CROISSANCE
gêneront plus tard Taclivité nutritive. Mais cette entrave est due surtout à l'action des éléments voisins, et c'est principalement par leur influence que Téléraent anatomique des tissus compliqués atteint rarement sa forme typique ou sa durée possible.
Les conditions qui favorisent la nutrition abrègent en général la durée de la vie des éléments, et s'il en est, comme les fibres élastiques, qui peuvent persister pendant toute la vie de Tindividu, ce sont ceux-là précisément* où les actes nutritifs sont le plus obscurs. Et s'il en est, comme les cellules glandulaires, où les métamorphoses de la matière s'opèrent avec une étonnante rapidité, ce sont ceux-là aussi dont la destruction succède promptement à leur naissance et qui meurent par le fait de leur activité nutritive chaque fois que la sécrétion vient à être provoquée.
Les variations dans la distribution de la matière nutritive n'exercent qu'une médiocre influence. L'éloignement des vaisseaux importe peu, car les sucs qu'ils livrent pour la nutrition peuvent être transportés à d'assez grandes distances en raison des phénomènes d'électro-capillarité.
L'abondance dans les sucs des matériaux alimentaires fait également peu de chose et n'impose pas aux éléments une absorption plus grande ; j'excepte toutefois les vésicules adi* peuses.
En réalité, les cellules ont leurs phases évolutives de forme et de durée ; elles ont un type et des destinées, mais elles arrivent rarement à réaliser ce type et à atteindre ces destinées. La moelle osseuse est limitée par la formation du tissu osseux, plus tard par le développement adipeux. Mais il peut arriver que l'état pathologique qui entrave si souvent le développement des éléments anatomiques leur permette parfois de réaliser leur destinée. On peut voir alors des cellules devenues plus libres atteindre leur développement et leur forme sphérique typique ou s'allonger et se transformer en fibres ; et, pour rester dans l'exemple que j'empruntais à la moelle des os, la transformation fibroîde de cette moelle, dans les cas où
rossiflcalion ne s'effectue pas, n'est peut-être qu*un slade naturel, sinon normal, du développement évolutif des cellules médullaires.
Les actes intimes de la nutrition élémentaire suffisent pour expliquer les changements dans le volume et dans la forme des cellules ; ils suffisent également pour expliquer la formation ou la multiplication, ou, si vous le voulez, la prolifération. La formation, en effet, quoi qu'on en dise, ne diffère pas essentit-llement de la croissance; elle ne suppose pas une activité nouvelle, elle n'est même qu*un accident de la croissance. Chaque fois qu'un élément anatomique va proliférer, on constate avant son sectionnement ou son bourgecfnnement une augmentation de volume, la croissance précède toujours la segmentation. C*est vrai pour les corpuscules du tissu conjonctif, pour les corpuscules de la cornée, de même que c'est vrai pour les cellules inférieures, pour les éléments des fermentations. Cette croislidnce préalable ne se fait sans doute* pas par voie de stratification, mais la matière qui pénètre par intussusception la cellule et Kon noyau ne s'accumule pas irrégulièrement ou d'une façon indifférente; elle se groupe autour de centres, tantôt autour d'un ^între unique, et c'est ce que j'appellerai la croissance c*;ntrale, qui n'est autre que l'hypertrophie; tantôt autour de âi'MX centres polaires, et alors le noyau comme la cellule prennent, en augmentant de volume, une forme bilobée. A mesure que la croissance polaire augmente, la dépression qui sépare h'S deux extrémités renflées du noyau s'accuse davantage; elle devient un sillon. Et, comme ces deux centres polaires ont une tr;nhion électrique de même nom, on comprend qu'ils se repoussent et que la section finisse par s'opérer.
On peut donc comprendre que la croissance suffise pour expliquer la multiplication, et, comme la croissance n^est qu*une des modalités de la nutrition, on peut admettre que la formation dépende de la nutrition et que, en pathologie, certains vices des mutations nutritives puissent aboutir à la prolifération.
De même que les individus, les éléments, quand ils se mul-