‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 29 sur 96 · Réponse à la 3* lettre d' Amauld, p · texte numérisé non relu

Réponse à la 3* lettre d' Amauld, p

MALEBILUiCUE.

' l'être infini dans les degrés de sa propre reconnaît avec saint Augustin que l'absntre bien les nombres immuables et divins, tient qu'elle ne saurait les former^. Le a partait de l'étendue matérielle qu'il Itre, et il s'imaginait ne pouvoir retrouver artout où le mot d'étendue était prononcé, partait de l'infini et du parfait, et il ne l'irriter ou sourire avec dédain, quand on i l'impiété de rabaisser le nécessaire au spirituel au cbarnel, laTaison des choses le seule elle explique, ou bien la sottise immuable vérité du monde intelligible les ihangeantes du monde sensible où nous

ions spinozistes de Dortous de Hairanicientifiques et aussi plus embarrassantes, eprocbaient pas de matérialiser Dieu : elles eut plutôt de ne pas diviniser la nature, loins le résumé qu'on peut donner, sous \ peu grossie, de cette polémique pres- 'toise, subtile et sincère. Peut-être en ren- IX l'esprit, en la réduisant à. cette suite de vous mettez l'infini dans l'étendue intellent ne le mettez-vous pas dans l'étendue sort? Comment ne [es uuissez-vous pasin-

it iDTenlre qnod Tacere aut gignere; ilioqDJa Kteraa gi* [«•nporall. a V. iUd., p- 61.

, page 48, note 1.

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dissolublement Fun et Fautre, ainsi que Fa fait Spinoza, dont les conclusions s'imposent à vos prémisses? Pourquoi enfin ces deux étendues que vous vous obstinez à vouloir distinguer, alors qu'il est si logique et si simple de n'en voir qu'une,infime, nécessaire, étemelle, etc.?

Résumons maintenant la réponse de Malebranche. La voici également en gros. Dieu ne s'épuise pas dans l'étendue intelligible ni dans les essences que nous connaissons ; à plus forte raison ne peut-on l'identifier avec la nature qu'il a bien voulu créer par une participation limitée m quelques-unes de ses perfections. Quant à confondre les deux étendues, cela revient à confondre l'ouvrier avec son ouvrage, et c'est là une erreur telle qu'il n'y a pas lieu de s'y arrêter.

A la rigueur, ce court aperçu pourrait suffire. Cependant une controverse aussi longue, aussi variée, tour à tour spirituelle et profonde, et poursuivie d'un bout à l'autre en un si beau langage, mérite d'être reprise point par point. Voici donc d'abord, avec plus de détail et de précision, les arguments deDortous de Mairan.

1 . Il n'y a pas d'idée sans ideatum; à l'idée de l'étendue correspond donc une étendue réelle. (Cette objection se rapproche sensiblement de celle d'Amauld.)

2. L'intelligible séparé de la réalité concrète n'est qu'une abstraction ; s'il y a en Dieu une étendue qui ne soit pas un pur abstrait, cette étendue est nécessairement concrète, c'est-à-dire avec « extension locale », de même qu'en dehors du mouvement tout abstrait, le mouvement réel n'existe qu'avec vitesse et direction.

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aoeun, ce qui a'empôcherait pas l'idée de subsi Dieu!« Quand iln'yaurait'pasde corps et qu'il n' rien de créé que mon âme, Dieu pourrait me fai et sentir comme je vois et comme je sens. »

2. L'intelligible est-il un pur abstrait, et toul n*est pas simple abstrait est-il concret au sens n L'affirmer, c'est faire une pétition de princip c'est poser que l'intelligible est fabriqué en <; sorte par l'esprit de l'homme. A quoi Haleb oppose, comme toujours, sa démonstration, tirée i Augustin, de l'impossibilité où est un être fini, contingent, de créer lui-même des idées où enl fini et le nécessaire : c'est sa métaphysique tout < De cette métaphysique ressort précisément qu'il Dieu une idée de l'étendue et des relations mati ques, K sans extension locale >>, comme il y a en idée des lois à imposer au mouvement réel, sa cette idée implique en son être un mouvemei vitesse et direction, ni soit d'autre part im pur i tiré par l'esprit humain du mouvement perçu dans la nature*.

3. Le principe cartésien, que tout ce qu'on directement est nécessaire, n'est incontestable i rapp ort aux idées, qu'on voit immédiatement et < ment, et non par rapport aux choses, qu'on ne i

1. Cr. Éclaire, à la Reeh. (ËcliiTC. sor le 11I< liTre). Il d'j IMeo d'étendue mobile et figurée mais f des figura* intelU^! couéqaent intelUgiblemenl mobilei i. Dien Toit le montenient i non dan* M inlwUnce à lai, mais dan* *«* Tolonlés à leur ^an

HALEBBAKCBE.

