‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 137 sur 194 · THÉORIE HUMORALE · texte numérisé non relu

THÉORIE HUMORALE

entendez encore chaque jour répéter que le vice rhumatismal n'est autre que la diathèse urique et qu'il est caractérisé par Turicémie. Et cependant Garrod a montré que, dans le rhumatisme aigu, Tacide urique n'est pas en excès dans le sang, et Bartels a fait voir qu'il n'est pas en excès dans t'urine.

Après Tacide urique, c'est l'acide lactique qu'on a incriminé. Son influence avait été soupçonnée par Prout,par Williams, par Todd, par Fuller. Richardson en 1858, puis Rauch en 1860, en ont fait la matière morbigène du rhumatisme à la suite d'expériences faites sur des chiens et sur des chats, dans lesquelles ils réussirent à provoquer des inflammations des séreuses à la suite de l'injection de solutions d'acide lactique. MôUer en 1860 et Reyher en 1861, ont contredit expérimentalement les résultats annoncés par ces deux auteurs, et la théorie de l'acide lactique a perdu de son crédit. Des expériences plus récentes faites sur l'homme, viennent de la remettre en faveur. En 1871, Poster a provoqué une attaque de rhumatisme articulaire aigu chez deux hommes diabétiques en leur administrant de fortes doses d'acide lactique; et Kûlz, en 1875, a vu sous l'influence du même traitement, survenir un accès de rhumatisme chez un troisième diabétique. Ces faits ne suffisent pas pour trancher la question, mais ils donnent singulièrement à réfléchir. Il y a là comme une ébauche d'expérimentation qui doit éveiller l'attention sur les effets thérapeutiques ou pathogéniques de ce médic an:(nf.

Il faudrait surtout rechercher l'existence de Tacide lactique dans les humeurs des rhumatisants. A supposer que l'accumulation de l'acide lactique fût capable de provoquer des inflammations des séreuses, on s'est demandé comment pourrait se faire cette accumulation; les théoriciens ont répondu que, le rhumatisme étant produit par un refroidissement qui frappe lliomme alors qu'un exercice violent l'a mis en transpiration, il y avait eu production considérable d'acide lactique par le travail musculaire; que le refroidissement, en supprimant l'action des glandes sudoripares, avait empêché cet acide de

s'éliminer par la peau : de là l'accumulatioD avec ses conséquences. Mais il y a bien d'autres sources de Tacide lactique, et je n'ai pas besoin de répéter ce que j'ai dit déjà de la formation excédante et de la combustion insuffisante de l'acide lactique chez les hommes dont la nutrition est relardante. L'hypothèse n'est pas encore démontrée, et elle reste incomplète, car on ne dit pas comment agirait Tacide lactique.

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