‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 26 sur 194 · LES GRAISSES. — LA CHOLESTÉROE. — LA LITHUSE BILIAIRE · texte numérisé non relu

LES GRAISSES. — LA CHOLESTÉROE. — LA LITHUSE BILIAIRE

intermittences de l'alimentation. — Continuité de certains actes fonctionnels qui exigent une combustion de la matière organisée. — Réserve circulante. Réserve en dépôt. — Les substances ternaires de l'organisnie. — Les graisses. Elles servent à former les éléments anatomiques. Elles sont utilisées pour le fonctionnement. Elles peuvent nattre de la désassimilation. — Les grai3i>es neutres. La proportion de la graisse dans le corps humain. Obésité et maigreur. Utilité d'une certaine quantité de graisse. Inconvénients de Texcès ou de Tabsence de la graisse. — La cholestérine. Son rôle. Ses origines.

Utilisation des graisses dans Torganisme. La glycérine et les acides gras. — Les graisses alimentaires. Leur proportion normale. — Elimination de la graisse. — Accumulation de la graisse et de la cholestérine. Obésité et lithiase biliaire.

Lithiase biliaire. — Conditions de solubilité de la cholestérine. — Mise en liberté 'de la cholestérine dans le foie. — Quantité de cholestérine éliminée par la bile. — Fréquence de la lithiase biliaire. — Constitution des calculs biliaires. — Pathogénie. Rôle des acides organiques et de la chaux. Influence du ralentissement de la nutrition. — Ëtiologie. Le sexe féminin et la vieillesse. Les autres causes du ralentissement de la nutrition. — Les maladies qui s'associent à la lithiase biliaire chez l'individu et dans sa famille.

Je VOUS ai présenté quelques exemples de ce raleùtissement de la nutrition à Tétude duquel je veux consacrer les leçons de cette année. L'insuffisance des actes nutritifs n'amène pas seulement Taccumulation des acides organiques; d'autres substances peuvent se soustraire aux oxydations. Ce peut être le cas des matières albuminoîdes, des sucres et des graisses. Suivant ses besoins, l'organisme met ces corps en conflit avec l'oxygène. Ils doivent donc être toujours présents^ toujours à la disposition de la rénovation ou du fonctionnement des organes. Il est

70 LITHIASE BILIAIIIB.

donc de toute nécessité que les animaux possèdent une résene de matière, car Talimentation^se fait chez eux d'une façon intermittente. Au contraire, les mutations nutritives, certaines mutations fonctionnelles et les mutations respiratoires s'opèrent d'une façon continue. Je sais bien que, si TintroductioD des aliments se fait à des intervalles éloignés, TintermitteDce de l'absorption est moins absolue, car la digestion se fait lentement et graduellement, et l'absorption des matières élaborées dans le tube digestif se fait également avec une certaine lenteur. Cependant cette pénétration des substances utilisables est généralement terminée depuis longtemps lorsque l'homme prend son premier repas du matin, et il n'est d'ailleurs pas toujours en situation de recevoir de nouveaux aliments, au moment même où les derniers viennent d'être totalement absorbés. L'économie des êtres vivants tient compte de la possibilité du jeûne et de l'abstinence, qui ne sont pas incompatibles avec l'état physiologique ; elle s'accommode même dans une certaine mesure à l'inanition, qui peut cependant toiyours être considérée comme une circonstance pathologique. Dans l'inanilion, Torganisme vit aux dépens de la matière vivante. Dans le jeûne et dans l'abstinence, il vit aux dépens de la réserve alimentaire. Il y a une réserve circulante; il y a aussi une réserve on dépôt.

A la rigueur, les mutations nutritives peuvent se ralentir; elles ne se suspendent jamais totalement sans que la mort en Hoit le résultat. Les mutations respiratoires peuvent aussi s'amoindrir; mais elles doivent être continues; et, si elles ont baiHsé pendant un instant, elles doivent se relever rapidement : car co sont elles surtout qui produisent la chaleur, et, si tout nbuiHHement tliermique est pathologique, une diminution notable de la température entraînerait rapidement la mort.

