‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 32 sur 194 · ACCIDENTS DE LK LITHUSE BILIAIRE · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE LK LITHUSE BILIAIRE

une pareille altération des cellules hépatiques correspond la suppression de leurs principales fonctions. Elles cessent de produire de la matière glycogène, et même, suivant l'expérience de Wikham Legg, on ne peut plus produire la glycosurie par lésion bulbaire chez les animaux qui ont subi cette dégénération du foie à la suite de la ligature du canal cholédoque. Cette destruction des cellules hépatiques et la rétraction du tissu conjonctif de nouvelle formation développé autour des canalicules amènent le retour du foie à son volume primitif et finissent par Tatrophier. D'autre part, le canal hépatique, distendu depuis son abouchement avec le canal cystique jusqu'à ses radicules originelles, présente des dilatations cylindriques ou ampuUaires. Il est rempli d'une bile épaissie, noire, boueuse, qui tient en suspension un sable formé par le pigment biliaire concrète; d'autres fois, le contenu du canal ne présente plus les caractères de la bile ; il est visqueux, muqueux, quelquefois incolore, ne contenant ni pigment ni acide biliaire ; il peut être purulent, avec ou sans bactéries. On y peut rencontrer parfois des calculs migrateurs qui, chassés par la vésicule, ont été arrêtés par l'obstacle et ont rétrogradé dans le canal hépatique dilaté. L'épithélium cylindrique de ce canal n'étant pas élastique, laisse à nu certaines portions du conduit dilaté et se détache même par lambeaux; aussi peut-on voir succéder à l'angiocholite catarrhale et à la péri-angiocholite scléreuse une suppuration soit à Tintérieur, soit à l'extérieur du conduit. Il se forme alors des abcès du foie qui peuvent être volumineux, mais qui sont habituellement miliaires et qui peuvent même être microscopiques, disposés au contact des canaux et mesurant de 3 à 20 centièmes de millimètre de diamètre. Le contenu de ces abcès est souvent coloré par la bile. L'inflammation peut enfin gagner les divisions de la veine porte. Il résulte de cet exposé succinct des altérations anatomiques consécutives à l'enclavement des calculs dans le canal cholédoque, qu'il se produit :

V Une dilatation du canal hépatique avec inflammation catarrhale scléreuse et phlegmoneuse et formation secondaire d'abcès du foie ;

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2*" Une altération du lobule par sclérose périlobulaire, pigmentation et destruction des cellules hépatiques ;

3^ Une lésion possible de la veine porte.

Au point de vue physiologique, les conséquences de ces altérations anatomiqifes seront :

l"" Le défaut d'excrétion de la bile et par conséquent la suppression de son action dans l'intestin ;

2^ La résorption de la bile et par conséquent l'apparition des accidents qu'elle peut provoquer dans le sang et dans les tissus ;

3^ Le défaut ou la suppression de la fonction du foie;

li° L'apparition possible des signes de l'obstruction de la veine porte ;

5^ L'apparition des signes des si^ppurations chroniques.

Je vous le disais dans la dernière leçon, la sécrétion biliaire, en raison de son abondance, de sa richesse en matières azotées, en cholestérine et en graisse, doit jouer un rôle d'émonction considérable ; et elle représente peut-être fonctionnellement la moitié de la sécrétion urinaire. Mais la bile ne joue pas seulement un rôle d'excrétion ; son alcalinité rend possible l'action des ferments pancréatiques sur les matières albuminoîdes, sur les féculents et sur les graisses; les sels biliaires alcalins servent même à la dissolution partielle des graisses; enfin on accorde h la bile une action antiputride dans l'intestin. Or, quand le canal cholédoque est obstrué par un calcul, on observe précisément des troubles intestinaux, avec production de gaz putrides et un défaut d'absorption des graisses qui se traduit par la stéatorrhée et par le marasme.

La résorption de la bile produit d'abord Tictère, l'ictère vrai par pigments biliaires, et les urines donnent la réaction de la bilirubine. Cependant, dans les cas très anciens, j'ai vu, alors que la coloration jaune verdâtrc de la peau était toujours per* sistantc, que les urines, malgré leur teinte fortement acajou , ne présentaient plus les réactions caractéristiques ni de la bilirubine, ni de la biliverdine. L'ictère hémaphéique peulfdonc succéder a l'ictère biliphéique.

