TRAITEMENT DE LA DIATBËSE GOUTTEUSE
à leurs habitudes généralement mauvaises, quand la médecine pourrait leur être secourable. Ils s^acheminent ainsi volontairement vers rimpotence et vers la mort. C'est leur droit ; mais il est bon qu'ils soient avertis, et votre devoir est de les prévenir. C'est une médecine difficile et délicate que celle de la goutte : on n'ordonne pas, il faut persuader ; et le goutteux, généralement instruit, intelligent, ayant la prétention de connaître sa maladie, au courant de tous les moyens de traitement, se croyant renseigné sur la valeur de chacun d'eux par les effets qu'il a constatés avec une sollicitude qui n'est nullement désintéressée, chez ses confrères en podagre, le goutteux n'accorde pas facilement sa confiance. Le médecin a besoin, pour faire prévaloir ce qu'il croit utile, d'habileté, d'autorité, de souplesse. Il lui faut aussi cette philosophie qu'on met des années à acquérir, qui nous rend moins sensibles et plus indulgents en face des défaillances, des fraudes et des infidélités.
Si vous voulez être utiles aux goutteux, il faut que vous soyez persuadés et que vous arriviez à les persuader que le seul traitement utile, c'est le traitement de la diathèse, celui qui peut être entrepris et qui doit être poursuivi pendant toute la période intercalaire. Ce traitement de la diathèse, vous aurez donc à l'instituer même avant la première apparition de la goutte. Il doit être appliqué dès que la diathèse existe, ou du moins dès qu'elle est reconnue. J'ai indiqué avec assez de détails les accidents prémonitoires dont la longue succession peut avertir le médecin. D'ailleurs, on peut admettre l'escistence du trouble nutritif qui al)outira un jour à la goutte, même avant l'apparition des premières manifestations morbides de l'enfance. Il suffit de se reporter aux conditions héréditaires. Or, quand on trouve chez les ascendants les maladies que nous avons passées déjà en revue, quand on y rencontre surtout Tobésité et la goutte, on peut dire que l'enfant né de parents à nutrition ralentie, est lui-même voué aux maladies qui dérivent de ce trouble nutritif. Sera-t-il forcément goutteux ou est-il prédestiné à l'obésité ou au diabète? Nul ne pourrait l'affirmer. Mais le traitement prophylactique, s'il parvient à ramener sa nutrition au taux normal, le mettra è