Il est bon dans les mathématiques, emier principe de la physique, forme de la même erreur que de poser î prétendu principe : On peut affirmer [ue renferme son idée. Qu'on affirme métrique tout ce que contient la déâigure, c'est h merveille; mais toutes le nous font point passer nécessalre- ! de la figure & l'existence de la figure.

cercle est vrai de l'essence du cercle, ine pas un cercle réel. £h quoi, dirae l'idée de Dieu vous n'avez pas conclu cessaire? Assurément, mais c'est de leut dire que l'essence entraîne l'esàst contradictoire qu'on puisse passer

possible à une perfection réelle : la uelle ou elle n'est pas. Mais l'être par- <n essence une infinité de mondes posits genres dont nous n'avons aucune ous ne connaissons pas toutes les massence peut être participée ou impar- ; en peut-on conclure l'existence ué-

dont ces idées sont les modèles < »?

pïnoza, Mairan insiste ou plutôt il s'enplus dans son hypothèse. Il part touit de cette conception, qu'il tient pour

hitotophe chrilieit et d'un philoiopht chinois. » leite parce qae c'est i lui que Kalebniicbe reountradictear.

commune à Halebranche et à Spinoza, que l'étendue nous est représentée par son idée comme infinie ; et dès lors il lui applique le raisonnement que Descartes, Malebranche et Leibniz réservent à Fidée de leur Dieu ; et il voit dans cette étendue nécessaire, étemelle, infime, cette substance dont son auteur favori a démontré qu'il ne peut y en avoir qu'une. Or, c'est précisée ment cette conception que Halebranche repousse. Non! de l'idée qu'on a des êtres on ne peut conclure l'existence de ces êtres. « De l'idée étemelle, nécessaire, infinie, de l'étendue, on ne peut en conclure qu'il y a une autre étendue nécessaire, étemelle, infinie; on n'en peut même pas conclure qu'il y ait aucun corps 2. » Ses contradicteurs commettent, à son sens, une double erreur. D'une part ils confondent les corps avec leurs idées et prennent « les idées des créatures pour les créatures mêmes ». D'autre part ils ne voient pas que ces idées, si elles sont en Dieu, ne sont pas Dieu même : ils confondent l'étendue intelligible ou l'idée de l'étendue avec l'immensité de Dieu : ils mettent ainsi Dieu là où il n'est pas, où il n'est pas du moins tout entier. Car « Dieu n'est qu'en lui-même, dans son immensité ». On a beau faire l'étendue infinie, on n'en exclut pas l'imperfection, et par conséquent elle reste distincte de la substance divine.

1. Cf. B« Entretien sur la mort : « Deux erreurs tout opposées : l'une, que ridée de retendue n'est rien ; l'autre, que la matière est étemelle et infinie parce que telle est son idée. »

2. Ihid, Pour les textes qui suivent, t. Entretiens met., VIIl, 7.

KALBBRASCHE.

lit discuter, ce semble, le point de la substance est nécessairement iToir de substances distinctes les là ce que Leibniz combattra plus efforcera de démontrer que les utraire essentiellement distinctes, i par leur propre être positif, qui ice efficace k l'action individuelle ; : parce qu'il y a en elles de négane seule, ont en elles un principe limite inégalement et qui par con- . Ni Malebrancbe ni Uairan n'ont e point, capital pourtant. Chacun e et s'abstient de la développer, e la création, dit Hairan, que vous ipossible, si vous entendez par U de nouvelles substances sont proïuvrir son livre pour voir qu'il ne me simple supposition, mais qu'il ibilité avec la dernière évidence. »

branche se contente d'opposer que itance, tellequel'Éthique la donne, il estime avoir prouvé, quant à re évidence », comment la notion lique que cet être se suffit à luince, « nerenfenne point de rapport ircs » ; la matière n'est donc pas divinité. Devant l'admiration que •ofesse pour le métaphysicien du

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panthéisme, il ne répète point qu'avoir jugé la création impossible est la cause première des « égarements » où la logique même a dû précipiter « le misérable Spinoza ». Mais il est évident qu'il s'en tient à ce jugement. A nous maintenant de revenir sur la théorie qu'il donne de la création.

Écartons d'abord, ici du moins, la question du pourquoi. Certainement, il y en a un, car les volontés des intelligences ont nécessairement une fin et une fin proportionnée à leur nature. Mais comment l'être parfait a-t-il pu trouver une fin digne de lui? Comment un être qui se suffit à lui-même est-il amené à vouloir créer? Ce n'est pas la métaphysique proprement dite, c'est la théologie qui peut résoudre ce problème, en nous indiquant à quelles conditions la création est digne de Dieu.

Le comment nous est encore plus impénétrable : car si Dieu nous donne des idées de sa sagesse en nous y faisant participer, il ne nous donne point part à son efficace, et nous n'en pouvons pas connaître la nature. Nous ne pouvons même pas comprendre comment Dieu remue un fétu*. Pourrions-nous comprendre comment il a créé les mondes?

Aussi ne sommes-nous guère en état de prouver la

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