‹ Maladies nerveuses des auteurs, rapportées à l'irritation de l'encéphale, des nerfs cérébro-rachidiens et splanchniques, avec ou sans inflammationChapitre 48 sur 51 · DU SATYRIASIS · texte numérisé non relu

DU SATYRIASIS

viennent le siège d’une inflammation tellement vive, qu’ils tombent en gangrène. Les accès ne présentent pas toujours cette intensité : il y a des intervalles pendant lesquels le malade , rendu à la raison, gémit des excès auxquels il s’est porté; mais la raison n’est pas toujours assez forte pour triompher des excitations génitales , et l’instinct dépravé triomphe encore des facultés intellectuelles. Aretée dit que cette maladie se développe fréquemment chez les jeunes gens portés aux plaisirs de l’amour, et qu’ils périssent pour la plupart au bout de sept jours ; nam pie rumque in septimâ die hominem consumit. B uffon rapporte l’histoire d’un prêtre dans la force de l’âge , qui fut atteint , à diverses reprises , d’un violent satyriasis par excès de continence. Cet homme éprouvait les extases les plus voluptueuses et les douleurs les plus vives dans les sens ; les femmes lui paraissaient entourées d’auréoles lumineuses et il croyait, dans son délire , que le gouverneur de sa province lui offrait toutes les beautés de la cour de Louis XV , pour le faire renoncer à la continence. A la suite d’une crise, le délire cessa, la maladie disparut et le malade recouvra sa santé.

Pendant les accès de satyriasis bien développé, les parties génitales sont non-seulement le siège

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d'une vive inflammation , mais le cerveau > le cœur, les viscères digestifs sont violemment excités ; les malades succombent à l’inflammation gangreneuse des organes génitaux; ils peuvent être frappés d’apoplexie et de paralysie. C’est surtout dans la vieillesse que le satyriasis, même léger, ou les jouissances trop multipliées , occasionnent des accidens très-graves ; les hémorragies , les congestions cérébrales , les convulsions, l’apoplexie en sont très-souvent la suite.

Le traitement du satyriasis est basé sur l’examen des causes qui l’ont développé. Lorsque l’irritation est primitivement fixée sur les organes génitaux , on recommande la saignée générale s’il y a pléthore , les saignées locales abondantes , les applications d’eau froide sur la verge et les testicules; le bain froid, lorsque l’état des viscères en permet l’emploi ; les boissons émollientes ou acidulées , vinaigrées , l’infusion de fleurs de nénuphar, les émulsions d’amandes douces , l’orgeat , l’acétate de plomb , le nitrate de potasse; on joint à l’emploi de ces anti-phlogistiques et sédatifs, une nourriture légère , les bouillons de veau , de poulet : toutes ces substances produisent un relâchement de l’estomac , des intestins , et agissent secondairement de la

3o8 du satyriasis.

même manière sur les parties sexuelles ; on doit en même temps éloigner des malades les personnes du sexe , les livres et les images obscènes, et chercher à les distraire, en occupant leur imagination , des pensées lascives qui les assaillissent sans cesse ; mais si le malade est jeune , vigoureux et continent, le mariage est le meilleur remède à opposer à la maladie. Lorsque l’inflammation de la peau , du poumon , de l’estomac entretient cet état pathologique , c’est d’abord contre ces irritations primitives qu’il est de précepte de diriger le traitement. Le satyriasis qui dépend de l’ingestion de la poudre de cantharide, offre peu de chances de succès, car les principaux foyers viscéraux sont vivement enflammés : le traitement anti - phlogistique le plus actif est alors indiqué ; les saignées générales abondantes doivent être pratiquées ainsi que les saignées locales sur les viscères. Malgré les efforts du médecin , presque tous les malades succombent dans cette circonstance aux phlegmasies combinées du cerveau , de l’estomac, des intestins, de la vessie et de la verge.

Du Priapisme .

Le priapisme se rapproche , sous certains rapports, du satyriasis; il en diffère en ce qu’il

DU PRIAPISME. 3og

n’est point accompagne de désirs vénériens ni de dëlire : on observe seulement une ërection douloureuse du pënis , sans aucune propension au coït. Le priapisme est presque constamment symptomatique , et se rallie à l’irritation des organes excrë leurs et secrëteurs çle l’urine , à l’irritation de l’anus , de l’urètre , du gland ; il se dëvoloppe pendant le cours des cystites , des colites , des rectites. La congestion cërëbrale qui a lieu durant le sommeil, donne naissance a un certain degrë de priapisme qui se dissipe quelque temps après le rëveil. Il peut être également l’effet d’une irritation du cervelet, et on l’a observé dans les cas d’apoplexie cérébelleuse. L’usage intérieur des cantharides développe également le priapisme , lorsqu’ elles ont été employées à petites doses : enfin , cette érection incommode dépend quelquefois d’un état nerveux de la verge.

Quoique le priapisme soit symptomatique dans la majorité des cas , il doit être combattu à l’aide de moyens spéciaux , en raison des douleurs qu’il détermine. On conseille donc, indépendamment du traitement local des phlegmasies , de pratiquer une saignée abondante , pour diminuer l’éréthisme nerveux ; de prescrire les bains tiècles , les boissons froides rafraîchis-

3iq de l’abexcitation du PE1SIS.

santés , la diète, et d’éloigner toutes les causes d’excitation physiques et morales.