Si U\ fonctionnement de nombreux appareils peut être entravé ou HUHpondu sans grand inconvénient, même pendant un temps conHidérable, il est des actes fonctionnels qui exigent une perpétuité abHoluo. Que les mouvements respiratoires soient arrêtés pondanl quelques minutes, que le mouvement cardiaque se

LES GRAISSKS. 71

suspende pendant quelques secondes, la mort peut être définitive. Or ces mouvements du muscle cardiaque ou des muscles respirateurs exigent, chaque fois qu'ils se produisent, qu'une nouvelle quantité de matière soit oxydée, afin de produire la chaleur qui va être transformée en travail mécanique. Il est donc indispensable que cette matière soit incessamment fournie aux muscles qui exécutent des fonctions d'une continuité aussi impérieusement obligatoire ; et la digestion, avec ses intermittences, ses irrégularités et tous les accidents auxquels elle est soumise, ne peut pas être seule chargée de Tapprovisionnement. La matière circulante elle-même risquerait de devenir insuffisante. Il faut donc qu'il y ait une réserve en dépôt où la matière circulante puisse se renouveler sans cesse. Il doit donc y avoir dans l'organisme des dépôts de combustibles capables de créer par oxydation la chaleur et la force. De telles matières doivent être riches en carbone et en hydrogène. Ces matières hydrocarbonées sont abondamment répandues dans Torganisme. Sans compter les acides organiques, il y a le sucre et la graisse. Ces deux ordres de substances se trouvent également accumulés en dépôt de réserve. Le sucre à l'état de matière glycogène forme une réserve dans le foie et dans les muscles ; la graisse constitue les amas du tissu adipeux.

Les graisses ont dans l'organisme une double signification : elles sont utilisables et elles sont excrémentitielles. La graisse forme le corps^ elle entretient l'activité du corps, elle nait de la destruction du corps.

C'est une règle générale en biologie que la graisse est pré* sente chaque fois que des éléments anatomiques se forment rapidement. Elle existe dans la plupart des graines végétales; elle se trouve en abondance dans l'œuf; elle est une des parties constituantes importantes du lait qui sert à l'alimentation du nouveau-né. Elle sert également à la rénovation de l'organisme, soit pour la formation des cellules nouvelles, du sang, de la rate, de la moelle osseuse, soit pour la rénovation des cellules persistantes.

La graisse, en se brûlant, fournit aux éléments les forces qui

72 LITHIASE BILIAIRE.

entretiendront le mouvement de translation ou de transmutation de la vie cellulaire ; elle y maintient la chaleur nécessaire pour que ces actes intimes continuent à s'accomplir. A ce point de vue, les graisses peuvent être suppléées; les forces intracellulaires pourront être entretenues par l'oxydation d'autres substances ternaires, du sucre, des acides organiques; au besoin, elles pourront être produites par la décomposition des substances albuminoîdes. Dans quelques maladies, cette suppléance est nécessaire ; car l'absorption des graisses qui suppose Tinlégrité de divers organes, peut être entravée dans des ciconstances pathologiques multiples, et la vie peut être maintenue jusqu'au moment de la convalescence par des boissons sucrées ou acidulées dont l'absorption s'emparera sans qu'elles aient eu besoin de subir aucune élaboration digestive.

Les graisses naissent enfin de la destruction du corps. Toutes les substances qui constituent l'organisme donnent naissance, comme je vous l'ai déjà dit, à ces acides gras volatils qui se détruisent à mesure qu'ils se produisent et dont une minime proportion arrive jusqu'aux organes d'émonction. Mais la graisse neutre elle-même peut être produite parla destruction des substances protéiques. C'est ce que la pathologie nous démontre pour un grand nombre de dégénérations organiques, et l'expérimentation a appris depuis longtemps que la fibrine pure, enfermée dans le péritoine, subit la transformation graisseuse. Ces dégénérations graisseuses, qui se font si souvent dans les maladies aiguës où toute alimentation devient impossible, ont peut-être un efiet utile, et il n'est pas inadmissible que celte destruction de tissu fournisse le combustible qui ne serait plus livré par les dépôts épuisés et qui ne pourrait pas être introduit par Talimentation.

Ce que nous appelons vulgairement les graisses, et je ne m'attache pas à la signification chimique du mot, se trouve dans l'organisme à l'état de graisses neutres, à l'état de savon, à l'état d'acides gras volatils et enfin a l'état de cholestérine.

Les graisses neutres sont la stéarine, la palmitine et Toléine, qui existent dans le corps à l'état de tristéarine, de tripalmiti"^

Page 1