‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 103 sur 194 · ÉTIOLOGIE DE LA GOUTTE · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE DE LA GOUTTE

goutte. Les auteurs non médicaux, Ovide, Sénèque, Lucien, la connaissaient également; ils la désignaient sous le nom de podagre. Non seulement dans l'antiquité grecque et romaine, mais même au moyen âge, on connaissait la goutte. Les Arabes Tout observée dans tout TOrient. Les arabistes la signalent aussi pour l'avoir vue dans nos pays et nos civilisations du moyen âge. Elle était donc alors répandue à la fois sur l'Europe, TAsie et TAfrique. Déjà, dans l'antiquité, c'était la maladie des capitales : connue à Athènes, très fréquente à Rome, c'était une maladie distinguée à Gonstantinoplé. Aujourd'hui, elle a disparu de la Grèce, elle est très rare à Rome ; elle s'observe à Gonstantinoplé, seulement chez les étrangers. Elle s'est réfugiée dans d'autres capitales ; à Londres, par exemple, elle est encore la maladie dominante dans les classes aisées. Donc, en changeant de milieu, elle a néanmoins conservé de la prédilection pour les grandes villes. On peut dire qu'elle n'a jamais épargné totalement les hommes qui se nourrissent bien ; et, si elle a été si fréquente dans des pays où elle n'existe plus, c'est peut-être parce que l'hygiène a changé. Dans l'ancienne Rome, vous savei quelle a^ été l'abondance, la recherche des repas. Tout a changé. La Rome actuelle, comme l'Italie actuelle, est un pays où la sobriété est en grand honneur. On fait peu de consomma* tion de viandes et de vins. Il y a donc des conditions suffisantes pour expliquer comment la goutte, si fréquente dans l'ancienne Rome, est si rare dans la Rome moderne. Gette sobriété est aussi une qualité de tout TOrient, comme de la partie méridionale de l'Europe. En France même, vers le sud, les habitudes alcooliques vont en diminuant. En Italie, en Espagne, l'ivrognerie est chose inusitée et même absolument inouïe. En Orient, la réforme religieuse a supprimé l'alcoolisme, l'alimentation est très modérée. Il y a donc eu dans tous ces pays une grande modification hygiénique, qu'on doit en somme attribuer aux progrès des mœurs et qui produit cette différence dans la fré* quence de la goutte autrefois et aujourd'hui.

En France, la goutte s'observe un peu partout, mais elle est en décroissance. En Lorraine et en Normandie, elle se voit

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