De l ab excitation du Pénis .

L’abexcitation du pénis consiste dans le défaut d’érection du membre viril , avec exaltation de la sensibilité et éjaculation trop prompte. Cette impuissance dépend quelquefois d’une asthénie partielle, d’une sorte de paralysie des muscles ischio-caverneux ; mais le plus ordinairement elle est symptomatique.

Les excès dans les plaisirs vénériens, l’onanisme , produisent souvent ce résultat , non pas en déterminant une asthénie générale , mais des gastro-entérites chroniques, qui mettent obstacle à l’érection du membre viril. La découverte de lagastro-entérite chronique a procuré à 1S1. Broussais la guérison de plusieurs impuissances déjà fort invétérées. Nous avons traité nous-mêmes deux malades devenus totalement impuissans à la suite d’un traitement très-actif d’une maladie vénérienne , par des doses considérables de deuto-chlorure de mercure. La phlegmasie gastro-intestinale fut combattue, les symptômes se dissipèrent, et l’impuissance disparut. Ce défaut d’excitation des organes génitaux provient

DE l’aB EXCITATION DU PENIS. 3 I £

encore d’une excitation trop forte du cerveau et du cœur. Le travail du cabinet , qui concentre l’action vitale sur le cerveau , enchaîne les mouvemens irritatifs nécessaires à l’érection ; il en est de meme de l’amour excessif; la crainte d’être impuissant auprès d’une femme qu’on aime, la frayeur ouïe dégoût, détruisent toute espèce de stimulabilité des organes sexuels ; les liqueurs alcooliques , prises en quantité suffisante pour produire l’ivresse, déterminent les mêmes résultats. Ces accidens surviennent , d’ailleurs, aux hommes les mieux constitués et les plus vigoureux ; ils se dissipent de suite lorsqu’on est parvenu à se soustraire à l’influence de la cause. Ce genre d’anaphrodisie existe donc sans phîegmasie , et dépend uniquement des concentrations fixées sur les viscères avec défaut de réaction. Mais l’épuisement des forces est souvent la cause de l’impuissance, sans, d’ailleurs, qu’aucun organe soit irrité ou enflammé : c’est ce qu’on observe chez les hommes qui manquent d’une quantité suffisante d’alimens , ou qui se nourrissent de substances peu nutritives , qui ont éprouvé des hémorragies abondantes , qui sont en convalescence d’une longue maladie , ou dont l’âge avancé a anéanti les forces. L’anaphrodisie dépend alors de la soustraction des stimulans

3l2 DE l’ABEXCITATION DU PENIS;

naturels qui entretiennent îa vie : la débilité est primitive et l’asthénie générale ; l’usage habituel des bains froids , de l’eau pure pour boisson , l’abstinence complète de toute communication avec les personnes du sexe , déterminent quelquefois l’abexcitation du pénis , qui peut aussi succéder au satyriasis , par épuisement subit de l’excitabilité locale : enfin , les douleurs rhumatismales lombaires invétérées produisent aussi quelquefois une asthénie génitale , très-grave et très-difficile à dissiper.

Le traitement de la gastrite chronique est souvent le meilleur remède à opposera l’impuissance ; mais si elle se rallie à la débilité générale, sans phlegmasie, les bons alimens bien nutritifs raniment les forces et dissipent l’asthénie générale et locale. On peut encore , suivant l’état des organes , recommander aux malades les alimens albumineux , le jaune d’œuf, l’osmazone , les viandes noires aromatiques, les fécules végétales, le placenta d’artichaud, la racine d’orchis, le chocolat, les boissons alcooliques , et même les toniques et stimulans , dont Faction sur les viscères doit être secondée au moyen des frictions aromatiques sèches pratiquées sur la surface du corps. S’il s’agit de combattre une anaphrodisie que le rhum a-

DES NÉVROSES UTERINES. 3 i 3

tisme lombaire a produite , on doit employer le traitement anti-phl ogisti que ; s’il est chronique, on recommande de faire usage des eaux thermales , des douches d’eaux excitantes , de frictionner les lombes , les cuisses , le bassin , avec des teintures alcooliques, des linimens stimulans. Lorsque l’éjaculation est trop prompte, on conseille les excitans volatils , une bonne alimentation, les épithèmes froids, astringens, toniques, et pour prévenir l’émission du sperme pendant le sommeil , de placer une ligature sur la verge , et de faire des ablutions d’eau froide aussitôt que l’éjaculation devient imminente. L’impuissance par cause morale n’exige aucun traitement ; celle qui survient à la suite d’excès de masturbation , est trop souvent au-dessus des ressources de l’art , et conduit les personnes qui en sont atteintes au suicide.

Des Ne'çroses génitales de la femme .

Les femmes, n’éprouvant pas les effets de la pléthore spermatique, sont en général moins exposées que les hommes aux irritations des organes sexuels, lorsque d’ailleurs elles n’ont point encore joui des plaisirs de l’amour. Mais, quand elles ont contracté l’habitude de la jouissance

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