RHUMATISME ARTICULAIRE CHRONIQUE
maire: Anatomiquementy le rhumatisnie articulaire aigu est caractérisé par des inflammations articulaires, inflammations qui ne marquent pas de tendance à la suppuration ni à la production fibreuse, inflammations dont Texsudat, au lieu d*ètre alcalin, comme c'est le fait général, présente au contraire une alcalinité amoindrie ou même une réaction acide. Cliniquement, ces arthrites apparaissent simultanément ou successivement dans des articulations multiples, et les diverses arthrites apparaissent dans un temps assez court pour que leur ensemble présente les caractères d'un véritable accès. Chaque arthrite, dans sa production comme dans sa disparition, présente un caractère de soudaineté qui, à l'apparition d'autres arthrites, a pu faire croire à leur mobilité. C'est à ces inflammations superficielles, soudaines et fugitives, douloureuses, congestives, ex- Hudatives, sans tendance à la formation du pus ni du tissu fibreux, qu'on avait donné très correctement le nom de fluxion. L'ensemble de la maladie a une évolution rapide, qui est de quinze à trente-cinq jours, mais qui n'est pas cyclique, tandis que l'accès de goutte aiguë présente un véritable cycle.
Au cours de cet accès de polyarthrites aiguës fluxionnaires,. procédé quelquefois et toujours accompagné d'un état fébrile avec acidité des humeurs, surviennent, avec une fréquence remarquable, des complications définies, des inflammations non Muppuratives qui aflectent de préférence les tissus séreux, le péricanie, Tendocarde, les plèvres, les gaines tendineuses. Ces (UHH^s do polyarthrites sont précédés ou sont suivis, à courts ou à longs intor\ ailes, par d'autres maladies qui se répètent avec nno roniarquablo frôquenco chez les hommes qui ont souffert ou (|ui iloivont souiTrir de rhumatisme aigu : ce sont les névral- (lios, los migraines, le lumbago, l'asthme, certaines derma* losoH. Co sont enfin d autres maladies qui présentent avec le rliuuuUisuio ilos pannitos moins fréquentes et qu'on peut re- Ihnnor t^galomont cho/. le rhumatisant et dans la famille du ihunialisant : la gi>utto, la giavelle, le diabète, Tobésité.
Ainsi nous pouxons dôtorminer le rhumatisme articulaire rtijiu p,\r TonsonU^lo do sos caraclores plutôt que par Tensemble
PARENTÉS DU RHOMATISHB ARTIGDLAIRE CHRONIQUE. S43
de son processus pathogémque. Mais, si nous n'avons pas une connaissance absolue de la cause prochaine, nous savons, grâce à la dintque, que ce rhumatisme aigu est proche parent d'autres maladies dont la pathogénie n'a pas pour nous la même obscurité.. Ce que nous avons fait pour le rhumatisme articulaire aigu^ nous allons rentreprenère pour quelques fonnes du rhuma* tisme chronique, et c'est par la recherche des parentés morbides plutôt que par leurs caractères anatomiqnes, symptomatiqves ou évolutifs, que nous pourrons assigner leur place naturelle à ces maladies. Certains rhumatismes articulaires chroniques ont une parenté bien évidente avec le rhumatisme articulaire aîgu^ et cependant, à part la localisation sur les articolationSy ils ne présentent, dans leur histoire pathologique, rien qui rappelle les caractères essentiels du rhumatisme aigu. Les arthrites m sont plus fluxionnaires ; elles provoquent d'emblée le travanl de néoformation qui aboutira aux productions ostéophytiques. U est une forme du rhumatisme articulaire chronique qui s'établit de préférence dans les grandes articidations, qui en attaque généralement un nombre restreint, qui peut même se limiter à une seule articulation : c'est ce que Ton a appelé le rhumatisme mono-articulaire ou le rhumatisme chronique partiel. Souvent il est précédé par le rhumatisme articulaire aigu, auquel il succède même quelquefois par une sorte de transition. On a dit qu'il pouvait être une terminaison ou une transformation de ce rhumatisme aigu ; il n'en est plutôt qu'une prolongation.
Dans ces circcaistances, qui sont exceptionnelles, je le recimnais, il est difficile de contester la parenté morbide des deox rhumatismes ; mais qaand le rhumatisme chronique ne succède pas à l'aigu, quand il n'a même pas été précédé à une époque plus on moins éloignée par une attaque de rhumatisme articu* laire aigu, la parenté peut encore s'affirmer d'autre sorte. On voit quelquefois survenir, au cours du rhumatisme chronique partiel, des recrudescences aiguës, des attaques de polyarthrite aiguë, qui n'intéressent pas exclusivement les jointures cbroniquement affectées et qui semblent bien être de la nature du rhumatisme articulaire aigu. Ce rhumatisme chronique partiel