‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 45 sur 194 · LE 'SUCRE DES SANGS ARTÉRIEL ET VEINEUX · texte numérisé non relu

LE 'SUCRE DES SANGS ARTÉRIEL ET VEINEUX

La question de la glycémie normale étant actuellemejit hors de conteste, il est intéressant de rechercher les proportions du sucre dans les diverses parties de Tarbre circulatoire. On le trouve partout, dans le cœur, dans les artères, dans les veines, dans les capillaires ; mais sa distribution est inégale. Bernard avait déjà dit depuis longtemps que pendant la digestion des viandes le sucre peut manquer dans la veine-porte et être abondant dans les veines sus-hépatiques. Seuls, Pavy et v. Mering disent qu'il n'y a pas de différence sous le rapport du sucre entre les artères et les veines. Mais Bernard et Fornara ont établi, par des dosages effectués sur des sangs tirés simultanément d'une artère et de la veine correspondante chez le même animal, qu'il y a toujours moins du sacre dans les veines que dans les artères, sauf dans le sang qui va de la veine cave inférieure, depuis Tabouchement des veines sus-hépatiques jusqu'aux poumons. Et si Abeles a pu dire qu'il y a plus' de sucre dans le sang veineux que dans le sang artériel, c'est qu'il puisait son sang veineux dans le cœur droit. D'une façon générale, il y a moins de sucre dans les veines des membres, des membres supérieurs ou des membres inférieurs, que dans les artères correspondantes ; dans la veine cave inférieure, il n'y a pas plus de sucre à son origine que dans les veines des membres, pas plus au niveau de l'abouchement des veines rénales, beaucoup plus au niveau du diaphragme. Si l'on comprime la veine cave au-dessus des veines rénales, la veine cave ne renferme audessus de la compression que le sang qui vient du foie; ce sang contient le sucre au maximum. Ainsi il n'entre que des traces de sucre dans le foie et il sort beaucoup de sucre du foie, et le sang qui sort du foie est toujours le plus riche en sucre. Donc le sucre se produit dans le foie et le sucre du sang vient du foie. Comme le foie contient une matière qui se transforme facilement en sucre et comme, dans le foie extirpé, cette matière diminue à mesure que le sucre augmente, on est en droit de dire que le sucre normal de l'économie provient de la transformation du glycogène du foie.

En est-il de même du glycogène des muscles? Sans doute il

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y a dan^ le muscle du sucre à côté du glycogène ; mais, dans le muscle abandonné à lui-même, le glycogène disparait sans que le sucre augmente; mais, dans le muscle qui se contracte, le glycogène disparaît, et ce qui se forme, ce n'est pas du sucre, c'est de Tacide lactique. De plus, par la contraction, le sucre disparaît en même temps que le glycogène. Il faut donc attribuer exclusivement à la transformation du glycogène du foie le sucre qui se produit dans l'organisme. La glycogénie normale, c'est la glycogénie hépatique.

On doit se demander si le glycogène forme exclusivement du sucre. Pour les muscles, c'est douteux, et cela a été nié pour le foie. Il n'est nullement démontré que le glycogène passe par l'intermédiaire du sucre pour arriver à l'acide lactique dans les muscles. Pour le foie, Pavy pense que le glycogène ne se transforme jamais en sucre dans les cellules hépatiques, mais seulement dans le sang, sous l'influence d'une matière normale du sang agissant sur lui à la façon d'un ferment, et il croit que, lorsque le glycogène passe dans le sang, c'est qu'il a été anormalement expulsé des cellules hépatiques par des influences perturbatrices, nerveuses ou autres. Pour Pavy^ le rôle normal du glycogène serait de se transformer en graisse. On a dit aussi que le glycogène pourrait être utilisé pour la nutrition ou pour la formation de la bile. Ce sont des hypothèses dépourvues de preuves. Une seule chose est démontrée : c'est que le glycogène du foie se transforme normalement en sucre. Mais où et comment se fait cette transformation?

Bernard a dit : La transformation s'opère dans le tissu du foie ; elle est élaborée par un ferment normal du foie qui réside peut-être dans des cellules spéciales; le système nerveux règle l'action de ce ferment sur le glycogène. Il a prouvé la première assertion par la fameuse expérience du foie lavé qui continue à produire du sucre alors que le sang en a été totalement expulsé. Hensen et v. Wittich acceptent sur ce point les vues de Bernard. Tous les autres physiologistes maintiennent que cette transformation s'opère dans le sang sous l'influence d'un ferment normal pour les uns, anormal pour les autres. Ces phy-

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