‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 13 sur 194 · ORIGINE DES FORGES INTRACELLULAIRES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES FORGES INTRACELLULAIRES

Mais ce n*est pas seulement au point de vue spéculatif que je m'élève contre cette conception. La vie ne suppose pas des incitations incessantes ; elle se poursuit par le jeu de forces qui engendrent des forces en les dégageant des substances dynamophores qu'elle introduit dans la matière vivante où elle les met en conflit avec Toxygène. Ce qui fait que les animaux n'épuisent pas la force par le travail nutritif, mais qu'ils créent sans cesse des quantités nouvelles de force et même des quantités excédantes, c'est que les animaux font pénétrer dans leur corps surtout de la matière organisée, de la matière chargée de forces latentes. Si, chez le végétal, la source de forces est surtout extérieure, si son activité vitale dépend surtout de la radiation solaire, c'est parce que l'alimentation du végétal est presque exclusivement minérale. Le produit de son activité nutritive, c'est la matière organique, la matière dynamophore. Au contraire, certains végétaux inférieurs, qui n'utilisent pas la radiation solaire, les végétaux sans chlorophylle, les champignons, les bactéries, ne se nourrissent pas de matière minérale ; ils vivent de matière organique à la façon des animaux et, comme eux, la ramènent à l'état de matière inorganique. Si, chez les plantes, le soleil est la principale source directe de force, chez les animaux le soleil est encore la principale source de force, mais indirectement, par l'intermédiaire des aliments organiques qu'ils empruntent au règne végétal ou que le règne animal leur fournit après les avoir reçus des végétaux pour leur faire subir une nouvelle élaboration.

Ces forces créées ou mises au jour par les animaux leur suffisent pour entretenir la vie, pour effectuer le développement, pour réaliser la multiplication, pour assurer le fonctionnement.

Toutes ces manifestations de l'activité vitale ne se trouvent généralement pas réunies dans un seul élément; toutes les cellules vivent, mais toutes ne se multiplient pas, toutes ne présentent pas des propriétés physiologiques spéciales. Les organismes compliqués ont des organes ou des appareils auxiliaires dans lesquels des éléments à activité fonctionnelle particulière travaillent pour le bien général. Mais les organismes élémentaires peuvent résumer^dans une seule cellule toutes les

activités partielles; Tabsorption, les transmutations chimiques, rexpulsion, la respiration, la sensibilité, le mouvement et aussi la croissance et la reproduction. Plus les organismes s'élèvent, plus les organites se spécialisent, et, dans cette division croissante du travail, on arrive à découvrir âes spécialisations, même pour la nutrition. Les substances récrémentitielles peuvent être élaborées, non pas seulement par un appareil spécial, mais certaines de ces substances peuvent être fabriquées par un organe particulier. D'autres appareils distribuent la matière destinée à Tassimilation, d'autres emportent les matériaux formés par les métamorphoses rétrogrades; et même le système nerveux compte, au nombre de ses grandes fonctions régulatrices, la faculté d'inciter le mouvement moléculaire, et, s'il ne le provoque pas, de le modérer, soit qu'il l'augmente, soit qu'il le restreigne. Ainsi chaque partie élémentaire concourt à l'utilité de tout l'organisme dans la proportion de ses besoins, et l'organisme prépare et distribue la matière dans la mesure des besoins de chaque partie élémentaire. Cette harmonie des grands organismes est ainsi obtenue par la spécialisation dans les appareils de fonctions réunies et c^>nfondues dans Télément unique des organismes inférieurs. Le bienfait de cette association cellulaire des grands organismes a pour conséquence une limitation dans l'autonomie de chaque cellule, chacune d'elles se trouvant réduite à la forme, à l'évolution, à la durée, à l'activité nutritive ou fonctionnelle qui conviennent le mieux pour les intérêts de tout l'organisme ; aucune n'atteignant le développement dont elle est originellement capable, ni les destinées qu'elle pourrait isolément poursuivre; développement et destinées que l'anatomie comparée, la tératologie, la pathologie nous révèlent comme étant dans les attributs possibles de chaque espèce d'élément anatomique.

La cellule peut évoluer, se développer, grandir, décroître, se modifier. Nous ne possédons pas le secret de tous ces changements. La force excédante explique l'accroissement, elle peut expliquer aussi la formation des dépôts intérieurs qui

Page 1