ÉLIMINATION DE LA GRAISSE
pourra être aussi décomposée par lui, et que, au lieu de recevoir la graisse à Tétat d'émulsion ou même de dissolution, le sang la recevra sous des formes éminemment combustibles, sous la forme de glycérine et d'acides gras. On comprend dès lors avec quelle sollicitude le médecin devra veiller à l'intégrité des fonctions intestinales.
Pour ol)tenir Télimination de la graisse en nature, on ne peut s'adresser qu'à deux émonctoires, la peau et le foie. On a fait grand usage et grand abus de la sudation dans le traitement de Tobésité, et Ton a fait voir au malade émerveillé qu'il avait perdu 500 grammes et jusqu'à 1 kilogramme de son poids après un bain chaud ou après un bain de vapeur. Ce que le malade avait perdu, c'était de Teau que le sang avait empruntée aux tissus et qu'il devait leur restituer dès que cette eau lui aurait été fournie par les boissons. Sans doute, les sueurs avaient aussi emporté de la graisse, mais ce n'était qu'une minime quantité. Les bains chauds et les bains de vapeur plus que les bains d'air sec exercent une autre influence : ils élèvent notablement la température du corps; ils créent pour les éléments anatomiques un milieu plus favorable à la rapidité de leur métamorphose chimique, et, comme l'ont prouvé les expériences de M. Bert et de M. Regnard, l'élévation de la température du corps augmente la rapidité de l'élimination de Tacide carbonique et de l'absorption de l'oxygène. Ils peuvent donc être utiles autrement que par la sudation. Mais il est une limite qui ne doit pas être dépassée, et l'élévation thermique expose à des accidents dont le malade ne devra pas courir les risques. Il ne faut pas que, dans le bain,' sa température s'élève au delà de 38 à ZV ; et ces températures, qu'on atteint sans inconvénient, peuvent être produites en trente à quarante minutes dans un bain chaud d'une température initiale de 37** qu'on élève graduellement et insensiblement jusqu'à 39"". On trouvera un avantage plus sérieux à activer la sécrétion du foie; car la bile rejette au dehors de notables proportions de graisse. Ce sont encore les sels neutres que vous devrez conseiller. Rôhrig a démontré expérimentalement leur influence favorable sur l'abondance de
la bile, et l'observation a confirmé depuis longtemps le précepte théorique que je viens de formuler.
Messieurs, je n'ai touché qu'aux généralités du sujet; mais quand le médecin aborde la thérapeutique d'une maladie, il ne doit pas se borner aux indications qu'il peut déduire de la pathogénie de cette maladie, il doit rechercher avec un égal soin les circonstances du cas particulier. Vous vous garderez donc de prescrire un régime et un traitement banals; sans doute vous rectifierez s'il y a lieu le choix ou la quantité des aliments, et vous modifierez une hygiène mauvaise; mais votre attention médicale devra poursuivre la recherche et le traitement soit de la dyspepsie, soit de Tanémie, soit de la torpeur hépatique, soit des maladies utérines, soit enfin des troubles nerveux sous la dépendance desquels Tobésité se développe si souvent à titre de maladie secondaire.