PARALYSIE DU NERF MOÏEIR EXTERNE DE L*OEIL
Si c'est la cinquième paire, la sensibilité de la moitié correspondante de la face est abolie, en menje temps qu'il se produit une congestion de l'œil, suivie d'ol)scurcissement de la cornée transparente et d'ulcération consécutive. Toutefois, il est des cas où la sensibilité est d'abord exaltée, comme dans le cas rapporté par M. le professeur Jobert, où la paralysie de la cinquième paire était le résultat d'une compression par des tumeurs intra-crâniennes; la sensibilité exaltée ne cessa que lorsque la compression devint plus forte.
Enfin, si c'est la septième paire qui est paralysée, la partie de la face à laquelle se rend ce nerf est frappée d'inertie, le sourcil, devenu immobile et pendant, ne peut plus s'approcber par le froncement du côté opposé. La paupière inférieure rehicbée est l'cnversée au deliors de manière que l'œil reste toujours ouvert. La paupière supérieure semble attachée à la partie supérieure de l'orbite de manière à s'opposer an cliQ:nement.
Tous ces phénomènes morbides qui caractérisent chacune des paralysies des nerfs moteurs de l'œil et de ses annexes diffèrent, comme on le voit, de ceux qui appartiennent spécialement à la paralysie de la sixième paire, dont le caractère pathognomonique est d'abord dans l'adduction permanente et absolue du globe oculaire affecté.
La pupille ne présente pas non plus les altérations qu'on rencontre dans les précédentes paralysies.
Reste à établir les caractèies distinctifs de la paralysie syphilitique idiopathique et (b^ la paralysie symptomatique du nerf oculo-moteur externe.
Eiî g<hiéral, la paralysie do ce nerf est symptoniatique, mais alors elle est accompagnée de tous les troubles, de toutes les complications que peut entraîner une lésion cérébrale ayant pour siège principal nn point assez rapproché de Torigine de la sixième paire, tel que la protubérance annulaire, les pyramides ou la gonttière basilaire, etc.
Tandis que dans les cas que j'ai observés, aucun trouble de ce genre n'étant survenu, aucun symptôme n'ayant révélé l'existence d'une altération dans l'encéphale, il m'a paru plus conséquent, plus naturel, de rattacher la paralysie du nerf oculo-moteur externe à la syphilis constitutionnelle dont ces malades ont présenté, avant et pendant la paralysie, des accidents non équivoques, tels que je les ai rapportés avec détails dans mes observations.
Or, d'après l'ensemble des phénomènes morbides spécifiques, il ne pouvait me rester aucun doute sur la nature de cette paralysie, et j'ai cherché à l'expliquer par cette raison que les parties osseuses, en rapport avec le nerf oculo-moteur externe , étant spécifiquement enflammées, et de la môme manière que le tibia, la clavicule et le radius, avaient nécessairement dû agir comme une cause mécanique sur ce nerf, et déterminer une paralysie par compression.
Si nous voulions maintenant préciser le siège de celte compression, c'est dans l'orbite que nous devrions le placer en égard à ses rapports anatomiques. En eifet, le nerf oculo-moteur externe composé de cinq filets nerveux, après avoir traversé le repli fibreux étendu du rocher à la laine quadrilatère du sphénoïde, pénètre dans le sinus caverneux qu'il par-
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court d'arrière en avant et de là dans l'orbite par la fente spiiénoïdale, entre les deux insertions du muscle droit externe de l'œil.
TraStciiiCMl.
En conséquence, contre la paralysie idiopathique du nerf oculo- moteur externe, développée en même temps que les accidents syphilitiques tertiaires, le traitement peut être formulé ainsi :
Proto-iodure d'hydrargyre et iodure de potassium simultanément administrés si le malade n'a subi aucun traitement mercuriel. Dans le cas contraire, iodure de potassium seul et toujoin^s à haute dose, de 3 à 5 grammes par jour. Dans tous les cas, ce médicament doit être considéré comme la base du traitement.
Yésicatoires multiples et successifs à la nuque et à la tempe, s'il y a une céphalée limitée à cette partie. En cas d'absence de céphalée, le vésicatoire appliqué sur la tempe sera du côté où se trouve la paralysie de l'œil.
Contre les douleurs ostéocopes, vésicatoires, et leur pansement avec des cataplasmes arrosés de laudanum.
Compression méthodique exercée sur les périostoses et les exostoses au moyen de bandelettes de l'eniplâtre de Yigo.
Enfin, les stimulants toniques sur la peau, tels que les bains de vapeur, bains sulfureux, et l'électricité, en cas d'atonie ou de faiblesse des muscles moteurs de l'œil, pour achever la guérison.