut des suites très-fà cireuses pour le malade , dont les souffrances s’accrurent , et le forcèrent à consulter M. Fouquier. Ce professeur assura qu’il n’y avait pas d’inflammation , et qu'il n'y en avait jamais eu. Il prescrivit un régime léger , à peu près semblable à celui dont M. Broussais avait conseillé l’usage. Ce régime , continué, produisit cette fois les meilleurs effets : les douleurs se calmèrent peu à peu , et les symptômes morbides disparurent ioiit-à-coup , à la suite d’un violent chagrin ( cause de guérison extraordinaire et miraculeuse ).

Cette observation prouve que , chez des sujets très-nerveux ? la gastrite chronique peut exalter la sensibilité de l’estomac , déterminer des douleurs vives , intermittentes , cl toute la série de symptômes qui caractérise la gastralgie. Cette exaltation morbide se développe d’autant plus facilement qu’on oppose à la phlegmasie chronique des moyens débilitans trop long-temps continués, ou qu’on abuse des saignées générales et locales. Cette observation ne prouve pas , comme on voudrait le faire croire , que M, Broussais se soit trompé dans le diagnostic e|

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pour se fixer enfin sur un viscère , et y développer l’état inflammatoire. Les personnes qui éprouvent habituellement ces phénomènes spasmodiques, sont impressionnables, languissantes, faibles, débiles; mais finflammatioii , comme

le traitement qu’il prescrivit à l’époque où le malade le consulta. Tout médecin , non prévenu , trouvera des causes suffisantes du développement de la phîegmasie chronique de l’estomac dans le traitement qu’on opposa à la fièvre intermittente, et aux troubles digestifs qui lui succédèrent.

Indépendamment de la partie scientifique , le Mémoire contient des objections puériles , des plaisanteries usées et de mauvais goût , des imputations , qui , si elles étaient vraies , transformeraient nos confrères en hommes indignes d’exercer notre belle et honorable profession. Quelle confiance pourraiton avoir en des médecins qui avanceraient et soutiendraient des opinions auxquelles ils ne croiraient pas eux-mémes , qui ratisseraient la muqueuse digestive avec 1e scalpel pour en faire sortir quelque rougeur , plutôt que de convenir qu il n’y avait pas de gastro-entérite ? Nous avons meilleure opinion de l’auteur du Mémoire , et nous sommes convaincu de l’exactitude et de la véracité qu’il a mises clans ses observations. S’il croit que toutes les affections gastriques de ses malades sent des gastralgies , il le croit de bonne foi : c’est l’effet d’une mauvaise organisation cérébrale , d’un tempérament éminemment nerveux. 11 nous semble , toutefois , que lorsqu’on jette le gant , et qu’on entre en lice , 011 devrait s’y présenter noblement , et être plus délicat sur l’observation des bienséances.

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l’a avancé M. Broussais , quoique difficile à produire dans cette sorte d’idiosyncrasie , comme si toutes les stimulations se dissipaient par les mouvemens nerveux , finit ordinairement par se développer dans les principaux viscères.

Ces phénomènes spasmodiques se manifestent donc de préférence chez les sujets très-nerveux et anœmiques , lorsqu’un de leurs organes est stimulé. L’irritation parcourt souvent alors les viscères de la vie organique , l’estomac , les reins, la vessie, le cœur, les poumons et le cerveau ; elle produit des névroses d’autant plus intenses que l’organe irrité joue un plus grand rôle dans l’économie , et que les sympathies qu’il y entretient sont plus multipliées et plus actives; elle s’élance aussi quelquefois de l’extérieur du corps, des muscles , des articulations, sur les organes des trois cavités splanchniques. Cette facilité de déplacement et cette mobilité tiennent à ce que l’irritation primitivement fixée sur un tissu n’est pas d’abord assez intense pour produire l’inflammation ; mais elle ne se borne pas constamment à attirer les fluides et à exciter des douleurs; en se répétant sans cesse , elle s’exaspère, détermine un point de phlegrnasie et devient fixe. Alors elle altère la nutrition de la partie malade; elle change la compa-

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sition chimique des excrétions, et produit des ulcérations , des végétations , des endurcissemens, des squirres, des cancers, comme on l’observe chez la plupart des personnes qui ont été tourmentées pendant une partie de * leur vie de ces érections vitales morbides ambulantes.

