‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 129 sur 194 · INCONVÉNIENTS DE L'HYDROTHÉRAPIE ET DE LA GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS DE L'HYDROTHÉRAPIE ET DE LA GYMNASTIQUE

riger ces habitudes et à rendre aux mutations nutritives leur activité normale. Je l^ai déjà dit et je le répète : ne vous désintéressez pas du côté moral de l'éducation. Quand les passions seront déchaînées, vos conseils ne seront plus ni accueillis, ni compris, ni suivis. Or, les excès de la jeunesse, dont j'ai déjà signalé les effets, exercent une influence bien plus manifeste sur le développement et sur la gravité de la goutte. Je puis vous affirmer que lorsque la goutte se développe chez les débauchés, chez ceux qui recherchent les raffinements de la volupté, elle acquiert des proportions terribles, non pas tant pour l'intensité des douleurs que pour la rapidité avec laquelle se produisent les lésions chroniques et, avec elles, l'impotence.

La goutte une fois réalisée, vous ne devez pas désarmer; vous devez vous efforcer, sinon de guérir, au moins d'amoindrir le vice habituel de la nutrition. Vous conseillerez encore les excitants cutanés, les bains, les bains chauds salés, les bains d'air sec, les bains résineux, les frictions sèches pratiquées chaque jour, matin et soir, avec le gant de crin. Mais vous proscrirez l'hydrothérapie . Beaucoup de médecins conseillent encore l'usage quotidien de l'eau froide chez le goutteux; je suis assuré que c'est une pratique fâcheuse. L'eau froide convient pendant toute la période prémonitoire; une fois la goutte établie, le froid ne doit plus trouver place dans la thérapeutique.

De même, vous devez mettre un frein à ces exercices violents de gymnastique, d'escrime, de chasse, d'équitation. Tout cela était bon avant la goutte; mais le goutteux, qui se trouve bien de l'exercice modéré, au grand air, voit souvent ses accès aggravés comme fréquence, comme intensité, comme durée, par l'abus habituel du travail musculaire. Une ou deux fois par an, on conseillera le déplacement, on ira chercher un air plus vif; l'air des montagnes, l'air marin sont favorables au goutteux ; mais il doit être averti que les bains de mer froids lui sont interdits.

Le régime des goutteux doit être surveillé. Il doit être suffisant : c'est la principale indication. La quantité des aliments ne doit être ni trop considérable, ni trop faible ; la proportion des

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divers aliments doit être ce qu'elle est dans un régime Donnai. Il ne faut pas que le malade se nourrisse exclusivement de viandes, d'œufs, de poissons; mais il faut qu'il évite avec le même soin récart opposé. Proportion normale des divers aliments et quantité strictement adaptée aux besoins de Torganisme, tel est le premier précepte. Vous pourrez ensuite conseiller d'éviter l'abus des condiments, des vins à bouquet développé et de tout ce qui caractérise une alimentation trop recherchée ou trop succulente. J'ai vu plusieurs goutteux qui ont spontanément renoncé à Tusage du vin et qui s'en trouvent bien. Mais le plus souvent le vin est utile ; il est indispensable dans les formes asthéniques, où l'alimentation aussi doit être plus stimulante. Enfln le traitement de la maladie goutteuse comprend le traitement de la dyspepsie, si commune chez les goutteux.

J'arrive au traitement de l'accès de goutte. J'ai dit que ce n'était pas le traitement de la goutte. On peut même se demander s'il convient de traiter l'attaque goutteuse. Je puis dire qu'il ne faut jamais la faire avorter et qu'il ne convient pas toujours de la modérer ou de l'abréger. Mais je maintiens que laccès doit toujours être traité : je veux dire qu'il réclame la surveillance et la direction du médecin, et qu'il ne doit pa^ être abandonné au caprice ou à la fantaisie du malade.

Dès le début de l'accès, on prescrira la diète, comme dans le> maladies fébriles. Il y a double avantage. Il faut laisser la combustion fébrile brûler ce qui doit être brûlé, c'est-à-dire les substances du corps qui sont mal élaborées, et, par conséquent* ne pas introduire un combustible étranger. Il faut, de plus, ne pas fatiguer le tube digestif en lui imposant l'élaboration alimentaire rendue impossible par le trouble que la fièvre apporte aux sécrétions. Mais on donnera des boissons abondantes, même des boissons fraîches. Pendant les premiers jours de l'accès, les urines contiennent souvent d'abondants sédiments d'acide urique. L'eau froide, activant la diurèse, facilitera Télimination. On peut aider à ce résultat en ajoutant à l'eau froide le carbonate de soude et Tacétate de potasse. Le soir, on prescrira la lithine dans une boisson chaude. Mais, dès que les

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