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L'absence d'élimination de la cholestérine peut amener l'augmentation de ce principe dans le sang; mais on ne constate pas les signes que A. Flint a voulu attribuer à la cholestrémie, signes sur la réalité desquels les expériences de Feltz et de Ritter sont de nature à inspirer les doutes les plus sérieux. Les acides biliaires aussi vont s'accumuler dans le sang, et ils pourront produire leur action délétère sur les globules et sur les muscles. Normalement, ces acides ne peuvent pas être démontrés dans le sang; ils y existent cependant en minime quantité, puisque Yogel de Dorpat les a trouvés dans les urines où il a pu doser 7 et 8 milligrammes par litre. Si ces acides viennent à augmenter dans le sang, ils peuvent produire dans la circulation même ce qu'ils effectuent normalement dans le foie et amener la destruction des globules. Peut-être produisent-ils ainsi Turobiline, dont Texcès pourrait amener Tictère hémaphéique auquel je faisais allusion tout à l'heure. On leur attribue en tout cas des hémorrhagies qui s'observent réellement dans les ictères chroniques, mais dont les conditions palhogéniques ne me paraissent pas établies. Ils agissent également sur les muscles, principalement sur le cœur, et on leur a attribué la lenteur et la faiblesse des battements, ainsi que les accidents ultimes d'asystolie. Rôhrig, Feltz et Ritter ont montré, en effet, que l'influence delà bile sur la circulation, sur la respiration et sur la caloriflcation dépend de l'action directe des acides biliaires. Leur effet ne se produit pas comme celui de la digitale, par l'intermédiaire du système nerveux, car il n'est pas influencé par la section du pneumogastrique.

La suppression de la fonction du foie entraîne, je l'ai dit, l'arrêt dans la production du glycogène, à tel point que l'ictère chronique peut supprimer le diabète. Elle crée donc une condition des plus fâcheuses pour l'économie, qui se trouve ainsi privée de l'un de ses éléments de récrémentition et de son principal combustible. Mais la destruction des cellules hépatiques a bien d'autres effets fâcheux sur la nutrition; Elle entrave la rénovation du sang en rendant moins active la destruction

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des globuled séniles; elle diminue la production des acides biliaires, ce qui présente un moindre inconvénient, puisque l'obstruction du canal cholédoque, en les empêchant d'être utiles, les force à devenir nuisibles. Cependant il ne faut pas oublier que, si ces acides doivent normalement remplir un rôle physiologique, ils sont originellement Tun des produits de la métamorphose normale de la substance azotée, et que la sup* pression de leur production maintient dans le corps des matériaux azotés qui ne sont plus utilisables et qui cherchent une voie .d'excrétion. C'est encore dans le foie que se forment ces radicaux qui, d'après SchuHzen, peuvent donner par copulation Turée, Tacide urique, Tacide hippurique. La suppression de la fonction du foie apporte donc une entrave des plus considérables à la destruction des substances protéiques. C'est alors qu'on voit s'accumuler dans le sang ces matières albumînoîdes qui finissent par forcer la barrière rénale et qui produisent la pseudo-albuminurie.

L'obstruction de la veine porte pourra se manifester par des hémorrhagies gastriques et même par des ulcérations de l>stomac, par des hémorrhagies intestinales, par Thypertrophio de la rate, par Tascite.

L'angiocholite suppurative et les abcès du foie auront pour expression la douleur obtuse, l'état fébriculaire et les grands accès pseudo-intermittents qui rappellent les accès de l'infection purulente ; enfin le marasme et la cachexie.

En analysant comme je viens de le faire les troubles de nutrition engendrés par l'ictère chronique et les signes par lesquels ils se révèlent, j'ai émietté et peut-être défiguré la grande expression symptomatique de cet accident si remarquable de la lithiase biliaire; mais vous remettrez aisément chaque chose en sa place, et vous interpréterez peut-être mieux la signification et la succession des divers phénomènes de cette longue maladie secondaire. Yons comprendrez qae, si l'ictère ne semble présenter au début rien de spécial, il doit entraîner par sa longue persistance les accidents digestifs et les accidents cardiaques ; vous comprendrez aussi que la mau*

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