Ce sont ces irritations mobiles qui désolent les névropathiques , et la plupart des femmes de nos cités dont la sensibilité est continuellement mise en jeu. C’est en soignant ces femmes vaporeuses que le genevois Tronchin fit sa réputation , et acquit une fortune considérable : il prescrivait une nourriture saine , abondante , et les exercices poussés jusqu’à la fatigue : l’exercice est , en effet , un des meilleurs moyens pour détruire l’habitude convulsive ; il émousse l’activité nerveuse et diminue l’irritabilité viscérale. Suivant M. Broussais , les exercices en plein air rapprochent l’homme de sa constitution primitive, et donnent moins de prise aux causes qui tendent à lui créer cette incommode sensibilité, mère commune de toutes les névroses. Pomme, abusé par des théories basées sur des hypothèses, recommandait cependant pour le traitement de ces affections nerveuses , les émoiliens , l’eau de poulet et les bains. La médecine

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physiologique conseille , contre ces irritations mobiles , les saignées locales et le régime antiphlogistique quand il y a inflammation ; mais lorsque l’irritation n’est point inflammatoire, elle recommande l’usage habituel d’urt régime doux, des adoucissans ; et si l’habitude convulsive persévère après l’extinction de l’irritation locale, la distraction , et généralement la gymnastique médicinale ; c'est alors qu’il est permis au médecin , pour émousser F excitabilité nerveuse, et rétablir, s’il est possible, un plus juste équilibre entre les divers systèmes organiques, de favoriser, à l’aide de bons alimens et de légers toniques, la nutrition et le développement des forces : nous entendons par toniques les gelées de viandes, les substances muqueuses gélatineuses, peu chargées d’osmazone, et qui contiennent beaucoup de parties nutritives; le vin de Bordeaux coupé au quart , au tiers , par moitié avec de l’eau , et non pas les toniques officinaux, les vins amers , la gentiane , le quinquina , l’éther, les substances aromatiques stimulantes , dont Faction excite la sensibilité des tissus organiques , produit des congestions inflammatoires et des désorganisations.

Le développement des névroses viscérales dé-

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pend , dans l’immense majorité des cas , comme Font prouvé les ouvertures des cadavres, d’une phlegmasie chronique méconnue ou mal traitée; les stimulans l’exaspèrent , et déterminent quelquefois chez les névropathiques un appareil formidable de symptômes nerveux. Les anti-phlogisliques trop long-temps continués et surtout les émissions sanguines trop abondantes ne remédient point à la phlegmasie chronique, abattent les forces que la nutrition plus ou moins altérée répare difficilement , et augmentent l’irritabilité du système sensitif. On doit donc ménager les saignées , prescrire un régime moins sévcre, et administrer les sédatifs du système nerveux, pourvu qu’ils ne soient pas déposés sur les surfaces enflammées (i); enfin, lorsque

Les phénomènes nerveux développés sous l’influence d’une phlegmasie , chez les personnes névropathiques , deviennent quelquefois tellement intenses , qu’il est urgent de les calmer à l’aide de préparations pharmaceutiques , qui exercent une action directe sur le système nerveux. L’emplâtre suivant , appliqué sur les viscères d’où naissent les symptômes spasmodiques, réussit presque constamment à les calmer :

Assa-fœtida . ....... ^ AA ...

Castoreum £ "

Musc gr. X.

Thériaque q. S.

appendice;

JSE. /

la phlegmasie est éteinte ou qu’elle n’existe plus que dans une nuance très-apyrétique , que l’habitude convulsive persévère, et qu’il y a en meme temps faiblesse extrême et anœrnie , les substances nutritives non stimulantes, les boissons légèrement toniques , l’exercice , les bains froids , sont indiqués pour réveiller les forces , diminuer la nervosité, l’éréthisme nerveux local, et la susceptibilité générale : on pourrait d’ailleurs revenir avec plus d’avantage au traitement anti-phlogistique , si ces nouveaux modificateurs réveillaient la phlegmasie viscérale.

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