DIABÈTE PAR VICE DE LA DÉSASSIMILATION
avantage d'ouvrir des horizons nouveaux et de montrer qu'on pouvait aborder la systématisation de cette maladie, en sortant de Tornière de la glycogénie hépatique, ont pour caractère commun d'attribuer le diabète à un vice de la désassimilation des tissus. Pour Pettenkofer et Voit, la matière protéique, plus instable chez le diabétique, se détruit plus vite en s'oxydant moins qu'à l'étal normal. Normalement, cette matière, en se désassimilant en présence de l'oxygène, fournit de la graisse. La désassimilation chez le diabétique se faisant avec plus de rapidité et les globules fournissant, pour je ne sais quelle raison, moins d'oxygène, le sucre se substitue à la graisse. Comme conséquence, on a une moindre consommation d'oxygène, une moindre production d'acide carbonique, une plus forte élimination d'urée.
La théorie de Huppert n'est qu'une variante de la précédente. C'est dans les muscles que s'opère cette désassimilation viciée, qui, par destruction de la matière protéique, donne de l'urée et du sucre. Ici au moins se trouve nettement formulée cette relation, dont on a fait si grand bruit, entre l'azoturie et la glycosurie. Mais cette relation, qui serait nécessaire, d'après cette théorie, est le meilleur argument qu'on puisse invoquer pour la combattre, puisque, comme nous le verrons bientôt, l'azoturie n'est qu'un accident contingent du diabète.
Pour M. Lécorché, il y aurait encore dans le diabète, comme pour Huppert, comme pour Pettenkofer et Voit, une désassimilation exagérée de la substance azotée. Les produits de destruction de la matière protéique s'empareraient de l'oxygène pour passer à un degré plus élevé d'oxydation; il resterait moins d'oxygène pour brûler le sucre, et, comme conséquence, le sucre s'accumulerait, puis s'éliminerait.
Dans le même ordre d^dées, M. Jaccoud attribue sa seconde forme du diabète à la décomposition de la matière azotée, qui donnerait naissance à l'urée et au glycogène. Si cette théorie était exacte, on devrait encore trouver une sorte de parallélisme entre l'élimination de l'urée et celle du sucre, et c'est en effet ce qu^on observe dans un certain nombre de cas, mais
Bouchard. — Nutrition. 12
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noD dans tous. Or, dans les circonstances où Turée ne s'élimine pas en excès, dans ces cas qui se rapporteraient à la première forme de M. Jaccoud, où le sucre diabétique est formé par Talimentation, cette élimination normale de Furée peut s'observer pendant des années; puis Tazoturie survient sans que la glycosurie soit modifiée. Il est bien difficile d'admettre qu'il y a eu succession de deux maladies absolument distinctes, et que, dans une phase de la maladie, le sucre ait été fourni par un processus, qu'il ait au contraire été engendré dans la seconde période par une autre action organique.
Et maintenant je passe à l'examen des théories qui me semblent se rapprocher le plus de la vérité, de celles qui attribuent le diabète à la non-utilisation du sucre normalement formé ou introduit, qui ne serait pas brûlé, ou qui ne disparaîtrait pas par fermentation dans le sang, ou qui ne se fixerait pas par assimilation dans les tissus. La première des théories de cet ordre est celle de M. Mialhe. Si son idée est erronée, c'est qu'il l'a trop précisée et trop spécialisée. Il est dans le vrai quand il maintient que le sucre diabétique n'est autre que le sucre normal, et que ce qui est anormal dans cette maladie, c'est que ce sucre n'est pas consommé. Où il se trompe, c'est quand il arfirme que, si le sucre est épargné, ce ne peut être que par ud défaut de combustion, et que ce qui retarde l'oxydation, c'est le défaut d'alcalinité du sang. Et cependant, malgré cette erreur, la théorie de M. Miulhe a introduit dans le traitement du diabète une pratique qui a survécu à la théorie, celle de l'emploi des alcalins. Reynoso a pensé aussi que le diabète était dû à Tinsuffisante combustion du sucre, non parce que le milieu n'était pas favorable aux combustions, mais parce que la fonction respiratoire était entravée. Or cela encore n'est pas exact. Les diabétiques ont à leur disposition autant d'oxygène que l'homme sain, et leurs globules sont capables de transporter ce corps en aussi grande proportion que les tissus peuvent le consommer. Mais, chose singulière, une quantité d'oxygène normale arrive aux tissus qui n'en consomment qu'une portion et ne livrent qu'une faible quantité d'acide carbonique. Ce n'est